Le baroque napolitain est une forme artistique et architecturale qui se développe au XVIIe siècle et dans la première moitié du XVIIIe siècle à Naples. Il est reconnaissable à ses décorations flamboyantes de marbre et de stuc, caractéristiques des structures du bâtiment. En particulier, le baroque napolitain s'épanouit au milieu du XVIIe siècle avec les œuvres de plusieurs architectes locaux hautement qualifiés et se termine au milieu du siècle suivant, avec l'arrivée des architectes néoclassiques. Au XVIIIe siècle, il atteint son apogée avec une architecture influencée par le rococo et le baroque autrichien, donnant lieu à un mélange qui donne naissance à des bâtiments de grande valeur artistique.

Caractéristiques du baroque napolitain

L'architecture baroque se développe à Rome au début du XVIIe siècle, sous l'influence de l'héritage culturel de Michel-Ange et des œuvres de Carlo Maderno et d'autres. Les exigences dictées par la Contre-Réforme conduisent à la création d'un style ayant tendance à exalter le caractère central de l'Église catholique, mais aussi capable d'exprimer les frivolités de la vie temporelle et la nouvelle philosophie scientifique de Copernic et de Galilée repoussant les frontières de la connaissance, et en faisant allusion à la vie comme à un rêve, comme on peut le percevoir dans les œuvres de Shakespeare et Calderón et dans la philosophie de Descartes.

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San Giorgio dei Genovesi

Les caractéristiques essentielles de l'architecture baroque sont des lignes courbes, tortueuses, parfois avec des motifs très complexes. En outre, un fort sentiment de théâtralité incite l'artiste à l'exubérance décorative, combinant la peinture, la sculpture et le stuc dans la composition spatiale en soulignant le tout au moyen de jeux suggestifs d'ombres et de lumières.

Les caractéristiques du baroque romain franchissent bientôt les frontières de la Ville éternelle. À Naples, les thèmes baroques, combinés à ceux du maniérisme toscan, influencée en particulier dans les trois premières décennies du XVIIe siècle, avec l'arrivée d'architectes étrangers à la formation locale, parmi lesquels il faut citer Giovanni Antonio Dosio, le Ferrarais Bartolomeo Picchiatti et le théatin Francesco Grimaldi. On attribue à Dosio quelques œuvres telles que l'église des Girolamini, la chartreuse San Martino, qui sont des réinterprétations du maniérisme tardif de la Renaissance toscane. Picchiatti semble plutôt être lié au goût du premier baroque romain, tandis que Grimaldi fait partie du groupe des architectes religieux de même que d'autres architectes de l'époque, tels que le dominicain Giuseppe Nuvolo et le jésuite Giuseppe Valeriano. Grimaldi, après avoir mené à bien diverses expériences à Rome, est chargé de concevoir la basilique Santa Maria degli Angeli a Pizzofalcone et la Cappella del Tesoro di San Gennaro de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Naples, où la décoration baroque est appliquée sur des infrastructures toujours classiques.

Cependant, la personnalité qui émerge du siècle est Cosimo Fanzago. Lombard de naissance, il s'établit dans la deuxième décennie du XVIIe siècle à Naples, où il conçoit beaucoup d’œuvres sculpturales et architecturales comme des édifices religieux, civils et des décorations intérieures d'églises en marbres polychromes et en marqueterie de marbre.

Le XVIIIe siècle voit Antonio Canevari, Domenico Antonio Vaccaro, Ferdinando Sanfelice, Nicola Tagliacozzi Canale et beaucoup d'autres, qui ont changé manière irrésistible le visage de la ville.

Les architectes sont chargés de remanier les bâtiments existants et de créer des œuvres sur des parcelles de terrain peu étendues à l'intérieur des murs de la ville. Les œuvres doivent respecter certaines contraintes lors de la construction, de sorte que, dans les constructions de la Naples baroque, il est possible d'identifier une série de caractéristiques standards, en tout premier lieu en ce qui concerne les édifices religieux :

  • Les façades des églises ont presque toujours une forme rectiligne et, souvent, ne respectent pas l'orientation de la nef, les façades ne sont pas particulièrement aérienne pour lier les façades des bâtiments adjacents.  
  • Les schémas privilégiés comportent un plan central inscrit dans un carré afin de ne pas prendre d'espace pour la construction d'autres bâtiments. Cependant, bien souvent, les plans sont en croix latine et en moindre mesure en croix grecques ou elliptiques. Au XVIIIe siècle, on peut observer la présence de formes plus libres et inhabituelles.
  • En raison des irrégularités du sol, les églises sont construites sur des terre-pleins artificiels, précédés de marches d’escalier.
  • Les bâtiments sont construits autour d'une cour au fond de laquelle se développe un escalier ouvert à double rampe
  • Pour obtenir des clairs-obscurs, on utilise des marbres, du piperno et parfois du tuf.
  • Les portails des édifices sont en marbre, en piperno ou en un mélange des deux.

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Eglise de Gesù Nuovo

Histoire et évolution du style

Première phase

La première phase du baroque napolitain commence au XVIe siècle avec des plans d'urbanisation à l'initiative de Pierre de Tolède, qui est le premier à prendre en compte une expansion raisonnée de la ville.  

La réalisation la plus importante du XVIe siècle est le projet de Ferdinand Manlio et de Giovanni Benincasa pour la Via Toledo, à côté de laquelle le vice-roi a décidé de construire, le long des pentes de la colline du Vomero, les quartiers militaires espagnols, et du côté opposé, les résidences de la noblesse locale. Le projet, en partie négligé, prévoyait une idée unitaire tout le long de la rue, avec la construction de blocs continus de bâtiments. Pendant ce temps, Pierre de Tolède (Don Pedro) et d'autres vice-rois commencent une lente transformation des faubourgs en quartiers de la ville.

Cette phase se subdivise en deux grandes périodes, allant respectivement de 1582 à 1613 et de 1613 à 1626. La première peut être considérée comme une phase de prémisses, toujours caractérisée par des édifices de style maniériste romain. L'artiste le plus important au tournant du siècle est le tessinois Domenico Fontana, auteur du palais royal et du Complesso di Gesù e Maria, et qui meurt à Naples en 1627. Notable aussi est l'œuvre de Giovan Battista Cavagna qui travaille à plusieurs reprises dans la capitale du royaume en s'inspirant des canons classiques et de Vignole. Au contraire, dans la seconde période, les ouvriers et les architectes napolitains acquièrent une plus grande autonomie du point de vue de la conception. Cette période se termine avec l'arrivée du sculpteur lombard, naturalisé napolitain, Cosimo Fanzago. Dans la même période, est également actif Giovan Giacomo di Conforto, qui réalise diverses restaurations et participe à de grands chantiers dans la ville et qui jusqu'en 1626 est superviseur de la construction de la chartreuse San Martino, avant d'être remplacé par Fanzago. Deux autres personnalités importantes sont Giulio Cesare Fontana, frère de Domenico Fontana, et son collaborateur Bartolomeo Picchiatti, devenu autonome après la mort de Fontana et auteur d'importants édifices religieux comme l'église Santa Maria della Stella et l'église San Giorgio dei Genovesi.

