La villa Noailles, dont le noyau initial est construit de 1923 à 1925 à Hyères, dans le département du Var, est l'œuvre de l'architecte Robert Mallet-Stevens, avec la collaboration de l'architecte local Léon David, notamment pour les extensions et annexes réalisées jusqu'en 1933.

Commandée dans les Années folles par Charles, vicomte de Noailles et sa femme Marie-Laure, mécènes et amis des grands noms de l'art moderne, la villa est l'une des premières constructions françaises du style moderne.

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Elle est représentative de l'application des préceptes et des principes du mouvement rationaliste, par sa recherche d'une luminosité maximale, de la fonctionnalité de l'habitation et de son économie décorative mais aussi par une épuration des éléments décoratifs en privilégiant les toits, les terrasses et la lumière.

L'architecte Robert Mallet-Stevens est chargé de la construction, après que le couple a essuyé un refus de Ludwig Mies van der Rohe et des désaccords avec Le Corbusier.

Dans sa correspondance avec l'architecte, Charles de Noailles précise : « Je ne pourrais jamais supporter quoi que ce soit dans cette maison ayant un but seulement architectural et je cherche une maison infiniment pratique et simple, où chaque chose serait combinée du seul point de vue de l'utilité » (1924), « Je veux le soleil le matin dans les chambres à coucher et le soleil de l'après-midi dans le salon, parce que c’est pour avoir le soleil que j'irai dans cette maison » (1925)2.

Sur les conseils de l'architecte, sa construction comme sa décoration font appel sur plusieurs années à certains des artistes les plus renommés de l'époque, adeptes notamment de la tendance du mobilier intégré à l'architecture et transformable remarquée au Salon des artistes décorateurs de 1924, et des sièges en tube chromé et toile, fauteuils en caoutchouc, table en tôle laquée montée sur roulettes ou pliable, lampes métalliques articulées, placards muraux, ferronneries escamotables, etc. et de nombreuses œuvres d'art.

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Elle compte quinze chambres de 15 m², comportant chacune une salle de bain, un dressing, le chauffage central et le téléphone. Les vitres coulissantes glissent dans les murs. Il y avait autrefois des stores en châtaignier peints à la main, en vert amande.

La villa est ensuite successivement agrandie jusqu'en 1933, pour atteindre 2 000 m2 (contre 500 en 1925) et 60 pièces avec piscine, squash et gymnase privés. Surmontée, comme l'atelier, d'une verrière formant une composition néo-plastique de poutres et de panneaux aux plans décalés, c'est le premier exemple d'une piscine privée couverte en France. Environ la moitié des espaces affectés au service et au logement des domestiques semblent avoir été conçus principalement par l'architecte local Léon David, qui succédera comme maître d'œuvre à Mallet-Stevens.

Sur la colline du vieux château dominant la ville d'Hyères, la villa comporte également un grand jardin méditerranéen planté par le vicomte de Noailles, complété en 1925 par un jardin cubiste de Gabriel Guevrekian. Ce jardin cubiste, appelé aussi le jardin triangulaire était orné d'une sculpture en bronze de Jacques Lipchitz, aujourd'hui conservée au Musée d'Israël à Jérusalem.

La villa Noailles devient le rendez-vous de l'avant-garde artistique : Giacometti, Cocteau, Picasso, Dalí, Buñuel et Man Ray qui y tourne en 1928 son premier film surréaliste Les Mystères du Château de Dé.

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Vendue à la municipalité en 1973, la villa, inscrite en 1975 et 1987 aux monuments historiques, après une longue période d'abandon et de détérioration, a été restaurée en plusieurs étapes par les architectes Cécile Briolle, Claude Marro et Jacques Repiquet, pour devenir un centre d'art et d'architecture en 1996 (expositions temporaires d'art contemporain : arts plastiques, architecture, design, photo ou mode). Elle est ouverte au public depuis 1989.

La Villa Noailles est le seul centre d'art en France qui construit sa programmation autour de l'architecture (exposition en février), la mode et la photographie (Festival international de mode et de photographie), et le design (Design-Parade à Hyères et Toulon). Son originalité, la qualité de sa programmation et son rayonnement local, national et international lui ont valu le label "Centre d'art d'intérêt national".

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D'après Wikipédia