Un promoteur immobilier a un rêve un peu fou, trop fou sans doute : construire, en Turquie, une cité idéale, digne des contes de Walt Disney. 732 villas aux allures de « châteaux européens », selon les mots de l’architecte, conseil du projet ; avec, bien sûr, un centre commercial censé combler les désirs consuméristes des investisseurs étrangers, à qui le projet est destiné. Mais rattrapé par la réalité, le rêve « Burj Al Babas » s’est vite transformé en cauchemar…

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Tout près de Mudurnu, non loin des rives de la mer Noire, s’étend désormais une ville fantôme, devenue le symbole de la crise économique. Les villas tout juste sorties de terre s’étendent à perte de vue, comme si elles avaient été dupliquées à l’infini. Du haut de leurs donjons n’apparaissent nuls princes et princesses, mais seulement des câbles électriques nus et les vestiges d’un chantier aujourd’hui au point mort. Reste ce paysage insolite, un bataillon de châteaux au garde-à-vous, qui fait aujourd’hui le bonheur des photographes…  

Le projet est lancé en 2014 par Sarot, un groupe de construction turc engagé dans plusieurs programmes immobiliers importants dans la région. Mais il a essuyé des revers financiers au point que Sarot a, comme des centaines d’autres entreprises turques, demandé à être placé sous le régime des faillites : la justice l’a autorisé en novembre à suspendre les paiements à ses créanciers pour restructurer sa dette, tout en continuant à fonctionner sous la protection de l’Etat.

Le groupe Sarot a été acculé après que des clients se sont retrouvés incapables de payer pour les villas qu’ils avaient achetées. Il en avait déjà vendu 351, d’une valeur variant entre 400 000 et 500 000 dollars chacune, principalement à des investisseurs des pays du Golfe. Mais certaines ventes ont été annulées, alors que 100 millions de dollars avaient déjà été engagés dans ce projet et que 80 % des 351 villas vendues étaient déjà sorties de terre.

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