PASSION ARCHITECTURE

21 janvier 2020

RENAISSANCE FRANCAISE - DEUXIEME RENAISSANCE - UN CERTAIN CLASSICISME

La Seconde Renaissance, autrefois dit « style Henri II », marque à partir de 1540 la maturation du style apparu au début du siècle ainsi que sa naturalisation tandis que le Val de Loire se retrouve relégué en conservatoire des formes de la Première Renaissance. Cette nouvelle période se développe alors principalement durant les règnes de Henri II, François II puis Charles IX, pour ne s'achever que vers 1559-1564, au moment même où commencent les guerres de Religion, qui seront marquées par le massacre de la Saint-Barthélemy et la contre-réforme catholique.

Alors que la Première Renaissance est peu à peu acceptée en province, toute une série d'innovations se font sentir, en Île-de-France.

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Aile Lescot du palais du Louvre

À partir de 1540, le Classicisme progresse, à la suite de la venue en France de Serlio (1475-1555) : bien que son œuvre architecturale reste limitée, son influence est considérable par la publication de son Traité d'Architecture (1537-1551). Grâce à ses œuvres gravées, il est un des premiers à initier les autres artistes à la beauté des monuments de l'antiquité, contribuant ainsi à faire évoluer plans et décors vers plus de sobriété et de régularité. Pour autant, l'architecture française continue de garder des traits propres qui séduisent Serlio : les lucarnes « sont de grand ornements pour les édifices comme une couronne » et les grands combles couverts d'ardoise bleutées sont « des choses très plaisantes et nobles ».

Les architectes qui à l'époque du style Louis XII et de la Première Renaissance, sont des maîtres-maçons traditionalistes et plein de verve, deviennent dès lors, des savants et des lettrés dont certains effectuent leur voyage d'études en Italie.

Marquant un véritable tournant stylistique, cette nouvelle génération d'artistes opère une synthèse originale entre les leçons de l'antiquité, celle de la Renaissance italienne et les traditions nationales. Parmi les plus célèbres, Philibert Delorme est auteur de l'Hôtel Bullioud à Lyon, des châteaux de Saint-Maur-des-Fossés et d'Anet ainsi que de la chapelle de Villers-Cotterêts ; Pierre Lescot édifie l'aile Renaissance du Palais du Louvre et l'Hôtel de Jacques de Ligneris (musée Carnavalet) ; Jean Bullant construit les châteaux d'Écouen et de Fère-en-Tardenois ainsi que le Petit Château de Chantilly.

Ces architectes collaborent désormais étroitement avec les sculpteurs et définissent une architecture et un décor savants, préférant la beauté des lignes à la richesse de l'ornementation : Cellini sculpte pour la Porte dorée, le relief en bronze de la Nymphe de Fontainebleau ; son œuvre typiquement « maniériste », fait grande impression en France et influence probablement Jean Goujon, réalisateur de la fontaine des Innocents et de la décoration de la façade du Louvre ; l'influence maniériste imprègne également l'œuvre de Pierre Bontemps, chargé du Tombeau de François Ier à Saint-Denis ainsi que du monument du cœur de François Ier.

En Bourgogne, le château d'Ancy-le-Franc (1538-1546) est l'une des premières réalisations à répondre à cet idéal nouveau. Œuvre de l'architecte Serlio, ce château construit pour Antoine III de Clermont, de 1538 à 1546, marque une évolution vers le classicisme en France. Avec cet édifice commence alors sur le sol français ce que l'on appelle : « l'architecture modulaire ». Seuls ici les légers frontons à enroulement des fenêtres du premier étage, rappellent la Première Renaissance. Pour le reste, rien ne vient distraire l'ordonnance uniforme des baies en arcades ou en fenêtres, séparées par une travée de pilastres jumelés, renfermant une niche et montés sur un haut stylobate. Cette alternance d'une baie principale et d'une baie secondaire (ici feinte puisque représentée par une niche) encadré de pilastres représente un des premiers exemples en France de la « travée ryhmique » traitée avec une telle franchise et une telle rigueur.  