En outre, il faut prendre en considération les ordres monastiques et les congrégations religieuses qui bâtissent, à l'intérieur et à l'extérieur des murs, plusieurs complexes religieux. La Contre-Réforme a une influence considérable sur la ville, de sorte que les autorités doivent fournir des terrains à bâtir pour les congrégations ou les ordres les plus importants : l'une des premières constructions est le Complesso di Gesù e Maria, l'église du Gesù Nuovo et la basilique Santa Maria della Sanità (ces dernières ont été construites respectivement par les jésuites et les dominicains).

Par la suite, les ordres monastiques et les congrégations enseignantes ou hospitalières construisent d'autres ensembles, comme la chartreuse San Martino, la basilique San Paolo Maggiore et l'église des Girolamini, dont la construction a duré longtemps, avec la participation de nombreux architectes. En fait, la construction ex nihilo de la chartreuse San Martino prend plus de cent ans ; la première intervention est de Dosio et est située entre 1589 et 1609, et la dernière action du projet de rénovation remonte au milieu du XVIIIe siècle avec Nicola Tagliacozzi Canale.  

Les ordres monastiques et les congrégations ne sont pas étrangers au changement culturel de l'époque, et se sont également intéressés aux réalisations architecturales de leurs couvents. Par conséquent, à partir de là commence une longue liste d'architectes qui entrent dans un ordre religieux ou une congrégation enseignante ou hospitalière et qui exercent leurs activités au sein de leur ordre ou pour d'autres. Ces architectes de référence sont notamment les jésuites Giuseppe Valeriano et Pietro Provedi, le dominicain Giuseppe Nuvolo, le théatin Francesco Grimaldi, le barnabite Giovanni Ambrogio Mazenta, Agatio Stoia et, enfin, le père Giovanni Vincenzo Casali.

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Obélisque de Saint Janvier

Les solutions de la planimétrie des édifices sacrés restent fidèles au schéma avec une disposition centrale, pouvant être inscrite dans un carré, avec transept et abside rectangulaire. La basilique San Paolo Maggiore qui a des nefs latérales et une abside semi-circulaire, l'église du Gesù Nuovo, typiquement basilicale à trois nefs et l'église des Girolamini, également divisée en trois nefs, sont trois exceptions.

À noter les édifices civils, conçus avec des successions d'arcs élancés, très évidentes dans les cours des hôtels particuliers, recouverts de piperno afin d'obtenir un fort contraste d'ombre et de lumière.

Deuxième phase

La deuxième phase du baroque napolitain commence avec l'arrivée de Cosimo Fanzago sur le site de la chartreuse San Martino. La chartreuse est devenue en quelque sorte un laboratoire de l'architecture et de la sculpture pour Fanzago et de nombreux autres artistes de l'époque. Au cours de sa longue carrière, Fanzago est sculpteur architecte et créée d'importantes œuvres dans la ville. Ses capacités considérables d'architecte le portent d'autre part, à s'occuper d'innombrables bâtiments. Il commence son activité autour de 1626, lorsque son prédécesseur, Giovan Giacomo di Conforto, quitte le chantier de la chartreuse. Fanzago en devient le superviseur, réalisant la décoration en sculpture de l'église principale du site, les sculptures du cloître avec le cimetière des moines y attenant, ainsi que d'autres œuvres d'une grande valeur artistique. En outre, il intéresse également à la peinture, principalement grâce à sa connaissance de l'art et de la culture.

Son activité redouble dans les années 1630, quand il est chargé de l’obélisque de saint Janvier et de la restauration de l'église du Gesù Nuovo, avec des décorations en mosaïque florentine (pierres semi-précieuses). Il est l'auteur des dessins (1635) de l'église jésuite appelée aujourd'hui San Ferdinando. C'est un artiste très recherché par l'aristocratie napolitaine qui lui confie la conception ou la rénovation de ses résidences, comme pour le palazzo Carafa di Maddaloni, le palazzo Donn'Anna ou le palazzo Firrao.

À la lumière de ceci, Fanzago peut être considéré comme le véritable fondateur du baroque napolitain. De plus, son architecture et sa sculpture sont complémentaires. Dans la Guglia di San Gennaro, par exemple, il n'y a pas de distinction claire entre les éléments architecturaux et sculpturaux. La colonne, entourée de volutes, comporte des médaillons et des guirlandes de fruits. Ainsi les autels deviennent une machine de scène englobant sculpture et architecture. Ils sont conçus non seulement pour les célébrations liturgiques, mais aussi pour diviser l'espace public, qui se termine par le chœur, réservé aux officiants. L'accès entre les deux se fait par des embrasures en marbre dans les côtés de l'autel qui se transforme de fait en un meuble sacré.

L'activité de Fanzago dépasse largement les limites de Naples, s'étendant dans la province de Caserte, l'Avellino, dans le Sud du Latium et de Rome, en Calabre, à la cathédrale de Palerme, et en Espagne.

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Santa Maria del Rosario a Portamedina.

De même, ses contemporains, comme Francesco Antonio Picchiatti et Dionisio Lazzari, ont été très populaires auprès des commanditaires de l'époque. Le premier diverge du style de Fanzago par l'utilisation d'une l'architecture plus classique, tandis que le second travaille dans un style baroque affirmé.  

D'autres architectes actifs au milieu du siècle sont encore des membres d'ordres religieux, tels que le chartreux Bonaventura Presti, venu de Bologne comme charpentier et spécialisé dans l'architecture et l'ingénierie en suivant de près la construction de la chartreuse San Martino.  

Un autre personnage important est Giovan Domenico Vinaccia, architecte, sculpteur et orfèvre, formé à l'atelier de Dionisio Lazzari et auteur de la façade de l'église jésuite du Gesù Vecchio et des décorations architectoniques et des sculptures d'un certain nombre d'églises napolitaines.

Enfin, il convient de citer l'ingénieur et architecte Pietro de Marino, collaborateur principal de Bartolomeo Picchiatti, qui commence ensuite une carrière indépendante puis rejoint l'ingénieur Natale Longo.  

D'un point de vue urbanistique, la surface destinée aux constructions se trouve à l'époque drastiquement réduite, en raison de l'émergence de nombreux édifices religieux. Les architectes ont donc des difficultés à créer des projets à l'intérieur des murs de la vieille ville et de ce fait commencent à construire des hôtels particuliers près de la colline de Pizzofalcone et de Chiaia. Quant aux ordres monastiques ou congrégations nouvelles, on transforme leurs églises existantes, avec profusion de marbres polychromes et incrustations de marbres, parfois en les abattant et en les reconstruisant selon des plans plus élaborés.

