La cathédrale de la Résurrection Saint-Corbinien est une cathédrale diocésaine de confession catholique, dédiée à l'évêque Corbinien de Freising, né au VIIe siècle à Arpajon dans l'actuel diocèse d'Évry. Si l'on excepte la cathédrale Notre-Dame-de-la-Treille de Lille, achevée en 1999 mais entamée en 1854, et celles de Saint-Étienne et de Créteil, construites au XXe siècle en tant qu'églises et élevées ensuite seulement au rang de cathédrale, la cathédrale d'Évry est la seule construite en France métropolitaine au XXe siècle.

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Comme autrefois, la cathédrale est construite au cœur du centre-ville à proximité directe de l'hôtel de ville, de l'hôtel de la chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne, non loin de l'université d'Évry-Val-d'Essonne, de la gare d'Évry-Courcouronnes et du centre commercial Évry. Elle est complétée par la maison diocésaine et le monastère de la Croix et de la Miséricorde des dominicains. Un espace fermé attenant à la cathédrale constitue le « clos cathédrale », composé de cent logements, six mille cinq cents mètres carrés de bureaux et mille neuf cents mètres carrés de commerces. Au centre se trouve le square Jean-Paul-II.

Le diocèse de Corbeil-Essonnes est érigé le 9 octobre 1966, il dispose alors de la co-cathédrale Saint-Spire à Corbeil-Essonnes, l'évêché étant situé à quelques kilomètres de là, à Saint-Germain-lès-Corbeil dans une ancienne école primaire.

Dès 1988, l'évêque Guy Herbulot envisage la construction d'une cathédrale en centre-ville, de premières esquisses sont présentées. En 1989, pour recentrer les services diocésains près du centre administratif du département dont la préfecture est située à Évry, le diocèse prend l'appellation de Évry-Corbeil-Essonnes. La présentation du projet intervient le 3 mai 1990 au Vatican et la première pierre est bénie et posée lors des fêtes de Pâques 1991 en présence du nonce apostolique mais le chantier ne commence effectivement qu'en juillet 1992. Les fondations sont achevées en novembre, l'ossature composée de deux cylindres en béton est terminée en mai 1993 et le 2 octobre 1993 les cloches sont baptisées, et posées en 1994 en même temps que les vingt-quatre tilleuls au mois d'octobre. La cathédrale est ouverte au culte dès le Mardi Saint 11 avril 1995 à l'occasion de la messe chrismale, la première messe dominicale est célébrée le jour de Pâques, 16 avril. Elle n'est officiellement inaugurée que l'année suivante. La dédicace intervient le 8 mai 1997 suivie par la visite du pape Jean-Paul II le 22 août 1997. Depuis 2006, la Schola Cantorum réunit l'organiste et seize choristes.  

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L'architecte, Mario Botta, explique avoir été inspiré par les constructions byzantines et romanes d'Italie du Nord pour la sobriété des formes et l'utilisation de matériaux bruts utilisées. Cette inspiration byzantine se retrouve dans la forme choisie, le cercle, fortement symbolique, car étant la première forme des habitations humaines, la forme spontanée de regroupement des assemblées et le symbole de la perfection divine, l'architecte reprenant les propos de saint Augustin : « Dieu est semblable à un cercle dont la circonférence est partout et le centre nulle part ». Autre symbole, habituel de Mario Botta et magnifié ici, l'utilisation de la brique de Toulouse pour la communion des quatre éléments (faite de terre et d'eau, séchée à l'air et cuite au feu).

Le bâtiment adopte un plan cylindrique d'un diamètre de trente-huit mètres, son point culminant orienté au nord-ouest atteignant trente-quatre mètres. La forme cylindrique empêchant la mise en place d'une véritable façade, l'architecte décide de couper le cylindre en biseau, la pente orientée vers le sud-est, plaçant le point bas du toit à dix-sept mètres du sol. Ce toit est percé de deux larges verrières en escalier et en arc de cercle apportant une lumière zénithale, au centre desquels se trouve une charpente métallique en triangle reposant sur trois corbeaux. Le toit est sommé par une couronne de béton, éclairée d'or la nuit et surmonté par vingt-quatre tilleuls argentés, symbole de vie, de résurrection, des vingt-quatre heures du jour, des douze apôtres additionné des douze tribus d'Israël. Au nord-ouest, au-dessus d'une excroissance renfermant un escalier, se trouve un campanile soutenant cinq cloches et une croix métallique. Trois portails permettent d'accéder à la cathédrale, le traditionnel au sud-est, le portail de cérémonie à l'ouest, surmonté d'un pont pour l'accès au musée, et le portail de l'est, les deux derniers donnant de plain-pied dans la nef.