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Château d'Ancy-le-Grand

Cette exigence de clarté se poursuit au château d'Écouen (1532-1567), en Île-de-France. Il suffit de comparer cet édifice avec un château de la Première Renaissance, tel qu'Azay-le-Rideau pour constater les différences profondes entre les architectures des deux époques. Tout l'appareil défensif machicoulis ou le chemin de ronde d'Azay-le -Rideau disparaissent purement et simplement au château d'Écouen. Les tours d'angle de Chambord deviennent comme à Ancy-le-Franc et Villandry, de simples pavillons carrés. Il en va de même pour l'ornementation. À l'étagement de pinacles, de niches à coquilles et de petits arcs-boutants de la Première Renaissance, succède une composition de lignes épurées très sobrement ornées, où les cannelures antiquisantes remplacent dans les pilastres, les rinceaux et arabesques de l'époque de François Ier : un style presque sévère succède alors aux grâces légères de la Première Renaissance. Reprenant une disposition déjà observée à Villandry, le château présente une disposition moderne par la régularité de son plan quadrangulaire où les pavillons s'articulent harmonieusement. Pour aérer l'espace intérieur, une aile basse ferme la cour. L'entrée se fait alors par un avant corps surmontée d'une loggia où la statue équestre d'Anne de Montmorency, reprend les compositions observées au châteaux de Gaillon et d'Anet. L'édifice tout entier s'isole grâce à un fossé bastionné rappelant la charge militaire du propriétaire. Le fond de la cour n'est plus constitué d'un corps de logis mais d'une simple galerie d'apparat reliant deux ailes d'appartements dont ceux du Roi et de la Reine donnent sur la plaine de France. Au niveau inférieur, des bains collectifs se développent comme à Fontainebleau, connecté à des aires de loisirs (jardin, jeu de paume). La façade de l'aile Nord, reprise par Jean Bullant, présente une superposition nouvelle d'ordres réguliers, surmontée par une corniche classique inspirée de l'antiquité. Pour autant, les recherches réalisées sur la façade sud afin de s'adapter aux proportions des statues des esclaves de Michael-Ange, offertes par Henri II, lui donne l'opportunité d'utiliser pour la première fois en France l'ordre colossal : les colonnes occupant désormais les deux niveaux jusqu'à la base de la toiture, sont inspirées du Panthéon de Rome et se voient surmontées d'un entablement classique, créant l'illusion d'un monument antique. Même si l'influence des réalisations de Michael-ange au Capitole et à Saint-Pierre de Rome sont manifestes, les références à la Renaissance italienne s'effacent peu à peu devant les exemples du monde romain.

L'aile Lescot du Louvre, entreprise à partir de 1546, est le chef-d'œuvre de la Deuxième Renaissance. Cette œuvre de Pierre Lescot, architecte antiquisant, est décorée par Jean Goujon. L'escalier prévu initialement au centre du corps de logis se voit déplacé à la demande d'Henri II dans l'optique de créer une grande salle où prennent places des cariatides grecques, moulées à la demande de Jean Goujon, sur l'Erechthéion de l'Acropole d'Athénes. À la manière d'un manifeste du style français, prôné par Lescot, la façade présente une superposition d'ordres classiques nouveaux sans pour autant atteindre la régularité italienne : à mesure que l'on monte, les proportions se font de plus en plus fines, et l'idée de couronner les deux ordonnances superposées d'un large bandeau décoré, aboutit à acclimater en France, l'étage d'attique si prisé en Italie, tout en utilisant pour la première fois des combles brisés « à la française », afin de donner l'illusion d'un comble droit. Malgré leur peu de saillie, les avant-corps, dernier souvenir des tours médiévales, suffisent à « animer » la façade. Les admirables sculptures de Jean Goujon contribuent à faire de cet édifice une œuvre unique. Au rez-de-Chaussée, les arcatures en plein cintre encadrées de pilastres provoquent l'accentuation des verticales et des horizontales tandis que le jeu de double supports encadrant une niche ornée d'une médaille, représente une disposition qui deviendra typique dans l'architecture française.