Troisième phase

Vers les années 1690, en un court laps de temps, deux tremblements de terre endommagent de nombreux bâtiments de la ville. Le tremblement de terre de 1688, qui a précédé celui de 1693, cause plusieurs effondrements, comme celui de l'ancienne façade de la basilique San Paolo Maggiore qui, quelques années auparavant, a été modernisée dans le style baroque selon les dessins de Dionisio Lazzari. Grâce à l'intervention de la noblesse, les dommages sont réparés rapidement. 

Durant la période de réparations d'après les tremblements de terre, ce sont les architectes de la transition entre les deux siècles qui sont en activité. Le premier que l'on peut distinguer est le peintre et architecte Francesco Solimena.

Les deux autres représentants de la transition sont Arcangelo Guglielmelli et Giovan Battista Nauclerio.

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Eglise Santa Maria Donnalbina

Au début du XVIIIe siècle, Naples subit en raison de l'augmentation rapide de la population une expansion urbaine incontrôlée. Les représentants de ce siècle sont Domenico Antonio Vaccaro et Ferdinando Sanfelice. Leur style se situe entre celui de Cosimo Fanzago et celui de Johann Bernhard Fischer von Erlach. De plus, des architectes romains viennent à Naples travailler pour le compte du roi, comme Giovanni Antonio Medrano et Antonio Canevari. Un autre architecte notable de cette époque est Nicola Tagliacozzi Canale qui a travaillé principalement à la chartreuse San Martino et a construit les palais Mastelloni et Trabucco. Enfin, il convient de citer Giuseppe Astarita, actif jusqu'à la seconde moitié du siècle entre Naples et les Pouilles. C'est un important expérimentateur pour le carré central mixtilinéaire (droites et courbes) de l'église Sant'Anna a Capuana, terminée en 1751.

Au XVIIIe siècle, d'autres architectes importants sont aussi actifs, comme Enrico Pini, Giuseppe Lucchese Prezzolini et Antonio Guidetti.  

Dans la première moitié du siècle, à Aversa et aux alentours, plusieurs personnalités romaines s'affirment ; elles contribuent à la formation d'un vocabulaire « arcadien » de l'architecture napolitaine. Ce sont Carlo Buratti, Francesco Antonio Maggi, Philippe de Romanis et Paolo Posi. Vers le milieu du XVIIIe siècle, ces architectes, ainsi que de nouveaux défenseurs du classicisme baroque comme Ferdinando Fuga et Luigi Vanvitelli, ouvrent à l'architecture la voie de nouvelles formes de décorum et de sérénité, typiques de l'école romaine. Vanvitelli a autour de lui de nombreux collaborateurs et étudiants qui parviennent, dans les années années 1750 à renverser la mode baroque, en dirigeant le goût vers le classicisme de l'Académie d'Arcadie.

La frères Luca et Bartolomeo Vecchione se placent dans le sillage de la culture classique de l'époque, mais donnent une touche d'originalité à leurs compositions, en particulier Bartolomeo. À mentionner aussi Giovanni del Gaizo, Pollio, Astarita et Gaetano Barba.

Pour conclure, quelques caractéristiques de l'architecture civile du XVIIIe siècle : elle montre l'utilisation de décors élaborés dans la composition des escaliers et des patios, dans laquelle se spécialise Ferdinando Sanfelice, créateur de l'imposant escalier du palazzo dello Spagnolo, placé théâtralement au fond d'une cour étroite.

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Cathédrale Saint Paul

Urbanisme

Les Quartiers espagnols qui ont été exigés par le vice-roi pour le casernement des soldats espagnols dans la ville, sont situés dans une zone située entre la via Tarsia et la via Chiaia et longitudinalement entre la via Toledo et l'actuel corso Vittorio Emanuele, la surface couverte est d'environ 800 000 m2.

Des ressemblances avec la conformation du quartier sont aussi rencontrées dans les zones de Mortelle et de Cariati, où un habitat plus compact, articulé autour d'un maillage routier plus lâche et non orthogonal, est constitué par un ensemble de palais de la fin du XVIe siècle. À l'origine, dans les deux premières décennies du XVIIe siècle, la région est constituée d'habitations transformées en palais de luxe de la noblesse. Toutefois, des modifications importantes ont lieu vers 1630 et durent jusqu'au XIXe siècle.

Dans la proche via Toledo, il n'y a pas d'afflux des ordres monastiques sauf quelques églises. Par contre, en pénétrant dans les quartiers, on peut apercevoir de nombreux bâtiments religieux qui parfois ont constitué un obstacle au développement urbanistique, en raison de leur important encombrement de l'insula quadrangulaire. Sont aussi présentes les confréries voulues par les nobles. Elles sont construites principalement vers le milieu du XVIe siècle, puis développés au siècle suivant avec les rentes annuelles. Un exemple est la Chiesa dell'Immacolata Concezione e Purificazione di Maria de' nobili in Montecalvario, qui, à partir de 1620, est devenue le théâtre d'un événement artistique avec la construction d'un char d'abondance auquel ont participé des artistes importants de la sphère baroque de la ville, comme Lorenzo et Domenico Antonio Vaccaro.

C'est pourquoi les édifices sacrés ont grandement influencé le développement architectural de la région. Certains des premiers travaux remontent au XVIe siècle avec les réalisations des ordres monastiques ou grâce aux dons de la noblesse. Des exemples en sont : l'église Santa Maria della Mercede a Montecalvario, dont la restauration a lieu en 1677 par le stucateur Gennaro Schiavo, et l'église Santa Maria ad Ogni Bene dei Sette Dolori.

Costantinopoli est la zone intra muros située entre la Porta di Costantinopoli) et la piazza Bellini, incluant également le domaine de la Port'Alba. C'est la zone où, depuis l'époque aragonaise, des palais, comme le Palazzo Castriota Scanderbeg, et des couvents considérables, comme celui de l'église Santa Maria della Sapienza et celui de l'église Santa Maria di Costantinopoli, ont fait l'objet d'agrandissements ou de rénovations supplémentaires au siècle suivant.

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Eglise San Giovanni Battista delle Monache 

Cependant, un premier projet de développement a lieu au XVIIe siècle sur ordre des vice-rois Pierre Alvarez de Tolède et Pedro Fernández de Castro. En particulier, sous le second, vice-roi de 1610 à 1616, la via Costantinopoli devient importante en raison de la présence en dehors des murs de l'Université royale, réalisée par Giulio Cesare Fontana en 1622. La nouvelle voie ne fait plus qu'une avec la via Toledo préexistante par l'intermédiaire du largo del Mercatello (place du Marché, aujourd'hui piazza Dante).

