Le château de Montsoreau s'élève directement le long de la Loire, à 15 kilomètres de Saumur. Il se trouve à la confluence de la Loire et de la Vienne, à l'intersection de trois régions l'Anjou, le Poitou et la Touraine, et au cœur de la vallée de la Loire.

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La première mention écrite attestant une occupation du site par le domaine de Restis date du Vie siècle. Il est transformé en place forte vers 990 par le comte de Blois Eudes Ier, puis passe sous domination angevine un peu avant 1001. Le comte Foulques Nerra en confie la garde au chevalier Gautier Ier de Montsoreau qui appartient à l'une des plus prestigieuses familles de l'Anjou. Ainsi, le castrum fait partie de la quarantaine de places fortes angevines et figure parmi les quelques sites ayant déjà le statut de seigneurie châtelaine aux premières heures de l'an 1000. Une agglomération se développe rapidement aux abords du château.

Guillaume IV de Montsoreau prend le parti de Geoffroy Plantagenêt contre son frère Henri II Plantagenêt, futur roi d'Angleterre et mari d'Aliénor d'Aquitaine. Ce dernier assiège le castrum et l'enlève à la fin du mois d'août 1156 malgré le soin pris à sa fortification. Il fait prisonnier Guillaume et ses défenseurs. Guillaume retrouvera toutefois son fief un peu plus tard. Faute d'héritier direct, la seigneurie passe à la famille Savary de Montbazon, à la suite du mariage de Ferrie de Montsoreau avec Pierre II Savary, seigneur de Montbazon en 1213. La seconde maison de Montsoreau s'éteint en 1362, lors du mariage de la fille unique de Renaud VII avec Guillaume II de Craon. La famille de Craon (vicomtes de Chateaudun) conserve la seigneurie jusqu'en 1398. La quatrième maison, celle des Chabot, ne durera que quelques décennies.

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En 1450, afin de régler diverses dettes, Louis II Chabot vend ses domaines de Montsoreau et de la Coutancière à son beau frère Jean II de Chambes, qui avait déjà entrepris entre 1443 et 1453 la construction du corps de logis de l'actuel château. Descendant d'une vieille famille noble originaire de l'Angoumois, Jean II de Chambes entre au service de Charles VII en 1426 comme écuyer, deux ans avant la célèbre entrevue que le roi aura au château de Chinon avec Jeanne d'Arc.

Panetier en 1438, conseiller puis chambellan, il devient en 1444 "premier maître d'ostel" du roi, époque à laquelle il s'associe avec Jacques Cœur. Après la disgrâce de ce dernier en 1453, Charles VII lui confie plusieurs missions diplomatiques sensibles et l'envoie notamment comme ambassadeur à Venise en 1459 pour préparer une nouvelle croisade, à Rome et en Turquie. Jean II de Chambes se retire progressivement de la politique à partir de 1461. Jean III succède à son père décédé en 1473 et épouse Marie de Chateaubriant qui fonde en 1519 la collégiale Sainte-Croix de l'autre côté du fossé ceinturant le château. Le château est peu à peu embelli par ses divers occupants et prend un aspect renaissance.

En 1505, Anne de Bretagne et sa fille Claude de France séjournent pendant un mois au château de Montsoreau avant de redescendre la Loire vers la Bretagne. Claude de France est alors fiancée à Charles de Luxembourg pour faciliter la conduite de la troisième guerre d'Italie en renforçant l'alliance espagnole. Louis XII fait annuler ses fiançailles en 1505 et ordonne son mariage avec François de Valois-Angoulême, futur François Ier.

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En 1530, Philippe de Chambes, qui réside à Montsoreau, épouse Anne de Laval-Montmorency. Son fils aîné, Jean IV de Chambes hérite de Montsoreau, du domaine de la Coutancière, et voit ses terres érigées en baronnie en 1560. Montsoreau est pillée par les protestants en 1568 ; la collégiale Sainte-Croix est rasée et les fortifications de la ville détruites. Quatre années plus tard, Jean IV de Chambes s'acquitte de l'organisation de la « Saint-Barthélemy angevine » à Saumur, puis à Angers ; sa baronnie est érigée en comté par lettres patentes de 1573 et 1575. Après sa mort en 1575, son frère Charles de Chambes devient comte de Montsoreau et épouse l'année suivante Françoise de Maridor, dont le nom reste attaché à l'assassinat de Louis de Bussy d'Amboise.

Faux-monnayeur et faux-saunier, René de Chambes est condamné à mort et doit s'enfuir en Angleterre d'où il ne reviendra pas. Après le décès de son successeur Bernard de Chambes, le château de Montsoreau ne sera que rarement occupé par ses divers propriétaires.