La nef occupe un cylindre de vingt-neuf mètres de diamètre, son sol placé en contrebas de l'entrée principale, est couvert de granit noir. L'accès au chœur, large de quinze mètres et derrière lequel se trouve un vitrail symbolisant un arbre, se fait par un déambulatoire avec des marches « au pas de l'âne », larges et peu élevées, éclairé lui par douze vitraux œuvres de Kim En Joong de douze couleurs, du gris au blanc, symbolisant les douze apôtres et la progression des ténèbres vers la lumière. Au-dessus de ce chœur, une volute accueille le musée Paul-Delouvrier et le Centre d'art sacré. Au centre du chœur, l'autel est en marbre blanc de Carrare, son pied descend jusqu'au centre de la crypte où sont disposées vingt-quatre tombeaux pour les évêques du diocèse. Dans celle-ci ont été exposées jusqu'en décembre 2018 deux toiles grand format de Vasarely représentant le Christ et Saint Pierre. À gauche du chœur le baptistère cylindrique, lui aussi en marbre blanc, permet les baptêmes par immersion. La cathèdre de l'évêque à droite est mise en valeur par une disposition particulière des briques.

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Au fond de la nef, sous l'entrée principale au sud-est se trouve la chapelle de Jour, aussi appelée chapelle du Saint-Sacrement, de forme octogonale, symbolisant les sept jours de la création d'après la Bible plus un huitième jour, celui de la re-création ou Résurrection. Elle est éclairée par un puits de lumière au levant derrière l'autel. Le sol est couvert de dalles de granit noir polies et brutes dessinant un labyrinthe rappelant celui de la cathédrale Notre-Dame de Chartres. La chapelle est meublée d'un autel et de sièges en chêne, elle est décorée par trois sculptures de Gérard Garouste, une Vierge à l'Enfant en fer forgé, un tabernacle et une Croix figurée par un cep de vigne avec l'inscription gravée « Je suis l'alpha et l'omega », soit je suis le commencement et la fin.

Le mobilier de la cathédrale a lui aussi été conçu par l'architecte Mario Botta et réalisé en chêne de Bourgogne. La nef est décorée de diverses œuvres, au centre, dominant l'autel, une croix en tau d'acier noirci reçoit un Christ d'un mètre soixante-dix en bois sculpté au début du XXe siècle en Tanzanie et ramené par un missionnaire, à gauche, une Vierge Marie du XVIe siècle d'un mètre vingt provenant de Chaource domine le baptistère, à droite, la statue de Saint-Corbinien en bronze, œuvre de France et Hugues Siptrott. Elle est complétée par sept tapisseries racontant sa vie, du début à Saint-Germain-de-Châtre, son ermitage, son sacre comme évêque par le pape Grégoire II, la protection du vin, le dressage de l'ours, le retour de sa mule volée et sa mort. Le tabernacle créé par Louis Cane représente quant à lui les symboles de la chrétienté, la colombe, le raisin, le pain et le poisson.

L'édifice ainsi réalisé permet la participation de mille quatre cent fidèles, avec huit cent places assises.

La principale polémique autour de cette nouvelle cathédrale a eu pour thème l'intérêt même de sa construction. Alors qu'une déchristianisation semble en marche à la fin du XXe siècle, il paraissait incongru de bâtir une cathédrale imposante. S'ajoute le style choisi par l'architecte Mario Botta, loin des canons classiques des cathédrales, un cercle, à l'opposé du traditionnel plan en croix.

Autre sujet de discorde, le financement de la construction d'un tel édifice, évalué à quatre-vingt-dix millions de francs, que la rumeur attribue à l'État. Le ministère de la Culture finance effectivement à hauteur de treize millions de francs la construction d'un centre d'art inclus dans le bâtiment divisé aujourd'hui en deux parties : le musée Paul-Delouvrier et le Centre National d'Art Sacré, mais le reste est réparti entre les fonds de l'Œuvre des Chantiers du Cardinal, de l'archidiocèse de Munich et Freising jumelé à hauteur de cinq millions de francs chacun, du mécénat d'entreprises et grâce à un appel au don auprès des fidèles dont quatre cent mille ont participé, la cathédrale étant ainsi entièrement financée à l'issue de sa construction.

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La construction simultanée de la mosquée d'Évry-Courcouronnes alimente la croyance d'une défiance entre les deux principales religions, contrecarrée aujourd'hui par la construction de la Pagode Khánh-Anh.

Enfin, à l'initiative du journaliste Dominique Setzepfandt, une interrogation naît de la ressemblance du monument avec un temple maçonnique par sa forme en colonne tronquée et la présence d'un triangle pour le toit rappelant l'équerre maçonnique, ces deux symboles étant justifiés par l'architecte comme la volonté de donner un mouvement à l'édifice et le symbolisme de la Sainte-Trinité.

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D'après Wikipédia