En général, les bâtiments qui ont été construits le long de la rue dérivent de case palazziate (grandes demeures) ; les propriétaires achètent des maisons ou des terrains voisins, transformant le bloc ainsi formé en de grands immeubles d'habitation.

Dans tous les cas, les opérations urbanistiques doivent tenir compte de la disparité morphologique de leur cadre, ce qui est évident dans la configuration du palazzo Conca (incorporé par la suite dans le corps du couvent Sant'Antonio a Port'Alba), où la présence de l'escalier d'accès du XVIIe siècle souligne le cours escarpé du terrain.

De nouveaux travaux ont lieu entre 1620 et 1656, quand la via Santa Maria di Costantinopoli subit une importante rénovation de style baroque. En fait, les façades de plusieurs bâtiments sont reconstruites, dont celle du palazzo Firrao réalisée dans la seconde moitié du XVIIIe siècle par Cosimo Fanzago avec la collaboration des sculpteurs Giacinto et Dionisio Lazzari, Simone Tacca et Francesco Valentino. L'église est entièrement reconstruite grâce à l'intervention du dominicain Giuseppe Nuvolo, qui érige la façade avec trois portails (aujourd'hui les parties latérales sont murées en raison d'une intervention au XVIIIe siècle où les collatéraux sont transformés en chapelles).

C'est à la même époque que s'effectue la rénovation de l'église Santa Maria della Sapienza, dont les travaux durent quarante-cinq ans (1625-1670). Après la première intervention de Giovan Giacomo di Conforto suit celle de Cosimo Fanzago et de l'ingénieur Orazio Gisolfo pour l'achèvement de la coupole.

Dans le même temps, l'église San Giovanni Battista delle Monache est rénovée. Son couvent a été fondé en 1597, tandis que l'église n'est bâtie qu'à la fin du XVIIe siècle et achevée au début du siècle suivant. L'infrastructure est due à Francesco Antonio Picchiatti, tandis que la façade, inspirée de celle de l'église San Gregorio al Celio de Rome due à Giovanni Battista Soria, est l'œuvre de Giovan Battista Nauclerio et remonte au XVIIIe siècle.

Ces villages suburbains, qui naissent au Moyen Âge entre la Porta San Gennaro et la Porta Santa Maria di Costantinopoli, constituent un point de référence important pour l'architecture baroque napolitaine par les agrégations de croissance successives entre la fin du XVIe et le XVIIe siècle.

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Palazzo Firrao  

En cette ère de renouveau architectural et social, sont nées les premières constructions importantes en dehors des murs de la ville. En plus de la basilique San Gennaro fuori le mura, connue depuis les débuts de l'ère chrétienne, la première intervention est celle inhérente à la basilique Santa Maria della Sanità, commandée par les dominicains et construite entre 1602 et 1613 selon les plans de Giuseppe Nuvolo. En même temps, d'autres complexes sont construits selon les canons de la Contre-Réforme, la Chiesa di Santa Maria della Verità, connue aussi comme Sant'Agostino degli Scalzi, et la Chiesa di Santa Teresa degli Scalzi voisine, tous deux situées dans le quartier de Fonseca-Materdei et construites par Giovan Giacomo di Conforto pour les carmes déchaux.

L'an 1606 voit la fondation du conservatoire de Santi Bernardo e Margherita a Fonseca et l'église annexe conçue par Pietro de Marino quelques années plus tard. La fondation la plus ancienne est celle du couvent et de l'église Santa Maria di Materdei (1585), rénovée au XVIIIe siècle par Niccolò Tagliacozzi Canale.

C'est au XVIIIe siècle que sont fondés deux monastères importants : la Chiesa dell'Immacolata e San Vincenzo, réalisée au milieu du siècle par Bartolomeo Vecchione sur un bâtiment précédent détruit, et le Complesso dei Cinesi commencé au début du siècle.

La construction civile, par opposition, peut être divisée en deux parties distinctes :

  • La zone de Materdei, où il existe encore des bâtiments datant du XVIe siècle, en dépit des surélévations et ajouts du XVIIIe siècle et d'autres de premier plan et d'une qualité architecturale remarquable.
  • Le bloc Vergini, Stella et Sanità où il y a encore quelques propriétés de campagne du XVe siècle, mais où l'architecture civile est presque entièrement homogène et date du XVIIIe siècle.  

Ces deux quartiers sont situés sur le flanc de la colline du Vomero, aux extrêmes des quartiers espagnols.

Pontecorvo est considéré comme le quartier des couvents, car, au XVIIIe siècle, il y a de nombreux biens conventuels. Autrefois, cette zone concentrait une forte proportion de prostituées et une populace qui trafiquait de tout. Pontecorvo acquiert de l'importance grâce à l'expansion de la colline au XVIe siècle, à l'instigation de Pierre Alvarez de Tolède, quand, dans un premier temps, les nobles achètent les terres. Cette vague résidentielle est remplacée peu à peu par les conventuels. L'arrivée des ordres aboutit à la transformation des palais Caracciolo, Spinelli, Pontecorvo et Ruggiero en couvents, et à la formation d'une véritable voie sacrée, sur le modèle de la via Santa Maria di Costantinopoli, où il y avait par contre de nombreux immeubles civils.

Le Pizzofalcone (ou Monte Echia) est une colline face à la mer. Sa fondation remonte au VIIe siècle av. J.-C. par les habitants de Cumes. Elle prend de l'importance au XVIe siècle, lorsque les expansions des vice-rois atteignent la région de l'ancien palais du vice-roi. La morphologie du sol fait qu'on y construit, à la moitié du XVIIe siècle, un camp militaire faisant fonction de forteresse pour recevoir les soldats espagnols, libérant ainsi les Quartieri Spagnoli voisins, pour y laisser la place aux ordres religieux.

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La façade de l'église Santa Maria di Costantinopoli

La présence de bâtiments civils y est importante et certains sont transformés en églises et en couvents, comme l'église Santa Maria della Solitaria avec son couvent adjacent, l'église de la Nunziatella, remaniée par Ferdinando Sanfelice, la basilique Santa Maria degli Angeli a Pizzofalcone datant du xviie siècle, du théatin Francesco Grimaldi et enfin l'église Santa Maria Egiziaca a Pizzofalcone avec son couvent. Cette dernière est fondée avant les émeutes de Masaniello et occupe le domaine de la propriété des Toledo. Elle est conçue par Cosimo Fanzago avant le séjour de celui-ci à Rome. En effet, s'inspirant de la conception de l'église parthénopéenne, il participe au concours pour l'église Sainte-Agnès en Agone en influençant Carlo Rainaldi. Néanmoins, le projet de Fanzago pour Santa Maria Egiziaca est poursuivi par Francesco Antonio Picchiatti, Antonio Galluccio et Arcangelo Guglielmelli qui changent une bonne part du plan d'origine.

