La basilique de Superga est une basilique mineure de Turin, œuvre de l'architecte baroque italien Filippo Juvarra. Elle est située au sommet une colline, à une dizaine de kilomètres du centre de la ville. Bâtie sur une terrasse artificielle à l'altitude de 670 mètres, elle offre une vue panoramique sur Turin et sur les Alpes. Un chemin de fer à crémaillère permet d'y accéder.

Lors du siège de Turin par l'armée française de Louis XIV lors de la Guerre de Succession d'Espagne, les princes Victor-Amédée II et Eugène de Savoie montent sur la colline de Superga le 2 septembre 1706 pour observer le théâtre des opérations. Ils font alors le vœu d'élever un lieu de culte dédié à la Vierge Marie en ce lieu, à la suite de la victoire des armées piémontaises et autrichiennes.

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La ville de Turin ayant été libérée lors de ce siège, Victor-Amédée II tient sa promesse et les travaux sont confiés à l'architecte italien Filippo Juvarra ( 1678-1736).

Les travaux débutent le 20 juillet 1717. Tout au long de la période de construction, les matériaux sont acheminés sur la colline à dos d'âne sur un très mauvais chemin pierreux, et de grandes quantités de terre sont déplacées pour créer un terrain plat pouvant accueillir la basilique. Celle-ci, inachevée, est inaugurée le 1er novembre 1731 par Charles-Emmanuel III (le duc de Savoie). Elle est une des œuvres les plus importantes de Filippo Juvarra, un chef-d'œuvre de l'architecture baroque. Un escalier monumental mène à un grand portique soutenu par huit colonnes corinthiennes d'inspiration classique (Panthéon de Rome). La basilique est surmontée d'un dôme de style baroque de 65 mètres de haut, entouré de deux belles tours symétriques. Le bâtiment mesure 51 mètres de profondeur et 34 mètres de largeur. La basilique est dotée également d'une crypte devant accueillir les dépouilles des princes de la maison de Savoie.

En 1884, le funiculaire est ouvert pour relier le sommet de la colline de Superga avec le quartier de Sassi à Turin. La ligne, d'environ 3,1 km de long a été électrifiée et transformée en train à crémaillère en 1934.  

L'arrière de la basilique a été affectée par une catastrophe aérienne, le 4 mai 1949, lorsqu'un avion en provenance de Lisbonne a percuté un mur de soutien à l'arrière de la basilique. Il transportait l'équipe et les entraîneurs du Torino Football Club, ainsi que des journalistes et des dirigeants qui l'accompagnaient. 31 personnes à bord de l'appareil furent tuées. Les murs détruits par l'impact de cette catastrophe sont encore visibles, car il a été décidé de ne pas les reconstruire. Aujourd'hui, cet événement tragique est commémoré par un musée et une plaque sur le bâtiment arrière, et une messe solennelle est célébrée tous les 4 mai en mémoire des victimes.

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La crypte de la basilique de Superga est aujourd'hui la nécropole de la famille de Savoie. Tous les souverains de Savoie et de Sardaigne depuis Victor-Amédée II de Savoie jusqu'à Charles-Albert de Sardaigne y sont inhumés à l'exception de Charles-Emmanuel IV de Sardaigne (inhumé dans l'église Saint-André du Quirinal à Rome) et de Charles-Félix de Savoie (inhumé dans l'abbaye d'Hautecombe au bord du lac du Bourget en France).

Pendant la conception de la basilique, en 1711, Filippo Juvarra a prévu de créer un espace souterrain sous le presbytère de l'église, ayant pour fonction l'inhumation des membres de la maison de Savoie. Toutefois, en raison du manque de financement, l'idée a été temporairement mise de côté. Les premiers documents parlant de travaux pour la construction d'une crypte remontent à août 1728, lorsque, dans une description de la basilique, on parle de « creuser dans le sol du chœur et du sanctuaire pour former une chapelle souterraine ». Mais ce n'est qu'en 1774 que le roi Victor-Amédée III de Sardaigne ordonne à l'architecte François Martinez, neveu de Filippo Juvara, de fixer le sous-sol pour faire une nécropole royale. François Martinez collabore avec les architectes Bosio, Ravelli et Rana, pendant quatre années. C'est donc en 1778 que Victor-Amédée III inaugure la crypte et commence à l'inhumation de dépouilles royales qui avaient été inhumées dans d'autres endroits. Les symboles et les références à la magie, à l'alchimie et à l'ésotérisme abondent dans toute la décoration. Les sols et les revêtements des murs sont décorés de couleurs vives (en majorité noir, blanc, rouge, vert et or).

Au centre de la crypte se situe la première salle, dite « salle des rois », d'où on peut accéder à quatre autres salles. Les dépouilles royales se répartissent donc dans cinq salles formant la crypte.

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La crypte