Le Louvre Abu Dhabi est un musée inauguré le 8 novembre 2017 et ouvert au public le 11 novembre, dont la création procède d'un accord intergouvernemental signé le 6 mars 2007 entre la France et l'émirat d'Abu Dhabi, que le musée du Louvre installe dans une architecture confiée à l'architecte français Jean Nouvel. Il est une composante d'un district culturel en cours de construction sur l'île de Saadiyat où il doit côtoyer trois autres musées, toujours en travaux, une antenne de l'Université de New York, un palace et des résidences de luxe.

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Le projet est initié par Abdallah ben Zayed Al Nahyane, ministre de la Culture et de la communication. Il le présente à l'émir Khalifa ben Zayed Al Nahyane et au prince héritier Mohammed ben Zayed Al Nahyane, qui l'approuvent, en partie par intérêt géopolitique.

En juin 2005, des discussions sont engagées entre l’Émirat et Henri Loyrette, directeur du Louvre, réticent au projet, puis avec Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de Dominique de Villepin. « Enthousiasmé » par le projet, le président Jacques Chirac conclut quelques mois avant la fin de son mandat un accord intergouvernemental qui sera co-signé, le 6 mars 2007 par le Sultan ben Tahnun Al-Nahyan et Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture. Cet accord organise une opération de coopération culturelle sur trente ans. Le projet architectural revient à Jean Nouvel, concepteur du musée du quai Branly.

La France est chargée d'une mission de conseil dans les domaines de la conception et la réalisation du bâtiment et est chargée de l'élaboration du projet scientifique et culturel du musée. À partir de l'ouverture du musée et pour les dix années suivantes, le Louvre Abu Dhabi recevra en prêt des œuvres issues des collections françaises. De même, pendant quinze ans, la France fournira annuellement au Louvre Abou Dabi quatre expositions. Enfin, elle aidera le musée à se constituer une collection propre destinée à remplacer les œuvres prêtées par les musées français.

Les Émirats arabes unis (EAU) se sont engagés à verser des contreparties de l'ordre de 965 millions d'euros sur trente ans, qui bénéficieront au musée du Louvre et aux autres musées partenaires de l'opération. Pour mettre en œuvre cet accord de coopération culturelle, la France a créé une structure spécifique, l'Agence France-Muséums dont sont actionnaires douze des principaux établissements culturels français.

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Ayant pris plusieurs années de retard, le musée ouvre ses portes au public le 11 novembre 2017. L'inauguration officielle, à laquelle participe le président français Emmanuel Macron, a  lieu le 8 novembre. L'ouverture est suivie d'une semaine de festivités et de débats avec les directeurs des musées venus du monde entier. 

Depuis début 2009, le Louvre Abou Dabi a commencé à acquérir des œuvres pour sa collection permanente. La collection compte actuellement environ six cents œuvres de l'Antiquité au XXIe siècle.

L'accord a suscité une controverse, menée par l'ancienne directrice du musée d'Orsay Françoise Cachin, qui a cosigné le 13 décembre 2006, avec Jean Clair et Roland Recht dans Le Monde, une tribune contre le projet, ensuite relayée par une pétition, signée par plus de 5 000 personnes, dont de nombreux historiens de l'art, universitaires et conservateurs. Pour elle, la participation du Louvre à ce « Las Vegas des sables » est une « dérive terrible de l'éthique du travail des musées ». En réponse à cette polémique, Jack Lang, dans un article paru dans Le Monde du 1er février 200720, a pris position en faveur d'un projet qui témoigne de la reconnaissance, dit-il, du « talent français » dans les pays arabes.

L'organisation du fonctionnement du futur Louvre Abou Dabi pouvait poser néanmoins des problèmes de déontologie aux Musées français et à leurs conservateurs. Ceux-ci, chargés du projet au sein de l'Agence France-Muséums doivent conseiller les autorités d’Abou Dabi pour des acquisitions dont l'intérêt peut être en concurrence directe avec l'enrichissement des collections françaises qui n'ont pas les mêmes moyens que l'émirat. Il peut y avoir un risque de conflit d'intérêt culturel au sein même de l'institution Louvre, mais Jean-Luc Martinez, président directeur de l'établissement public, estime que « si, en principe, sur le papier, ces réserves sont légitimes, la réalité est bien différente. »

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De plus, étant donné le régime politique des EAU, la collection constituée est privée, appartenant à l'émir d’Abou Dabi, le cheikh Khalifa. Or, selon le droit français, les conservateurs de musée travaillent pour le patrimoine national.

Par ailleurs, les organisations non gouvernementales critiquent les abus concernant le droit du travail liés à la construction du musée — problèmes récurrents dans les EAU, et particulièrement prégnants dans la construction de Dubaï. Ainsi, Human Rights Watch (HRW) a documenté les violations des droits des travailleurs migrants œuvrant à la construction de l'île de Saadiyat (« île du bonheur »). 

Pour le politologue Alexandre Kazerouni, ce musée participe à la « clientélisation des élites culturelles occidentales » au détriment de la classe moyenne émergente du pays, devenant ainsi « un symbole du resserrement autoritaire des Émirats arabes unis »...

D'après Wikipédia