Chiaia et Posillipo

Au-delà de la Porta di Chiaia, les villages de pêcheurs situés entre le Monte Echia et le Pausilippe se trouvent transformés, grâce aux opérations de la Renaissance et du Baroque, en lieux de loisirs de la noblesse avec la présence de villas et de pavillons, comme le palazzo Caravita di Sirignano, construit au XVIe siècle.

La transformation des villages de marins en zones urbaines n'est pas étrangère aux religieux avec leurs fondations laïques, qui contribuent à la construction d'églises (Santa Maria della Vittoria, Santa Maria in Portico, San Giuseppe a Chiaia, Chiesa dell'Ascensione et Santa Teresa a Chiaia). leur construction est confiée à des architectes aussi importants que Cosimo Fanzago, Arcangelo Guglielmelli, Tommaso Carrere et Nicola Longo. En outre, au XVIIIe siècle, naît à l'initiative d'un marchand pisan le couvent San Francesco degli Scarioni dont la conception est confiée à Giovan Battista Nauclerio.

La construction civile se développe principalement le long de la côte, comme le palazzo Ravaschieri, agrandi au XVIIIe siècle par Ferdinando Sanfelice. D'autres bâtiments sont à noter : le palazzo Ischitella, le palazzo Ruffo della Scaletta, auparavant palazzo Carafa di Belvedere et le palazzo Guevara di Bovino.

Un noyau de bâtiments, plus à l'intérieur, surgit dans l'actuel Rione Amedeo, autour de l'église Santa Teresa a Chiaia, parmi lesquels on peut citer le palazzo Carafa di Roccella et le palazzo d'Avalos del Vasto, tous deux restaurés au XVIIIe siècle.

Au cours des XVIIe et XVIIIe siècle, il y a une expansion significative des villages de Villanova et de Santo Strato, où de nombreuses églises sont agrandies et restaurées.  

Églises 

Les églises du XVIIe siècle, se composent généralement d'un plan en croix latine ou d'une salle centrale sans transept (un type d'architecture utilisée uniquement pour les bâtiments qui n'ont pas assez d'espace à disposition, comme dans le cas de l'église Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco) ou en forme de croix grecque.

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La Chiesa di Santa Teresa degli Scalzi 

Les décorations architecturales-sculptures sont principalement en marbre, leur conception est confiée aux architectes, mais aussi aux marbriers : les décorations du XVIIe siècle sont en marbre débité et assemblé, en opus sectile et en sculpture de marbres polychromes.

Le premier type de décoration est très populaire dans les églises napolitaines, grâce au travail de spécialistes de renom tels que Cosimo Fanzago et Dionisio Lazzari, qui ont produit de précieuses décorations en mosaïque florentine. Ainsi, Lazzari s'est occupé du presbytère de l'église del Purgatorio ad Arco, effectuant une décoration avec une technique brillante, un mélange de revêtements divers : la balustrade est en mosaïque florentine, les murs faits de marbre rouge veiné (qui n'existe plus actuellement, et a été remplacé par des panneaux en plastique) et où les sculptures s'inscrivent bien dans l'appareil architectonique.

L'utilisation de marbres polychromes est particulièrement fréquente dans les églises construites au début du XVIIe siècle et ils sont utilisés dans des décorations issues de thèmes classiques.

Enfin, les décorations en stuc, confiées aux architectes et aux stucateurs, ont été utilisées dans les églises, souvent de petite et moyenne taille.

Les églises du XVIIIe siècle offrent une approche planimétrique plus libre. Ainsi, pour l'église Santa Maria della Concezione a Montecalvario, le plan adopté par Vaccaro est de forme octogonale, avec une croix grecque exprimée dans les axes entrée-abside et transept-transept ; l'octogone allongé apparaît au raccordement des axes, et en même temps, il crée des espaces pour les six chapelles et pour le déambulatoire entre les parties. La partie centrale de l'édifice, destinée à la prière des fidèles, est séparée des chapelles et du déambulatoire grâce à une série de piliers qui soutiennent un système complexe de voûtes, tandis qu'en couverture de la partie centrale se trouve un dôme qui irradie l'édifice de lumière.

D'autres plans pleins de fantaisie trouvent leur application dans la chapelle de la Real Albergo dei Poveri de Naples et la Chiesa di Santa Maria del Ben Morire. 

Cependant, d'autres églises de cette période montrent encore un plan traditionnel (croix latines et grecques), ce choix étant favorisé par une plus grande simplicité de construction et pour réduire le coût et le temps d'exécution.

Au XVIIIe siècle, les décorations en marbre d'autrefois sont remplacées par des stucs, car ils sont plus faciles à réaliser. Parmi les principaux stucateurs des églises napolitaines, on note : Domenico Antonio Vaccaro, Arcangelo Guglielmelli, Giovan Battista Nauclerio, Luca et Bartolomeo Vecchione, Bartolomeo Granucci et Giuseppe Astarita.  

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Le Palazzo Donn'Anna vu de la mer

L'une des églises les plus significatives, montrant une intéressante décoration en stuc, est l'église Sant'Angelo a Nilo. L'intérieur de cette église, fruit du génie d'Arcangelo Guglielmelli, s'inspire de l'architecture classique. Dans de nombreuses autres églises importantes, décorées de stucs, on trouve le travail de Vaccaro, qui a introduit des compositions décoratives tortueuses et adopté la technique des tresses.

Palazzi

Le palazzo de l'époque baroque n'est pas très éloigné de la typologie de la Renaissance dont il reprend la disposition en un arrangement entrée, cour et escalier.

L'un de ces premiers bâtiments construits au XVIIe siècle est le Palais Royal. Le modèle de ce bâtiment est typiquement romain. Ainsi, les escaliers sont encore cachés à l'intérieur de la structure et n'ont pas un accent scénographique. Mais certains bâtiments dans les débuts du XVIIe siècle présentent déjà des escaliers disposés latéralement ou à un extrême de la façade, comme le Palazzo Carafa della Spina, donnant le départ du type d'escalier ouvert en vogue au siècle suivant.

Au XVIIe siècle, le palazzo s'articule souvent sur deux étages nobles, le premier sert d'étage privé au propriétaire, pour des réunions ou autres, tandis que le second sert d'habitation pour toute la famille. Extérieurement, le palazzo montre la splendeur de la famille, qui s'exprime à travers l'application de nombreuses décorations comme des colonnes alvéolées, des lésènes et des sculptures.

Par ailleurs, au XVIIe siècle de nombreux bâtiments déjà existants subissent des modifications et des réarrangements déterminent une stratification architecturale réellement propre, provoquant parfois des alourdissements structuraux néfastes pour les murs existants.  