La veuve de Louis-François II du Bouchet de Sourches, marquis de Tourzel, vend le château et ce qui subsiste du domaine de Montsoreau à partir de 1804. Le bâtiment est alors occupé par 19 propriétaires qui remodèlent le site. En 1910, le château est dans un état pitoyable dont s'émeuvent les membres de la Société Française d'Archéologie. Grâce à la pugnacité du sénateur de Geoffre qui va sensibiliser le Conseil Général, la situation finit par évoluer favorablement. Le département de Maine-et-Loire acquiert progressivement les différentes propriétés à partir de 1913, et les travaux de restauration, engagés en 1923, se poursuivent sans interruption jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

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Après un nouveau programme de restaurations entre 1997 et 2001, le château ouvre à la visite le 6 juillet 2001 avec un parcours son et lumière intitulé Les Imaginaires de Loire qui attire environ 35 000 visiteurs par an.

En avril 2016, le conseil départemental de Maine-et-Loire confie les clés du château à Philippe Méaille qui y installe sa collection d'art contemporain centrée sur l'art conceptuel de Art & Language, collectif d'artistes anglais, américains, et australiens considéré comme les inventeurs de l'Art conceptuel. Sa collection fait régulièrement l'objet de prêt dans des musées internationaux ou nationaux.

Architecture

Le site qui se développe entre la Loire au nord, et le village au sud, se compose de deux ensembles distincts. La basse-cour, à laquelle on accède par un passage couvert longeant la chapelle castrale, qui abrite encore deux corps d'habitation. À l'est, la partie seigneuriale est protégée sur trois cotés par un large et profond fossé. Un pont défendu par un châtelet avec pont-levis à flèches constituait l'unique moyen de franchir ce fossé pour pénétrer dans la cour haute du château.

La façade nord du corps de logis était à l'origine directement baignée par la Loire avant la construction de la route longeant le fleuve vers 1820. Le plan barlong du logis flanqué de deux tours carrées, est prolongé par trois ailes, deux en retour vers le sud et une dans le prolongement ouest du bâtiment. Deux tourelles d'escalier prennent place dans les angles que forme le corps de logis avec les ailes en retour. Une portion de courtine conservée côté est, relie l'aile orientale aux restes d'une tour dérasée, improprement appelée "le donjon", qui se trouvait encore en élévation à la fin du XVIIe siècle. Un puissant rempart de terre fouillé durant l'été 2000, et dans lequel ont été mises en évidence des parties du château du XIe siècle, ferme la cour au sud.

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L'ensemble de l'édifice est construit en tuffeau blanc. Ce calcaire tendre, poreux, si fréquent en Anjou et en Touraine, est ici de très bonne qualité. Il a été extrait des profondes carrières souterraines creusées à même la falaise, à proximité immédiate du chantier de construction, et taillé en pierres de dimensions assez modestes, peu différentes de celles en usage avant la guerre de cent ans ; les signes lapidaires -chiffres romains gravés sur la plupart des murs intérieurs - ne correspondent pas à l'identité des tâcherons, mais indiquent la hauteur précise des pierres, ce qui témoigne d'une organisation de chantier très élaborée. Les toits sont en ardoises d'Angers, comme il était d'usage dans toute la vallée.

L'intérieur de l'édifice dispose de divers éléments qui traduisent un désir de confort, telles les grandes fenêtres assurant un bon éclairage des pièces et disposant de bancs dans leur embrasure, ou bien la présence de 25 cheminées. En revanche, les vestiges de décor peint qui apparaissent sur quelques cheminées sont postérieurs à la construction - ils doivent dater du XVIe siècle - et les sculptures sont peu nombreuses.

Le corps de logis repose sur d'imposante caves, sous terre vers la cour et percées de petites baies côté Loire. Quatre salles voutées en plein cintre, de dimension variées, s'y succèdent. L'ouverture d'origine, protégée par un système défensif, s'ouvre à l'ouest, vers le fleuve ; située à quelques mètres du niveau de la Loire, elle permettait aux bateliers de décharger leur cargaison. 

Le château de Montsoreau a été immortalisé par Alexandre Dumas dans son roman La Dame de Monsoreau (sans T) écrit entre 1845 et 1846. Ce roman prend pour décor le château de Montsoreau. Il s'agit d'une histoire d’amour entre Louis de Clermont, seigneur de Bussy d'Amboise et Diane de Méridor, épouse du comte de Monsoreau. Une intrigue politique met en scène les troubles politiques et religieux sous le règne d'Henri III, notamment la rivalité qui l'oppose à son frère François de France, duc d'Alençon puis duc d'Anjou, personnage intrigant et sans honneur.

D'après Wikipédia