Toyō Itō est un architecte japonais né le 1er juin 1941 à Séoul, de parents japonais. Il est connu pour avoir créé une architecture conceptuelle, dans laquelle il cherche à exprimer simultanément le monde physique et le monde virtuel. Il est un représentant de l'architecture qui fait appel à la notion contemporaine de ville « simulée ». En 2013, il reçoit le prix Pritzker d'architecture.

Il est diplômé en architecture de l'université de Tokyo en 1965. De 1961 à 1970, il travaille chez Kiyonori Kikutake. En 1971, Ito fonde sa propre agence, qu'il appellera URBOT (contraction de robot urbain). À cette époque, les jeunes architectes n'ont accès qu'aux maisons individuelles pour réfléchir aux problèmes fondamentaux de l'architecture.

03

Il doit attendre 1978 pour réaliser son premier immeuble, le PMT Building à Nagoya. La même compagnie lui confie d'autres projets au Japon : à Fukuoka en 1979, puis à Ōsaka. C'est également en 1979 que son agence sera rebaptisée « Toyo Ito and Associates, Architects ». Le musée Municipal de Yatsushiro achevé en 1991 est la première commande publique de l'agence Toyo Ito and Associates, Architects.

Architecte de l'essentiel, Toyo Ito s'est toujours opposé à l'architecture monumentale, lui préférant la création d'espaces plus malléables. Son œuvre peut se diviser en plusieurs périodes qui se succèdent et parfois se superposent.

Neutralité « Jardin de lumière »

Toyo Ito réalise ses premiers projets en donnant une simplicité et une neutralité de formes dans ces bâtiments là où d'autres architectes recherchent plutôt la complexité. La première période concerne l'architecture domestique dans laquelle Toyo Ito développe la métaphore du « Jardin de Lumière », illustrée par la White U. Cette maison est tournée sur elle-même, sans fenêtre donnant sur la rue, avec simplement une cour intérieure. La maison est déconnectée du reste de la ville par une représentation totalement abstraite, car elle est peinte en blanc. Ces murs blancs sont vus par Toyo Ito comme des écrans qui mettent en scène les jeux de lumière - arrivant par les ouvertures zénithales – et les ombres des personnes. La cour représente un désert naturel, sans aucune végétation.

Dé-composition « Jardin des vents »

La deuxième période, intitulée « Jardin des vents » est marquée par Silver Hut et le caractère éphémère de ses réalisations. Dé-composition ne signifie pas déconstruire mais plutôt fragmenter et séparer les différents éléments de la composition. Toyo Ito recherche durant cette période à réaliser une simple abstraction de la forme et une dématérialisation. Le projet Silver Hut - maison que Toyo Ito a construite pour sa propre utilisation - se compose d'une série de voutes posées les unes à côté des autres et chacune d'entre elles étant percée d'ouvertures zénithales. Le volume global consiste en une dissociation des différents volumes de la composition dont la forme est déconstruite pour faire passer la lumière ; la structure acier devient apparente ce qui donne un aspect fragile au bâtiment.

Multi-Stratification « Jardin des puces électroniques »

La troisième période est nommée par Toyo ito lui-même, le « Jardin des puces électroniques » dans laquelle il développe toutes les possibilités offertes par l'électronique comme avec la tour des vents de Yokohama qui se trouve être son premier projet de bâtiment public. Construite en 1986, elle sert de tour de ventilation et de réservoir d'eau pour une galerie commerçante située en sous-sol. L'intervention de Toyo Ito se limite à l'habillage extérieur. La structure lumineuse est en aluminium. La journée, la tour paraît totalement blanche, homogène en matériaux métalliques tandis que la nuit les éléments électriques positionnés en façade, transforment la tour en un signal lumineux formé de bandes, qui change continuellement sous l'influence des vents, grâce à des calculs permanents réalisés par ordinateur. Toyo Ito modifie le bloc monolithique de la période de la dé-composition, avec le projet Silver Hut, celui-ci devient vertical, dynamique et électronique dans le projet de la Tour des Vents.