Vers la fin du XVIIe siècle, la typologie résidentielle change d'approche. Les structures, et en particulier les escaliers, deviennent orientés vers l'entrée.

L'un des plus grands architectes dans le domaine civil est Ferdinando Sanfelice, qui s'est occupé de nouvelles constructions et de rénovations en style baroque. Il construit le célèbre Palazzo dello Spagnolo, tandis que ses travaux de restauration dans le centre historique de Naples sont affectés par la configuration des cours.

Un autre architecte actif dans l'architecture civile est l'omniprésent Domenico Antonio Vaccaro, qui a travaillé dans trois édifices de la ville : le Palazzo di Magnocavallo, le Palazzo Spinelli di Tarsia et enfin le Palazzo dell'Immacolatella. Le premier a été en grande partie restauré par l'architecte pour en faire sa propre habitation. Ses décorations sont pour la plupart en piperno et en stuc. Le deuxième, objet d'un ambitieux projet qui prévoyait la construction d'un immense palais fondée sur la recherche de perspectives scénographiques, il n'en reste que le bâtiment central et une cour rectangulaire de grandes dimensions, nommée grande Tarsia. Le troisième bâtiment, le palazzo dell'Immacolatella, est le seul bâtiment d'intérêt historique et architectural dans la zone portuaire.

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Palazzo Reale

Parmi les autres architectes du XVIIIe siècle, il convient de mentionner Nicola Tagliacozzi Canale. Actif à partir de 1720 jusqu'à sa mort en 1764, son projet civil le plus important est le Palazzo Trabucco, où les décorations tape-à-l'œil au rococo naissant, donnant vie à un exemple précieux de l'architecture du XVIIIe siècle. L'escalier ouvert dans la cour est particulièrement remarquable.

Les autres expressions architecturales du XVIIIe siècle à Naples se trouvent dans les palazzi de la noblesse, qui présentet les différents changements de styles qui caractérisent l'époque baroque. Certains de ces bâtiments ont souffert des restaurations qui ont eu lieu après la Seconde Guerre mondiale.

Au cours du XVIIIee siècle, avec l'avènement des Bourbons, et surtout de Charles VII sur le trône du royaume de Naples, la capitale voit confluer des architectes dont la formation n'est pas locale, comme le susmentionné Ferdinando Fuga, le vieil Antonio Canevari et Giovanni Antonio Medrano, le plus jeune de la cohorte d'architectes nommés par le roi. Ils sont chargés de la conception du Palais de Capodimonte, magnifique résidence baroque, située à l'époque à la périphérie de la ville.

Dans le même temps, Ferdinando Fuga conçoit le Real Albergo dei Poveri de Naples, aussi appelé le Palais des pauvres car il doit accueillir les pauvres du royaume. Le projet initial, resté inachevé, est l'une des plus grandes œuvres architecturales de l'Europe du XVIIIe siècle : une façade longue de 354 mètres, rythmée par une longue suite de fenêtres, tandis que la partie centrale est ouverte par un portique avec des portes d'entrée de style Michel-Ange, l'accès à ce portique étant servi par un escalier à rampe double qui donne au palais un élan vertical.

Toutefois, la réalisation la plus importante dans ce domaine a été le Palais de Caserte, commencé par Luigi Vanvitelli et terminé par son fils Carlo. Le bâtiment, dans lequel on peut reconnaître également des tendances classiques, exprime avec ambiguïté un style architectural qui réunit les perspectives scénographiques baroque, avec des touches de monumentalité et un équilibre de la décoration et des proportions qui annonce un néoclassicisme naissant.

Éléments architecturaux civils et sacrés
 
Dans le baroque napolitain, les principaux éléments architecturaux sont l'escalier, la cour et le portail qui constituent généralement des invariants dans l'articulation des bâtiments.

Le portail, le plus souvent en piperno et parfois accompagné de colorations en marbre qui créent un effet de clair-obscur, joue un rôle important dans l'architecture napolitaine du XVIIe siècle. En effet, l'étroitesse des rues du tissu gréco-romain et du quartier Borgo dei Vergini, déterminées respectivement par le plan hippodaméen adapté sur un terrain en pente vers la mer et la nécessité de suivre les contours des cours d'eau torrentiels générés par les pluies, impose la nécessité de concentrer sur le portail toute la théâtralité et l'intensité dramatique du style baroque. Ceci favorise la vue en perspective de l'édifice, car l'attention de l'observateur est dirigée vers la composition des masses constituant le portail. Un exemple en est le portail du Palazzo di Sangro, conçu par Bartolomeo Picchiatti et réalisé par Giuliano Finelli, dans lequel s'exprime le contraste des blocs en piperno et en marbre qui accompagne les colonnes cloisonnées composées de blocs qui encadrent l'entrée. L'attention se tourne vers cet élément qui, en un sens, rejette dans l'ombre le reste de la façade Renaissance.

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Portail du Palazzo di Sangro

Au XVIIe siècle, Cosimo Fanzago conçoit également d'imposants portails baroques, le plus important est celui du Palazzo Carafa di Maddaloni, où l'arche centrale est entourée d'une composition de lésènes toscans reposant sur un socle rehaussé de pierres de taille, qui se termine sur une décoration en marbre avec des tasses, alors que des volutes de raccordement sont présentes sur les côtés.

Au XVIIIe siècle, la construction de portails fastueux atteint son apogée.  

La cour du baroque n'est rien de plus que l'évolution de la cour en piperno du XVe et du XVIe siècle. Souvent, elle consiste en une adaptation plano-volumétrique d'une cour préexistante.

L'étroitesse des rues, dont il est question plus haut, a grandement influencé l'articulation de ces espaces. En fait, les architectes responsables de la conception des cours ont été confrontés à la nécessité de concilier les dimensions restreintes des lieux à l'exigence de réaliser des structures scénographiques pour ce qui était censé représenter, en un sens, la place centrale du palais.

Les éléments qui composent la structure de la cour sont la loggia (rare à Naples), le portique en piperno, l'escalier ouvert et d'autres éléments structuraux et décoratifs pour renforcer et d'élargir la vision de l'espace. Remarquable est la loggia du Palazzo Carafa di Maddaloni, où Cosme Fanzago créé une merveilleuse solution architecturale basée sur le point de fuite généré par la présence même de la loggia.

D'un point de vue géométrique, les cours ont des formes diverses. Par exemple, celle du Palazzo Spinelli di Laurino se caractérise par un plan ovale avec des décorations en piperno et des sculptures. Celle du Palazzo Caracciolo di Avellino, construit à la Renaissance, a une conformation structurelle différente. Dans ce cas, la cour assure une fonction urbanistique, car elle se constitue réellement comme une place (une sorte de cour d'honneur) entre la rue et l'immeuble lui-même.

