L’hôtel Groslot est un hôtel particulier du XVIe siècle situé à Orléans, dans le département du Loiret. Le monument, appelé également Grande-Maison de l'Étape, Maison du Gouverneur, ou encore l'Intendance fut successivement un hôtel particulier puis l’Hôtel de ville d'Orléans et accueille aujourd’hui la célébration des mariages.

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L’hôtel Groslot est construit à la Renaissance sous la direction de l'architecte français Jacques Ier Androuet du Cerceau. Germain Rebours et Anne Brachet sont propriétaires d'un terrain agraire sur la place de l’Étape vers le milieu du XVe siècle. Ils envisagent d'y bâtir un hôtel particulier mais le cèdent avant l'aboutissement de ce projet à Jacques Groslot, bailli d'Orléans, chancelier de Marguerite de Navarre, le 18 mai 1545.

Jacques Groslot meurt avant la fin des travaux le 12 juin 1552. Sa veuve et ses deux fils, Jérôme et Henri, héritent de l'édifice et assistent à la fin de sa construction entre 1553 et 1558. Jérôme, exerçant lui-même la fonction de bailli d’Orléans à partir de 1545, réside dans l'hôtel.

Le 18 octobre 1560, le roi François II s'impose et s’installe avec sa cour dans l'hôtel pour marquer son opposition à Jérôme Groslot, fervent partisan de la Réforme protestante. François II meurt à hôtel Groslot le 5 décembre 1560 malgré la présence de son chirurgien Ambroise Paré.

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Charles IX succède à François II à la suite des États généraux de 1560 qui se tiennent devant l'hôtel dans une grande salle dressée à l'occasion. Le roi étant alors âgé de 10 ans, la régence est confiée à sa mère Catherine de Médicis. Après un séjour de presque cinq mois, la cour quitte Orléans et l'hôtel Groslot le 12 février 1561.

Jérôme Groslot reprend possession de l'hôtel après le départ de la cour. Pour soutenir les actions des Protestants et de Groslot, Louis Ier de Bourbon-Condé vient à Orléans le 2 avril 1562 et réside dans la Grande-Maison de l'Étape qui devient le quartier général des Protestants. Charles IX revient à Orléans pour apaiser les troubles nés du massacre de la Saint-Barthélemy et séjourne dans la Grande-Maison de l'Étape.

Il semble que, tout en restant dans le giron de la famille Groslot, l'hôtel serve de siège à la Généralité d'Orléans vers 1570. Les enfants de Jérôme Groslot, Jérôme et Louise, auraient résidé dans l'hôtel. Louise et son époux Samuel Puchot, ont deux fils, Jérôme et Samuel Puchot, qui vendront la Grande-Maison de l'Étape à Anne de Caumont, veuve de François d'Orléans le 15 décembre 1637. Madame de Cérizy, fille de Jérôme Puchot, et unique héritière, réintègre l'hôtel après un procès établissant qu'Anne de Caumont n'a jamais payé la somme due. Le 18 avril 1696, elle vend à son tour le bien à deux couples : Louis Curault, conseiller du roi, et Marie Griffonneau ainsi qu'à Joseph Levassor, conseiller du roi, et Jeanne Longuet.

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L'hôtel est ensuite acheté par la municipalité en 1738. Elle y loge d'abord les intendants du duché d'Orléans puis y installe l'hôtel de ville après la Révolution française, en 1790.

Le perron et la façade centrale sont restaurés entre 1850 et 1852 ; le reste des travaux sont réalisés entre 1852 et 1855. Le nouvel hôtel de ville est inauguré le 8 mai 1855.

Les services administratifs de la ville d'Orléans quittent l'hôtel Groslot en 1981 pour être transférés dans le nouveau centre municipal situé en face de l'hôtel au 1 place de l’Étape.

Architecture

Cet édifice possède une façade caractéristique en briques rouges disposées en losanges. Il se compose d'un bâtiment central accompagné de deux ailes de style Renaissance et d’un escalier à double volée.

Lors de sa construction au XVIe siècle, l’hôtel se limite à sa partie centrale. Ses deux ailes sont construites après son rachat par la municipalité. La statue de Jeanne d'Arc réalisée par la princesse Marie d’Orléans placée devant son perron date, quant à elle, du milieu du XIXe siècle. Elle porte encore les traces de balles reçues lors de la libération d'Orléans, en août 1944.

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L’hôtel Groslot est composé de quatre salles principales : le salon d'honneur, l'ancienne salle du conseil municipal, l'ancien bureau du maire et la salle des mariages. La décoration intérieure de style gothique troubadour est réalisée entre 1850 et 1854 sous la direction de l’architecte André Delton. Comme mobilier, on y trouve de nombreux souvenirs de Jeanne d'Arc, des toiles, des tapisseries d'Aubusson, des coffres en bois et d’autres meubles d’époque.

D'après Wikipédia