Le château d'Anet fut aussi un exemple de cette architecture mais a été détruit en grande partie à la Révolution.

Parallèlement à ces grands chantiers royaux, les grandes demeures citadines participe à la naturalisation de ce nouveau style : sous l'impulsion de la Seconde Renaissance, tout le somptueux décor de rinceaux et de médaillons démesurés et plein de verve ornant la galerie de l’hôtel Chabouillé de Moret-sur-Loing, disparaissent face au système des proportions modulaires, strictement appliqué à l'entablement de la « maison de Jean d'Alibert » à Orléans, où des cartouches à découpures inspirés de l'École de Fontainebleau surmontent les fenêtres. Répondant à une exigence de clarté recherchée au cours de cette période, les hôtels particuliers se développent alors entre cour et jardin comme à Paris, notamment à l'hôtel Jacques de Ligneris (musée Carnavalet).

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Musée Carnavalet

Le nouveau style ne tarde pas à se répandre dans toute la France : dans le Val de Loire, au château de la Bastie d'Urfé (ou Bâtie d’Urfé), en Bourgogne, au casino du Grand Jardin de Joinville (avant 1546), en Aveyron, au château de Bournazel (1545-1550) ou encore en Normandie à l'hôtel d'Escoville de Caen (1537). Au Mans et à Rodez, l'influence du Vitruvien, Guillaume Philandrier, est probable alors qu'à Toulouse, l'architecte Nicolas Bachelier se met au service de tout un milieu humaniste ; parmi les demeures les plus célèbres : on peut citer le château de Saint-Jory (bâti en 1545, aujourd'hui détruit) ainsi que le bel exemple des trois ordres superposés de l'hôtel d'Assézat (1560). Certains bâtiments publics comme le palais du parlement du Dauphiné (1539) à Dijon ou le palais Granvelle et l'hôtel de ville à Besançon participent également de la Seconde Renaissance.

Si l'architecture religieuse reste fidèle aux structures et aux voûtes gothiques (cathédrale du Havre, Saint-Eustache de Paris), beaucoup d'églises modernisent leur façade principale ou latérale par un frontispice « à l'antique » (Rodez, Gisors, Saint-Aignan de Chartres), et traitent leur jubé comme un arc de triomphe (Sainte-Chapelle de Paris, Saint-Pierre de Maillezais).

D'après Wikipédia

 

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20 janvier 2020

GEORGE STURGES HOUSE - LOS ANGELES - ETATS-UNIS

La George Sturges House est une maison conçue par l'architecte Frank Lloyd Wright et construite pour George D. Sturges dans le quartier de Brentwood Heights à Los Angeles. Réalisée en 1939, la résidence dispose d'une terrasse panoramique. Elle est faite de béton, d'acier, de brique et de bois de séquoia.  

La maison reste une résidence privée (propriété de Jack Larson jusqu'à sa mort en 2015 ; je n'ai pas trouvé le propriétaire actuel... Elle a été inscrite comme Monument historique et culturel de Los Angeles en 1993.

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19 janvier 2020

PARK PLAZA HOTEL - LOS ANGELES

Le Park Plaza Hotel, ou MacArthur, est situé au 607 Park View Street, a été créé en 1923 par le célèbre architecte Art déco Claud Beelman.

Le bâtiment a été conçu à l'origine pour une association protectrice des animaux, dirigée par les Elks. Le couple vend l'édifice en raison de la baisse de fréquentation de leur organisme. L'immeuble est transformé en un hôtel de luxe, Park Plaza, donnant sur le prestigieux parc MacArthur.  

Pendant un certain temps, le bâtiment est resté vacant, principalement à des fins de location pour des tournages de films, de télévision, de clips musicaux et d’événements spéciaux. En 1983, la ville de Los Angeles désigne le bâtiment Monument historique pour le protéger de la folie de destruction des promoteurs dans le secteur du boulevard Wilshire.  