Par contre, d'un point de vue fonctionnel, les cours ont aussi pour rôle de regrouper les différentes parties du bâtiment, en les reliant les uns aux autres, comme dans l'hôpital des Incurables, où elle donne sur la pharmacie, l'hôpital et les bureaux du personnel.

L'escalier est un élément très important du palazzo napolitain, tant à la Renaissance qu'au baroque. L'escalier baroque s'inscrit dans la cour en devenant le point de fuite scénographique de la vue d'ensemble du bâtiment.

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Une cour intérieure

Au XVIe siècle, l'escalier est encore lié à une fonction essentiellement utile à la structure, celle décorative et symbolique apparaît la plupart du temps dans les parvis des églises, lorsque l'escalier souligne la différence entre le sacré et le profane, la sagesse et l'ignorance, la richesse et la pauvreté. Ce n'est qu'au XVIIe siècle que se développe le modèle baroque de l'escalier ouvert, qui se superpose, dans la plupart des cas, aux structures existantes.

Le plus grand concepteur d'escaliers ouverts est le noble Ferdinando Sanfelice, crée de véritables décors de théâtre, où émerge un réseau dense structurel constitué des voûtes qui rejettent leur poids sur les piliers. De Sanfelice, sont célèbres les escaliers ouverts du Palazzo dello Spagnolo et du Palazzo Sanfelice. Une attention particulière doit aussi se porter sur ses escaliers fermés, caractérisés par les reliefs apparents des voûtes, comme au Palazzo di Majo.

Le principe de l'escalier ouvert à la Sanfelice a également été repris par des architectes postérieurs, jusqu'au XIXe siècle. Néanmoins, ce n'était pas la seule solution adoptée, puisque vers le milieu du XVIIIe siècle, se sont développés des escaliers à loggia, comme au Palazzo Acquaviva d'Atri.

Dans l'architecture sacrée, les éléments permettant d'appréhender au mieux le baroque napolitain sont : le parvis surhaussé, référence symbolique à la hauteur du divin, les façades spectaculaires, le portail, le plan et le dôme.

De nombreux édifices religieux sont précédés d'un escalier-parvis, une solution due aux aspects symboliques et techniques. Du point de vue symbolique, il représente la séparation entre le monde extérieur laïque et profane avec le monde spirituel et sacré de l'église et du couvent. L'aspect technique fait de l'escalier l'élément avec lequel il est possible de gravir la pente naturelle du sol de la ville. En fait, en raison de la morphologie escarpée de Naples, les églises ont été construites sur de vrais travaux de terrassement, et reliées au niveau inférieur par l'intermédiaire d'une série d'escaliers. En même temps, les escaliers peuvent servir à donner davantage d'élan à la structure, en soulignant aussi bien la valeur architecturale que la symbolique.

Un exemple est le parvis de l'église Santa Maria ad Ogni Bene dei Sette Dolori : le bâtiment, sis sur les pentes du Vomero, présente divers niveaux de hauteur, en particulier dans l'ancien couvent situé le long de la via Santa Lucia al Monte et le parvis de l'église donnant dans le carrefour de trois rues (via Girardi, via Scura et via Santa Lucia al Monte).

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Escalier ouvert du Palazzo Trabucco 

La façade est une sorte de machine de fête extérieure des ordres religieux. Les cas les plus représentatifs d'innovation et d'ancrage dans l'histoire sont offerts par la façade de l'église des Girolamini (des Oratoriens) et celui de l'église San Giorgio Maggiore. 

La façade de l'église San Giorgio Maggiore, cependant, a été détruite après l'expansion de la via Duomo en 1860. Elle est le fruit des démolitions qui ont eu lieu lors des travaux de Fanzago au cours du chantier de reconstruction du bâtiment. L'entrée était enserrée dans un corps de logement et, pour profiter de l'espace du parvis, les maisons existantes ont été démolies créant un élargissement capable de rendre visible la façade.

Les façades de l'époque baroque offrent de toute façon un important répertoire de compositions, favorisées par la présence remarquable dans la ville d'ordres et de congrégations divers. La double façade est fort récurrente, une figure de style qui cache derrière une devanture la vue d'une autre façade. Des exemples en sont la serlienne créée par Cosimo Fanzago pour la chartreuse San Martino et l'église San Giuseppe dei Ruffi. Concernant les ensembles conventuels, les façades les plus monumentales sont très simples, mais ont une richesse décorative, comme dans le cas de l'église San Ferdinando (ancienne église jésuite Saint-François-Xavier), la basilique San Paolo Maggiore, les Girolamini, San Lorenzo Maggiore et la Chiesa di Santa Maria Donnaregina Nuova. L'église du Gesù Nuovo est un cas particulier car la décoration en marbre des fenêtres baroques s’insère dans la façade Renaissance. La façade à portique est déjà utilisée à la fin du XVIe siècle dans la devanture de l'église San Gregorio Armeno, tandis que sont construits au début du XVIIe siècle le portique de l'église Santa Maria della Sapienza, de l'église Santa Maria della Stella, du Pio Monte della Misericordia et de l'église San Giovanni Battista delle Monache.

Les décorations récurrentes sont les chromatismes en piperno et en marbre qui donnent un effet théâtral sublime, où on retrouve très souvent un fort symbolisme, comme pour l'église Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco, dont la façade a été construite en deux phases : la première vers la moitié du XVIIe siècle par Lazzari, tandis qu'un siècle plus tard, la deuxième est plus austère. Les motifs qui se répètent sur la devanture sont de caractère mortuaire (crânes, os). Des cas similaires à celui-ci sont la Chiesa di Santa Maria Vertecoeli, dont la façade en stuc conçue par Bartolomeo Granucci, est caractérisée par la présence de ces symboles mortuaires.

Après les tremblements de terre de 1688 et 1693, de nombreuses façades sont presque complètement refaites. Un exemple frappant est l'église Santa Teresa a Chiaia, dont la façade de marbre et piperno datant du milieu du XVIIe siècle a été entièrement reconstruite avec les décorations que l'on peut voir actuellement.

Au XVIIIe siècle, on assiste une évolution progressive de formes plutôt exubérantes à un style plus austère, caractérisé par une utilisation régulière des ordres architecturaux. Avec l'avènement du style rococo, on applique sur les façades des décorations modelées en stuc et, contrairement au XVIIe siècle, des fenêtres caractérisées par des formes plus sinusoïdales.

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Le parvis de l'église de la Santissima Trinità alla Cesarea

Le portail, même quand il se confond avec les bâtiments existants, apparaît comme une partie organique de l'église et du couvent parce que, du point de vue de l'architecture, de même que dans l'architecture civile, il donne de l'importance et de la monumentalité à la façade, étant donné la présence de rues et de ruelles de dimensions étroites.

La majeure partie des portails napolitains est en piperno, piperno parfois en stuc et en marbre dans les bâtiments les plus importants. Cependant, beaucoup sont cachés derrière des façades doubles.

