L’architecture naïve désigne des constructions édifiées par des personnes autodidactes sans formation artistique.

Ces constructions n’ont généralement pas de but fonctionnel et s’apparentent à des sculptures monumentales. Nombre d’autres désignations sont également utilisées : architectures imaginaires, marginales, populaires, jardins imaginaires ou d’Art brut, et leurs créateurs sont appelés habitants-paysagistes, archi-sculpteurs, anarchitectes, bâtisseurs de l’imaginaire ou de rêves.

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Palais idéal du facteur Cheval

Le caractère spontané de ces réalisations les apparente aux créations de l’art naïf ou de l’art brut. L’importance de ces constructions, œuvres souvent d’une vie pour leurs créateurs, suscite un mélange de rejet et d’admiration.

La forte charge émotionnelle et symbolique attachée à ces réalisations rend leur transmission difficile. Peu d'occupants souhaitent habiter des lieux aussi lourdement investis par leur précédent propriétaire. À la disparition de leur créateur, faute d'une prise en charge par la collectivité, ces architectures sont généralement vouées à l'abandon et à la destruction.

Le terme Architecture naïve a été principalement inventé pour définir l’œuvre de Ferdinand Cheval (1836–1924), le Palais idéal de Hauterives (Drôme), un monument de 600 m3 réalisé et décoré avec les pierres glanées sur les chemins construits entre 1879 et 1912.

Mais en fait, peu de créateurs ont fait acte d’architecte naïf. Le plus célèbre étant Simon Rodia et ses Watts Towers à Los Angeles, bâties entre 1930 et 1965.

Il y a eu également la Maison aux Miroirs de Clarence Schmidt à Woodstock près de New York, construite entre 1948 et 1971 mais détruite par un incendie, ou la Tour d'Eben-Ezer de Robert Garcet près de Liège en Belgique. Dans son domaine de Civrieux-d'Azergues (Rhône), Charles Billy a construit un ensemble significatif de bâtiments imaginaires inspirés d’architectures du Monde, Le Jardin de Nous-Deux. On se trouve cependant plus face à un esprit de miniatures, toutes les constructions étant à hauteur d’homme.

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La Maison du Petit Paris

On peut citer aussi le Village d’Art préludien de Chomo et l’édification de son Église des pauvres en matériaux de récupération dans la Forêt de Fontainebleau, bien que l’on sorte déjà d’une certaine naïveté, Chomo ayant fait les Beaux-Arts et exposé en galerie avant de créer son Environnement.

Et le cas de Robert Tatin et de son musée de La Frenouse à Cossé-le-Vivien échappe aussi au cadre d’une création naïve. En effet, Tatin, bien qu’autodidacte, a fréquenté des Surréalistes et a eu une carrière de peintre et de sculpteur (obtenant même le premier prix de sculpture à São Paulo).

Beaucoup d’autres créations, que l’on désigne en France sous l'appellation d’architecture naïve, marginale ou populaire ne sont en fait que l'agrémentation ou la décoration de l’habitation dudit créateur, à la suite de Raymond Isidore et sa maison Picassiette à Chartres.  

Il existe également au moins deux exemples de prêtres qui ont passé leur vie à décorer l'église de leur paroisse avec un objectif pastoral : l'église Saint-Quentin de Wirwignes par l'Abbé Lecoutre et l’église de Ménil-Gondouin par l'Abbé Victor Paysant.

Qu’il soit l'œuvre de créateurs autodidactes ou éduqués, le phénomène des constructions marginales, habitations décorées, jardins de sculptures en plein air ou créations se rapprochant du Land art est aujourd’hui reconnu mondialement. On peut le désigner comme celui des Environnements d’art ou visionnaires.

D'après Wikipédia