Période contemporaine

Enfin, l'architecture actuelle de Ito réalise une synthèse globale de ces influences, symbolisée par la Médiathèque de Sendai. Il donne des sensations de légèreté et de progrès mais aussi de fragilité et d'évolution aux bâtiments qu'il dessine. La médiathèque de Sendaï est le fruit d'une association avec Makoto Yokomizo, qui crée sa propre agence en 2000. Ce bâtiment regroupe une médiathèque, une bibliothèque, une galerie d'art et un centre d'informations pour les citoyens. Ito voulait construire une médiathèque en lien avec son époque et adaptée aux nouvelles technologies. Le bâtiment se compose de 3 éléments forts : les plateaux (de 2 500 m2), les 13 colonnes et la peau. Ses colonnes, disposées de manière aléatoire contiennent les différentes circulations : comme la lumière, l'air, l'eau mais aussi les circuits informatiques et enfin les circulations verticales (ascenseur, escaliers) ce qui évoque la fluidité et un mouvement dynamique. La neutralité en façade est donnée par un mono-volume en verre. En utilisant la métaphore de l'aquarium, Toyo Ito imagine que ses colonnes forment des vagues.

04

Tama Art University Library

Les peaux des façades Nord, Est et Ouest sont constituées de feuilles de verre tandis que la façade Sud a une double peau de verre. Les panneaux de verre mesurent tous 2,5 m de hauteur et sont fixés à la structure porteuse. Cette peau reflète les arbres durant la journée, tandis que la nuit, l'éclairage artificiel révèle la structure du bâtiment. Chaque sol a été dessiné par un architecte différent, avec, de ce fait des couleurs, formes et matériaux distincts mais le tout restant transparent et fluide et se liant parfaitement avec les colonnes formées de lignes entrelacées. Toyo Ito est devenu un maître pour une plus jeune génération d'architectes japonais, comme Kazuyo Sejima qui a fait partie de l'agence Toyo Ito and Associates de 1981 à 1987. Dans son agence SANAA, elle développe une architecture très pure, ascétique, accordant un grand soin au détail, et qui se veut une réinterprétation japonaise de la modernité.

Le travail de Toyo Ito a été largement exposé. En 1991, Ito a utilisé 130 vidéo-projecteurs pour recréer l'environnement urbain de la ville de Tokyo pour l'exposition Visions of Japan au Victoria and Albert Museum de Londres. En 2000, l'exposition Vision and Reality premièrement présentée au musée d'art moderne Louisiana s'export à d'autres musées à travers le monde. Toyo Ito exploite beaucoup le procédé de la projection vidéo comme médium pour présenter l'architecture. Dans l'exposition Blurring Architecture, installée premièrement au Suermondt-Ludwig-Museum d'Aix-la-Chapelle et qui a ensuite voyagé vers Tokyo, Anvers, Auckland et Wellington entre 1999 et 2001, Ito tente de révéler la présence virtuelle de l'architecture dans l'esprit humain. Il est également à l'origine de la conception de l'exposition Berlin-Tokyo/Tokyo-Berlin présentée en 2006 à la Neue Nationalgalerie de Berlin. La conception se présente sous la forme d'un paysage doux et ondulatoire qui occupe la quasi-totalité de la salle d'exposition principale du musée. Cette exposition, en collaboration avec le Mori Art Museum reste l'une des plus grandes entreprises scénographique dans l'histoire des musées. Une grande rétrospective sur le travail de Toyo Ito s'est déroulée à la Tokyo Opera City Art Gallery en 2006 et avait pour titre : Toyo Ito : The New « Real » in Architecture.

Toyo Ito a un siège de professeur à l'université pour femmes du Japon. Il est aussi professeur honoraire à la University of North London et il a enseigné comme invité à l'université Columbia. Il est également professeur invité à l'université des beaux-arts Tama.

D'après Wikipédia