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18 janvier 2020

MUSEE MOBILE ART - PARIS

Mobile Art est un musée d'art contemporain itinérant dessiné par l'architecte irakienne Zaha Hadid sur une idée originale de Karl Lagerfeld et construit à l'initiative de la maison de haute-couture Chanel. Les artistes ont été sélectionnés par Fabrice Bousteau, directeur de la rédaction du magazine Beaux Arts. La bande-son a été enregistrée par l'actrice Jeanne Moreau.

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à Londres

Les dimensions de ce musée sont de 29 m de largeur, 45 m de longueur, 6 m de hauteur, pour une surface totale de 720 m2. Une terrasse d'accès se déploie sur 128 m2 et l'atrium-puits de lumière central s'étend sur 65 m2. La musée est de fait un assemblage précis de 700 pièces uniques dont la taille maximale est de 3 cm d'épaisseur et 2,25 m de long, afin d'être transportable en conteneur. Le matériau utilisé est un sandwich de polymère et les ouvertures zénithales sont des coussins d'air. Une fois démonté, le Mobile Art remplit exactement 56 conteneurs et son montage nécessite 15 jours de travail de manutention.

Il contient une vingtaine d'installations et œuvres d'art inspirées par le mythique sac 2-55 de Chanl et réalisées par autant d'artistes de nationalités différentes. Parmi eux : le photographe Nobuyoshi Araki, Daniel Buren, Wim Delvoye, la française Sylvie Fleury, Leandro Erlich, Francis Hyber, Michael Lin, la japonaise Yoko Ono, la japonaise Tabaimo, les vidéastes russes Blue Noses.

Le Mobile Art a voyagé quelque temps dans le monde puis il a été donné par Chanel à l'Institut du monde arabe et est installé de façon permanente sur son parvis. Il semblerait que depuis il ait fait d'autres voyages, mais je n'ai pas réussi à trouver d'info à ce sujet.  

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à Tokyo

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devant l'Institut du Monde Arabe

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D'après Wikipédia

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17 janvier 2020

LOS ANGELES PUBLIC LIBRARY - CALIFORNIE - ETATS-UNIS

Cette bibliothèque publique abrite plus de six millions de volumes et, avec plus de 18 millions d'habitants dans la région métropolitaine de Los Angeles, sert la plus grande population de tous les systèmes de bibliothèques financés par des fonds publics aux États-Unis.  

Les cartes de bibliothèque sont gratuites pour les résidents californiens. Livres, magazines, ordinateurs, CD, DVD, matériel audiovisuel sont à la disposition des clients. Les articles extraits de la bibliothèque peuvent être retournés dans l'une de ses 72 succursales de la ville. 

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Elle peut compter sur de nombreuses organisations de soutien communautaire qui collectent des fonds et parrainent des programmes visant à améliorer les services de bibliothèque dans la communauté.  

La bibliothèque offre également un programme en ligne qui permet aux clients adultes n'ayant pas terminé leurs études secondaires d'obtenir leur diplôme d'études secondaires.  

La Los Angeles Library Association a été créée à la fin de 1872 et, au début de 1873, une salle de lecture bien fournie est ouverte par le premier bibliothécaire, John Littlefield. L’expansion commence dans les années 1920. Le système est alors amélioré grâce à un vaste réseau de bibliothèques auxiliaires dans de nouveaux bâtiments. La bibliothèque principale nécessite à son tour un agrandissement.

Le bâtiment historique actuel est construit en 1926 et constitue un repère du centre-ville de Los Angeles. Elle est conçue par l'architecte Bertram Goodhue. Initialement appelé Bibliothèque centrale, le bâtiment est renommé en l'honneur du président de longue date du conseil des commissaires des bibliothèques et du président de l'Université de Californie du Sud, Rufus B. von KleinSmid. La nouvelle aile, achevée en 1993, reçoit elle le nom de l'ancien maire Tom Bradley. Le complexe dans son ensemble (c’est-à-dire le bâtiment original Goodhue et l’aile Bradley) est par la suite rebaptisé en 2001 au nom de l’ancien maire de Los Angeles, Richard Riordan.

