Le centre culturel Tjibaou est un établissement public destiné à promouvoir la culture kanak, situé entre les baies de Tina et de Magenta, sur une presqu'île en périphérie de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Ce complexe poly-culturel est à la fois un musée, une médiathèque, un palais des congrès, un centre de spectacle, un pôle de recherche et de création et un parc paysager et botanique.

La construction du bâtiment, incluse dans les Grandes opérations d'architecture et d'urbanisme de François Mitterrand, s'est faite entre 1995 et 1998 suivant les plans de l'architecte italien Renzo Piano dans son style high tech qui se mélange ici à la volonté de s'intégrer à la culture kanak.

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Son nom lui a été attribué en hommage au chef indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou, à l'origine de ce projet, et qui avait organisé à côté de ce site le festival Mélanésia 2000. 

Le parti pris architectural est une traduction moderne et monumentale de l'architecture vernaculaire de l'île insérée dans son environnement, s'étendant sur 8 ha. Il comprend plusieurs espaces.

Le cœur du Centre est un bâtiment de 6 970 m2 constitué notamment de dix hautes structures nervurées et effilées rappelant les cases traditionnelles kanakes, et réparties sur 230 m le long d'un arc orienté nord-est / sud-ouest. L'ossature de ces cases est mixte : bois d'iroko lamellé-collé et acier. Leurs dimensions sont variables : trois grandes de 140 m2 et 28 m de haut chacune, trois moyennes de 92 m2 et 22 m de haut chacune et enfin quatre petites de 55 m2 et 20 m de haut chacune. Elles sont longées par un bâtiment plus bas, plat, avec une allée desservant les cases (le mot allée renvoyant à l'allée centrale spécifique de l'habitat traditionnel kanak) et différentes salles. Ainsi formé, le bâtiment principal est divisé en trois « villages », ayant chacun une fonction particulière :

  • Le « village 1 », ou « village kanak », pour l'« identité et les collections kanakes et océaniennes », espace muséographique qui sert à la présentation des cultures traditionnelles et modernes du Pacifique.
  • Le « village 2 », qui accueille la médiathèque et un centre d'art contemporain. 
  • Le « village 3 » consacré à la « rencontre et la réflexion », à vocation essentiellement pédagogique et orientée vers les jeunes et les enfants.

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Ce bâtiment principal est entouré par un certain nombre d'espaces extérieurs au milieu de la végétation (de type forêt sèche et mangrove), comprennent :

  • le « chemin kanak » est un parcours végétal initiatique bordé d'essences endémiques visant à initier le visiteur à la symbolique du végétal dans la société kanake et à retracer, à travers le langage des plantes, les cinq étapes du mythe du premier homme Téâ Kanaké (l'origine des êtres, la terre nourricière, la terre des ancêtres, le pays des esprits et la renaissance).
  • l'« aire coutumière Mwakaa » (« espace de la chefferie » en nââ drubéa) en contrebas du village 1, organisée autour de trois grandes cases représentant les spécificités architecturales des provinces (grandes cases du Sud, la plus haute et la moins large, du Nord et des Îles Loyauté, la plus basse et la plus large) mais aussi d'un fare polynésien légèrement en retrait, il « relie le passé au présent et fonde la légitimité du site » en servant de lieu de parole, de vie et d'échanges coutumiers. Cet espace est longé au sud par la plage.
  • l'« espace Kâmi Yo » (« le rythme et la danse » en kwênyii), en bord de mer, accueille une scène en plein air servant essentiellement aux grands concerts de vedettes internationales et peut recevoir jusqu'à 4 500 personnes.
  • l'« espace Ape Vila » (« lieu de danse » en hwâvèké), au bord de la mangrove, est une aire de danse et chants traditionnels, où peut être installée une scène démontable et pouvant accueillir jusqu'à 1 000 personnes.
  • le Belvédère, surplombant la baie de Magenta et l'ensemble du site, au sud-est, où ont été construits un ensemble de bâtiments (dortoirs, ateliers d'artiste et sanitaires) pour abriter les artistes, les intervenants culturels ou les jeunes scolaires en résidence.
  • la statue de Jean-Marie Tjibaou, au sommet de la colline, avant l'accès au Belvédère et dominant l'aire coutumière, l'espace Kâmi Yo et le bâtiment principal à l'est.

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D'après Wikipédia