La Samaritaine est un grand magasin situé à Paris entre la rue de Rivoli et la Seine, au niveau du Pont Neuf dans le 1er arrondissement. Fondée en 1870 par Ernest Cognacq, la Samaritaine a fermé en 2005 et ses bâtiments sont en cours de réaménagements. La Samaritaine était le grand magasin parisien le plus important par sa taille avec ses quatre magasins totalisant une surface de vente de 48 000 m2. Ses bâtiments de style Art nouveau et Art déco sont l'œuvre des architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage.

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Magasin 1

La Samaritaine est le nom d'une pompe à eau située sur le pont Neuf dont l'existence remonte à Henri IV. Cest la première machine élévatrice d'eau construite dans Paris. Elle est reconstruite par Robert de Cotte entre 1712 et 1719, puis rénovée par Soufflot et Gabriel. Cette pompe est décorée d'une représentation de l’épisode évoquant la rencontre de Jésus et de la Samaritaine au Puits de Jacob. 

Histoire  

La Samaritaine est fondée en 1870 par Ernest Cognacq. Il vend dans un « parapluie rouge » sur le pont Neuf puis loue la salle annexe peu utilisée d'un café pour en faire un petit commerce de nouveautés, « À la Samaritaine ».  

Passant de 48 m2 en 1870 à plusieurs centaines de mètres carrés en 1874, le magasin prospère. S'inspirant des méthodes commerciales d'Aristide Boucicaut au Bon Marché, Ernest Cognacq organise son magasin en rayons. Par acquisition des bâtiments proches de sa boutique, il agrandit régulièrement son magasin, rachetant les immeubles voisins. Sous la direction de l'architecte Frantz Jourdain, les pâtés de maisons sont entièrement réaménagés ou reconstruits progressivement de 1883 à 1933.

Avec déjà deux magasins près du pont Neuf, Ernest Cognacq entreprend en 1910 de faire construire dans un autre quartier de Paris un nouveau magasin destiné à une clientèle plus aisée : la « Samaritaine de luxe » ouvre en 1917 au 27, boulevard des Capucines. 

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Magasin n° 1

Quand Ernest Cognacq meurt en 1928, il est veuf depuis deux ans et n'a pas d'héritier direct qui puisse lui succéder. La direction du grand magasin est alors reprise par son petit neveu Gabriel Cognacq et par Georges Renand, tous deux formés à l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC). Lorsque Gabriel Cognacq meurt en 1951, Georges Renand conserve la direction de la Samaritaine et y associe son fils Maurice, également formé à HEC et docteur en droit. À la mort de son père, Maurice Renand devient premier gérant. Son fils Georges lui succédera.

La Samaritaine devient le grand magasin parisien le plus important en surface de vente devançant de peu les Galeries Lafayette et le Printemps. Son slogan publicitaire, appuyé d'une importante campagne publicitaire dans les années 1960, est resté dans la mémoire collective : « On trouve tout à La Samaritaine ».

À partir des années 1970, la prospérité commerciale de la Samaritaine décline lentement. En 1986, la Samaritaine de luxe est transformée en immeuble de bureaux et commerces. À partir de 1998, le grand magasin voit sa surface réduite, la Samaritaine louant les magasins 1 et 3 à d'autres enseignes. En 2001, la famille Renand cède la Samaritaine, devenue déficitaire, au groupe LVMH. Le grand magasin ferme ses portes en 2005, officiellement pour cause de mise en conformité des bâtiments aux normes modernes de sécurité, mais la fermeture s'avère définitive.

L'avenir du site

Un projet est présenté en juin 2008 par LVMH pour le réaménagement du site avec des bureaux, des commerces, un hôtel et quelques logements sociaux, pour une ouverture prévue en 2015.

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Magasin 1

Mais la destruction d’immeubles du XVIIe du 2 au 6 rue Baillet et celle en projet de la façade de 1852 du magasin 4 sur la rue de Rivoli sont contestées par des associations de défense du patrimoine architectural, la SPPEF et SOS Paris. Le recours des opposants contre le permis de construire accordé au groupe LVMH en décembre 2012 est déclaré recevable le 24 février 2014 par le Conseil d'État mais ce recours n’étant pas suspensif, la façade de 1852 de la rue de Rivoli est détruite dans les jours suivant cette décision... Le permis de construire est pourtant annulé le 13 mai 2014 par le tribunal administratif de Paris, décision qui a été confirmée le 5 janvier 2015 par la cour administrative d'appel de Paris : le projet présenté « ne correspond pas à l'obligation d'insertion de la construction projetée dans le tissu urbain environnant » selon la sentence de la cour d'appel. Le 19 juin 2015, le Conseil d'État valide le nouveau projet LVMH. Le chantier reprend en août 2015 et l'ensemble du site devrait être achevé en 2020.

