Diébédo Francis Kéré, né en 1965 à Gando, est un architecte burkinabé. La création de l'école primaire de Gando est sa première oeuvre.

La majorité des écoles au Burkina Faso sont construites en ciment, dont l’utilisation augmente considérablement les coûts de construction et le gaspillage d´énergie électrique. La construction de l'école, commencée en octobre 2000 et réalisée en grande partie par la population, s’est terminée en juillet 2001. Le projet de Kéré est basé sur des concepts qui garantissent sa durabilité. Le confort climatique est assuré, les coûts sont limités, les matériaux utilisés sont des matériaux locaux, la communauté est consultée et participe au projet.

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Etape 1, l'école

L’école primaire se compose de trois salles disposées linéairement et séparées par des espaces extérieurs couverts, utilisables pour l'enseignement et la récréation. La structure se compose de murs porteurs constitués de blocs de terre qui absorbent la chaleur, en contrôlant la température. Le plafond est constitué de poutres de ciment sur lesquelles s'appuient une structure en acier qui soutiennent une couverture de blocs de terre comprimée. L’une des spécificités du projet réside dans le design du toit. Très large, il est en tôle ondulée, et supporté par une structure d'acier qui le met à distance du corps du bâtiment. Il protège les murs de la pluie et permet à l'air de circuler librement entre le toit et le plafond, en maintenant l'édifice au frais. La technique du projet de Kéré est devenue célèbre dans tout le Burkina Faso, en gagnant le Prix Aga Khan d'architecture en 2004.

L’école, devenue trop petite pour répondre aux besoins de la zone, nécessite d’être agrandie. Les travaux d’extension du nouvel édifice commencent en novembre 2005. L'intervention double ainsi la capacité de l'école primaire, qui peut accueillir maintenant jusqu'à 700 élèves. Comme pour le premier projet, un large toit en tôle protège les murs d'argile du soleil et de la pluie. Le système de ventilation, complètement naturel, exploite la combinaison d'énergie solaire et thermique pour permettre à l'air de circuler, en garantissant à la fois le refroidissement des classes.

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L'extension

Au Burkina Faso il y a beaucoup d’agriculteurs de subsistance et dans les villages ruraux comme Gando, ils représentent une majorité. Il est donc fondamental de donner aux enfants une connaissance pratique de l’agriculture, et en même temps s’assurer qu’ils ne s’éloignent pas de l’école. Ainsi des parterres ont été imaginés. De plus un puits a été creusé pour fournir de l’eau à l’école et au village.Parallèlement aux cours, les élèves apprennent comment prendre soin des plantes sans utiliser de pesticides ou des engrais. Ces cours les encouragent à utiliser des méthodes durables et écologiques. Dans une région où la nourriture est insuffisante et où la majorité des habitants ont un régime alimentaire répétitif, le jardin de l’école est une importante contribution à la sécurité alimentaire.

Le projet réalisé en 2004 prévoit également six logements pour les enseignants et leurs familles. Sa configuration courbe rappelle l’architecture typique des édifices burkinabés. Chaque logement se compose de trois murs parallèles de briques de terre stabilisée. Ces murs soutiennent des voûtes en berceau réalisées avec des blocs de terre stabilisée. Pour protéger l'édifice de l'humidité du sol, les épais murs de briques crus reposent sur des fondations de ciment et de granit. Les toits sont réalisés à différentes hauteurs. Ces décalages permettent de créer des ouvertures qui assurent la bonne ventilation et l'illumination intérieure. Un dispositif de gouttière a été inventé pour permettre le reflux des eaux : des canaux sont creusés sur la tranche des murs porteurs, ils se prolongent jusqu’au sol.

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Logements des enseignants