Le théâtre antique d'Orange, construit sous le règne d'Auguste au Ier siècle av. J.-C. par les vétérans de la IIe légion de Jules César, est un des théâtres romains les mieux conservés au monde. Il dispose encore d'un impressionnant mur extérieur avec l'élévation d'origine (103 m de large pour 37 m de haut).

Le mur extérieur ou postcænum est très long de 103 m et haut de 37 m. « C'est la plus belle muraille de mon royaume », dit Louis XIV lors d'une visite. À l'origine il était précédé d'un portique, dont il subsiste une arche du côté ouest. D'un aspect très sobre, en grand appareil de pierre, la façade est divisée en trois niveaux. Au rez-de-chaussée, trois portes rectangulaires - la « porte royale » au centre, les deux « portes des hôtes » sur les côtés - sont séparées par une série d'arcades.

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La cavea pouvait contenir quelque 9 000 spectateurs répartis selon leur rang social. Elle se divise en trois zones (mæniana), étagées en 34 gradins et séparées par des murs. En contrebas, l'orchestra formant un demi-cercle est séparée des gradins par un parapet. Le premier mænianum, appelé ima cavea, se compose de vingt gradins, dont les trois premiers étaient réservés aux chevaliers. La deuxième zone (media cavea) se compose de neuf gradins accueillant des marchands, des citoyens romains, tandis que la troisième partie (la plus haute, appelée summa cavea) se compose de cinq gradins accueillant seulement les prostituées, les esclaves et les personnes ne détenant pas la nationalité romaine. De grandes salles superposées servaient à l'accueil du public et abritaient les coulisses.

La scène, faite d'un plancher de bois sous lequel était logée la machinerie, mesure 61 m de longueur pour 9 m de profondeur utile : elle dominait l'orchestra d'environ 1,10 m, soutenue par un mur bas, le pulpitum. En arrière se trouve la fosse du rideau (qu'on abaissait pendant les représentations). Le mur de scène (frons scænæ) était jadis décoré de statues, frises et colonnes de marbre, dont subsistent quelques vestiges. Ce mur est percé de trois portes : la porte royale au centre et les deux portes latérales (entrée des acteurs secondaires). Au-dessus de la porte royale se trouve une frise de centaures haute de 0,70 m. La niche du mur de scène abrite une statue colossale, de 3,50 m de haut, dont la tête n'est pas d'origine. Elle est considérée comme une statue de l'empereur Auguste. Elle serait datée du IIe siècle apr. J.-C. 

Historique

Conquise aux Gaulois de la tribu tricastini en 40 av. J.-C. par les vétérans de la IIe légion gallique de César, Orange est une colonie romaine nommée Arausio. Elle connaît un grand essor sous le règne de l'empereur Auguste, durant lequel est érigé le théâtre.

Le bâtiment est fermé en 391. Il est préservé de la destruction par sa réutilisation à d'autres fins au Moyen Âge. Les princes d'Orange font du bâtiment de scène un poste avancé de leur château sur la colline Saint-Eutrope. Le théâtre devient au XVIe siècle le refuge de populations lors des guerres de religion : il est alors envahi par des îlots d'habitation.

L'idée de dégager le bâtiment de ces habitations germe au début du XIXe siècle. Le théâtre, où l'on dénombre 91 maisons en 1814, retrouve peu à peu son éclat grâce à un premier programme d'intervention lancé vers 1823.  

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À l'occasion d'une tournée dans le midi de la France, Prosper Mérimée, directeur des Monuments historiques, écrit : « Depuis peu d'années on a débarrassé l'intérieur du théâtre de la plupart des ignobles maisons qui l'encombraient. Mais en détruisant ces masures, on s'est aperçu de dégradations effrayantes qu'on n'avait pas soupçonnées. » Il ajoute : « Si l'on ne s'empresse d'y faire de grandes réparations, la France ne possèdera pas longtemps encore ce monument presque unique dans son espèce. »

Les travaux continuent au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. En 1892, on reconstruit les gradins en se basant sur la reconstitution qu'en avait faite Augustin Caristie. De 1929 à 1931, des fouilles du pulpitum, où sont découverts de nombreux éléments, accroissent les connaissances sur le mur de scène. En 1926, on remonte quelques colonnes et éléments d'entablement, puis, en 1930, sont reconstruits les escaliers qui flanquent la cavea.

En 2006, un toit de scène a été ajouté, afin de protéger les murs et de permettre l'accrochage des éclairages. Le nouveau toit reprend l'emplacement du toit romain, mais avec des matériaux modernes : verre et métal.

Depuis 2018, le Théâtre propose aux visiteur une visite virtuelle : un dispositif en réalité virtuelle permet de s’immerger dans une reconstitution numérique du monument tel qu’il devait être en 36 av. J.-C. au moment de la fondation de la ville d’Arausio par les Romains. Un film immersif projeté sur l’écran d’un casque de réalité virtuelle est proposé sur place.

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Un festival s’y déroule chaque été depuis 1869, appelé Fêtes romaines, puis Chorégies d’Orange à partir de 1902, puis les Nouvelles Chorégies depuis 1971 (avec, par exemple, Barbara Hendricks, Plácido Domingo, Montserrat Caballé, Roberto Alagna, René Pape et Inva Mula). Chaque hiver depuis 1891 est célébrée une « fête » pour les amateurs d'art antique.

D'après Wikipédia