L’architecte Bertram Grosvenor Goodhue s'est inspiré d'influences de l’Égypte ancienne, d'Art déco et de la Renaissance méditerranéenne. La tour centrale est surmontée d'une pyramide en mosaïque avec des soleils sur les côtés et une main tenant une torche représentant la "lumière de l'apprentissage" au sommet. L'intérieur de la bibliothèque est décoré de diverses figures, statues, lustres et grilles, notamment une peinture murale en quatre parties de l'illustrateur Dean Cornwell illustrant les étapes de l'Histoire de la Californie achevée vers 1933. 

Un incendie criminel dévaste les lieux le 29 avril 1986. Sa construction ayant empêché la ventilation de la chaleur et de la fumée, et limité l'accès des pompier, il a fallu plus de sept heures pour éteindre le feu et le feu a continué à couver pendant plusieurs jours. Quelque 400 000 volumes, soit 20 % des fonds de la bibliothèque, ont été détruits. Les ouvrages survivants ont été gravement endommagés par l'eau et la fumée. Un deuxième incendie, le 3 septembre de la même année, détruit le contenu de la salle de lecture du département de musique.

La bibliothèque est complètement rénovée et rouvre ses portes en 1993.  

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16 janvier 2020

RENAISSANCE FRANCAISE - PREMIERE RENAISSANCE

La Première Renaissance s'étend de 1515 à 1530/1540.

Tout comme la période précédente, la manifestation la plus évidente de la Première Renaissance en France s'exprime par l'édification de châteaux résidentiels non seulement dans le Val de Loire et l'Île-de-France mais également dans certaines provinces plus au sud comme le Berry, le Quercy et le Périgord (châteaux d'Assier et de Montal) qui, après s'être remises des séquelles de la guerre de Cent Ans, voient leurs grandes familles s'endetter sur plusieurs générations afin de moderniser les structures médiévales préexistantes. Pour autant c'est bien en Touraine que seront édifiés les plus grands châteaux de la Première Renaissance française.

Si à partir de la fin du XVve siècle, le processus transitoire du Style Louis XII, impose peu à peu les formes de la Première Renaissance, à partir des années 1515/1520, l'arrivée d'une nouvelle vague d'artistes italiens, plus nombreux qu'auparavant, va avoir une grande influence sur l'art français, en créant une véritable rupture : les formes gothiques finissent par se diluer progressivement dans le decorum italien.  

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Château d'Azay-le-Rideau

Contrairement à la période précédente, le principal protagoniste n'est plus l'entourage du roi mais bien François Ier, lui-même qui, se comportant en monarque humaniste, devient l'un des acteurs primordial de cette évolution stylistique. En s'imposant dans les arts, il se veut alors mécène et guide de son peuple et de la chrétienté, sans pour autant renier son rôle militaire.

C'est ainsi qu'il fait appel à des artistes italiens pour la construction de ses châteaux. Ces artisans lettrés auront alors une grande aura sur les maîtres maçons français : l'architecte présumé de Chambord, Domenico Bernabei da Cortona aurait ainsi été surnommé « Boccador », bouche d'or en italien, pris ici dans le sens de « paroles d'or ».

Pour autant, durant toute la Première Renaissance française, le plan des édifices reste traditionnel et les éléments d'architecture restent librement inspirés de l'art nouveau venu de Lombardie. Jamais, peut-être l'architecture française n'a autant fait preuve de plus d'élégance, de légèreté et de fantaisie que durant cette période artistique. Il se dégage une saveur toute particulière des édifices du Val de Loire où les maîtres-maçons français traditionnalistes et plein de verve, n'acceptent que bien à regret la nouvelle architecture en faisant toujours concorder la structure avec la forme et allier aux silhouettes hardies et pittoresques du Moyen Âge, la décoration de la Renaissance italienne.