Le portail du XVIIe siècle est assez simple, il est presque toujours formée d'un encadrement en piperno avec des rampants et un entablement qui se termine avec ou sans tympan (en fonction de la taille de l'immeuble et du style du portail lui-même). La conclusion avec un tympan permet plusieurs options de clôture : la classique est le tympan triangulaire ou en arc, mais il y a aussi des tympans brisés à la sixième sur les côtés et des portails entourés par un système de lésènes qui confèrent une plus grande monumentalité à l'ensemble.

Lors des restaurations de la fin du XVIIIe siècle est apparue l'exigence de décorer les portails et les structures avec du stuc qui accentue la décoration plastique de la devanture, comme dans l'église Santa Teresa a Chiaia, en supprimant en même temps tous les chromatismes du piperno.

Au XVIIIe siècle, les portails contiennent des motifs plus légers avec la présence de boucles, cimaises et autres décorations provenant de la fusion de l'architecture napolitaine avec les goûts rococo. De ce point de vue, les portails des églises de la Nunziatella et de San Nicola dei Caserti sont exemplaires : leurs tympans, presque semblables dans la forme, présentent une composition formée de lignes sinueuses qui se terminent par des volutes enroulées, avec une niche centrale en piperno ou en marbre décoré.

En outre, les décorations, dans leur ensemble, des façades déterminent la construction de portails avec des profils très particuliers et complexes, comme celui de l'église Santa Maria della Concezione a Montecalvario, tandis que d'autres comportent une simple décoration rococo.

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Eglise des Girolamini

La période baroque est une période très importante pour le développement du plan centré en Italie et en premier lieu à Naples, où les intérieurs deviennent l'expression la plus vivante du baroque napolitain.

Les trois premières décennies du XVIIe siècle se caractérisent par une expérimentation intense et constante de la conformation des espaces sacrés. Giuseppe Nuvolo est l'un des principaux architectes qui s'est consacré à la recherche constante de solutions neuves et originales. On lui doit la basilique Santa Maria della Sanità et son couvent annexe, dont il reste aujourd'hui le cloître ovale (gâché par le Ponte della Sanità). Dans la conception de l'église, il a dû tenir compte, non sans difficulté, des structures existantes, adoptant un chœur surélevé pour permettre l'entrée des catacombes de la basilique paléochrétienne. L'histoire lui attribue aussi une participation à la construction de la Chiesa di San Sebastiano, caractérisée par un plan ovale. Cet édifice a été démoli dans les années 1950, car jugé dangereux.

D'autres plans mélangés apparaissent dans l'église Santa Maria Maggiore alla Pietrasanta édifiée à la fin du XVIIe siècle par Cosimo Fanzago (qui met l'accent sur l'espace créé par le jeu des voûtes sphériques et des dômes), dans le Complesso del Carminiello al Mercato et dans l'église du Complesso della Santissima Trinità delle Monache). 

En ce qui concerne le plan elliptique et le plan ovale, les premières expériences effectuées à Naples datent du plan du frère Nuvolo pour le cloître, déjà mentionné, de la basilique Santa Maria della Sanità (autour d'un ovale polycentrique) et pour l'église San Carlo all'Arena.

A Cosimo Fanzago, on doit la conception originale de l'église San Sebastiano déjà citée. Celui-ci, cependant, est évincé à cause d'un chantier au point mort et des difficultés techniques que la construction rencontre (les ingénieurs Domenico Stigliola et Francesco Antonio Pepe l'accusent d'avoir conçu une église impossible à réaliser), et la direction de la construction est attribuée au frère Nuvolo. La conception originale de Fanzago présentait des problèmes à la couverture et à la coupole. Son plan était ovale et avait la particularité de mettre en évidence le chœur des religieuses, situé sur l'atrium d'entrée. Cependant, les hauts et les bas du chantier ont conduit à la création d'un dôme supporté par un tambour, probablement non prévu initialement. D'autres architectes se sont relayés à la réalisation de San Sebastiano et ont terminé les travaux dans les années 1670. En tout cas, après les tremblements de terre qui ont eu lieu au XVIIe siècle, le dôme de Saint-Sébastien, gravement endommagé, est allégé en lui enlevant huit colonnes et huit piliers, et l'on procède à la rénovation de la coupole.  

Entre la seconde moitié du XVIIe siècle et le XVIIIe siècle se développent les plans octogonaux et en forme de lys. Un excellent exemple de schéma de type octogonal est l'église Santa Maria Egiziaca a Pizzofalcone, créée par Cosimo Fanzago juste avant son séjour à Rome et mis en pratique dans les années 1660. Il s'agit d'un modèle très cher à Fanzago, qui a conçu de nombreuses églises se référant à ses plans octogonaux. Les plans en lys sont l'évolution des schémas octogonaux. Un exemple important de ce type se voit dans l'église Santa Maria della Concezione a Montecalvario de Domenico Antonio Vaccaro. Ici, les petites chapelles, dans les coins, sont établies en anneau, tandis que les transepts servent de chapelles principales. Sur ce modèle, l'on distingue l'infrastructure de l'église Santi Giovanni e Teresa, attribuée par certains à Domenico Antonio Vaccaro, à Angelo Carasale par d'autres.

À Naples, la coupole date du XVIe siècle, mais au XVIIe et au XVIIIe siècle, on en a conçu en grand nombre, de toutes formes et couleurs. La coupole napolitaine est sous l'influence évidente des coupoles romaines, mais il convient de noter, que celles de Naples sont de structure assez simples et ponctuées de petits tambours polygonaux et de lanternes extravagantes. Ils sont généralement recouverts avec du plomb, des tuiles, de l'asphalte bitumineux et de la peinture argentée.

Les coupoles les plus importantes datent du milieu du XVIIe siècle, entre 1630 et 1660. Durant cette période, la personnalité la plus en vue est Cosimo Fanzago, toujours lui. Il a réalisé quelques-unes des plus belles coupoles, telles que celles de l'église San Ferdinando, de l'église Santa Maria in Portico, de l'église Santa Maria Maggiore alla Pietrasanta et d'autres encore. D'autres protagonistes des coupoles baroques sont Pietro de Marino, Pietro d'Apuzzo, Francesco Antonio Picchiatti et Dionisio Lazzari.

Dans la seconde moitié du siècle, d'autres architectes et ingénieurs ont participé à des projets de dômes gigantesques et parmi eux, Arcangelo Guglielmelli et Giovan Battista Nauclerio. Au premier est due la coupole de l'église Santa Maria del Rosario alle Pigne, avec une structure entièrement en tuf et pas en lapilli, de manière à rendre la structure plus légère.

Au XVIIIe siècle, les coupoles prennent une forme plus libre.  

D'après Wikipédia