Architecture des magasins

Parallèlement au développement du magasin 1, des immeubles d'habitation sont acquis dans l'îlot situé de l'autre côté de la rue de la Monnaie, îlot qui constituera le magasin 2. À partir de 1885, Ernest Cognacq fait appel à l'architecte Frantz Jourdain pour l'aménagement, l'agrandissement et la transformation des nouveaux magasins dans le même style : si les façades sont conservées, certains immeubles sont reconstruits, d'autres sont rehaussés et les cours sont couvertes de verrières. Une architecture de métal et de verre est adoptée, de nouvelles façades style Art nouveau sont réalisées, des rotondes surmontées de coupoles polychromes sont construites aux deux angles du magasin 2 rue des Prêtres-Saint-Germain-l'Auxerrois, les parties métalliques sont peintes en « bleu canard » et les façades sont recouvertes de laves émaillées jaunes aux décors floraux. Le style tapageur du nouveau bâtiment, et en particulier de ses coupoles, est largement critiqué par les partisans d'une esthétique plus traditionnelle pour le cœur historique de Paris.

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Magasin 2

Le magasin 2 achevé en 1910, un rajeunissement du magasin 1 est alors envisagé  Cette rénovation restera cependant limitée et se cantonnera à un renouvellement de la façade de la rue de Rivoli par la création d'une « double peau » conçue par Frantz Jourdain dans le même style que le nouveau magasin 2. Commencée en 1911, cette rénovation de la façade Rivoli est terminée en 1912.

En 1922, Ernest Cognacq projette d'agrandir encore le magasin 2 : ces travaux sont à nouveau confiés à Frantz Jourdain. Ce dernier alors appel à son ami architecte Henri Sauvage. Au fur et à mesure de leur collaboration et de l'évolution du projet, le style d'Henri Sauvage s'impose et on aboutit à un bâtiment Art déco doté de façades sobres en pierre avec les derniers étages en gradins ; le projet d'unification des façades de la Samaritaine est de fait abandonné et les rotondes et coupoles disparaissent à peine une vingtaine d'années après leur édification. 

Les successeurs d'Ernest Cognacq poursuivent l'extension de la Samaritaine avec l'acquisition des immeubles situés entre la rue de Rivoli et la rue Boucher puis leur reconstruction en 1930 sous la direction d'Henri Sauvage pour constituer le magasin 3. L'architecture de ce magasin est proche de celle de l'extension du magasin 2.

L'agrandissement de la Samaritaine continue en 1932 avec l'achat des ateliers de fourrure Révillon Frères occupant presque l'ensemble de l'îlot situé au nord du magasin 2, de l'autre côté de la rue Baillet. Ces immeubles vont constituer le magasin 4, qui n'occupera cependant pas l'intégralité de l'îlot, faute de pouvoir acquérir les immeubles appartenant à d'autres propriétaires. Les bâtiments sont aménagés par les architectes Louis-Marie Charpentier et Louis d'Escrivan, collaborateurs d'Henri Sauvage qui meurt en 1932. La transformation des façades du magasin 4 donnant sur la rue de Rivoli dans le style Art déco d'Henri Sauvage est projetée mais ne voit pas le jour à cause de la crise économique des années 1930. 

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Magasin 2

Dans les années 1930, les façades de Frantz Jourdain sont jugées démodées : les modénatures en ferronnerie sont supprimées et les plaques de lave émaillée sont recouvertes de peinture au ton pierre. D'autres modifications voient ensuite le jour accompagnant l'exploitation des magasins. Une passerelle reliant le 2e étage des magasins 2 et 4 est construite en 1958 au-dessus de la rue Baillet ; cette passerelle est surélevée en 1966 pour relier les 3e étages puis à nouveau transformée en 2000 pour faire communiquer les deux magasins au niveau du 1er étage. Les aménagements touchent aussi les communications verticales : certains escaliers sont créés, d'autres supprimés et le hall de la maroquinerie du magasin 2 est remanié en 1959 afin d'y installer un ensemble d'escaliers mécaniques desservant chaque niveau.

Dans les années 1980, l'œuvre de Frantz Jourdain fait l'objet d'un regain d'estime : entre 1986 et 1988, la fresque de la grande verrière du magasin 2 est restaurée et les laves émaillées de la rue de la Monnaie sont dégagées de la peinture qui les masquait. 

La réouverture était prévue en 2019...

Magasin 3 :

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Le magasin en cours de réhabilitation : 

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D'après Wikipédia