C'est ainsi que dans la lignée du style Louis XII, on conserve durant toute la période les traditions nationales telles que les hautes toitures. Si les progrès de l'artillerie ont rendu inutile tout appareil défensif tels que les tours, les machicoulis, le crénelage ou encore les courtines des châteaux, on les conserve encore par tradition. Pour autant, tous ces éléments de défense se voient vidés de leur substance pour être transformés en autant d'éléments décoratifs. C'est ainsi que dans bon nombre d'édifices, comme au château de Chenonceau, de La Rochefoucauld, ou de Villandry, la permanence du donjon ne se justifie que par le symbole seigneurial qu'il représente ; sa fonction militaire étant désormais supplantée par celle du prestige et de l'apparat.

Dans cette mouvance, les échauguettes des châteaux du Moyen Âge deviennent à Azay-le-Rideau, de gracieuses tourelles d'angles en encorbellement tandis que les créneaux du chemin de ronde se développent en petites fenêtres, transformant cet espace, en une agréable galerie de circulation. Caractéristique apparue avec le Style Louis XII, les fenêtres des façades ont leur chambranle qui se raccorde d'étage en étage, formant une sorte de travée terminée en lucarne ouvragée. Ce quadrillage que l'on retrouve à Blois ou à Chambord, donne une sensation de régularité, souvent « fictive », aux élévations, tout en soulignant les horizontales et les verticales, alors que la multiplication des cheminées et des clochetons semblant former une couronne à l'édifice, est un dernier reflet de la féérie médiévale.

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Château de Chambord

Si l'architecture s'ouvre désormais largement sur l'extérieur, la richesse décorative reste réservée pour la cour, notamment pour le motif central de l'escalier. Obsession généralement étrangère à la Renaissance italienne, l'escalier est considéré alors comme l'élément français autour duquel gravitera le château tout entier : la tour polygonale en hors d'œuvre, conservée dans l'aile François Ier du château de Blois, est remplacée peu à peu par un escalier rampe sur rampe, qui bien plus qu'une innovation italienne, semble bien appartenir au répertoire de l'Ouest de la France depuis le XVe siècle.

Si la façade des loges du château de Blois apporte une certaine modernité, par ses ouvertures en enfilade sur l'extérieur, inspirées de la cour du Belvédère du Vatican, l'utilisation du modèle romain de Bramante se voit modifié et soumis à la structure médiévale préexistante. Inachevée, cette façade n'a pu recevoir un décor italianisant comparable à l'aile François Ier sur cour. Elle n'en reste pas moins représentative des différentes recherches opérées au cours de la Première Renaissance : par la substitution des profils pleins et nets aux arêtes aigües de la mouluration gothique, elle marque un progrès dans l'imitation des modèles antiques.

Cette interprétation des réalisations de Bramante, même si elle ne respecte en rien les ordres antiques, se retrouve dans la superposition des arcades encadrées de pilastres qui orne les cours intérieures du château de La Rochefoucauld puis de Chambord.

Première réalisation ex nihilo, le château de Chambord est un rendez-vous de chasses et de fêtes de la cour, conçue comme un lieu théâtral peu habité. La présence de Léonard de Vinci et de Boccador, amène une réflexion sur le château à la française au contact de la Renaissance italienne. Alors que les tours du Moyen Âge n'ont d'autre jours que les fentes des archères, une superposition de fenêtres à pilastres vient ici largement éclairer l'édifice tandis que le couronnement crénelé disparaît pour la première fois. Le décor exubérant s'attache alors surtout aux toitures hérissées de souches de cheminées, de lucarnes ou de tourelles, toutes garnies de losanges ou de disques d'ardoise, de tabernacles et de culs-de-lampe traités dans le goût de l'Italie du Nord, tout en évoquant les incrustations de marbre noir de la Chartreuse de Pavie où François Ier fut prisonnier. Si le développement d'appartements symétriques à destination résidentielle est une nouveauté, l'organisation du plan reste cependant traditionnelle, rappelant ainsi le château de Vincennes, avec un donjon central entouré d'une enceinte où se trouve la cour et les communs. Le projet initial de 1519, se voit pourtant modifié dès 1526, afin de transférer l'appartement du roi dans une aile latérale : le donjon centré étant rendu incompatible avec le nouveau rituel de cour nécessitant un appartement royal en enfilade. Comme à la Villa médicéenne de Poggio a Caiano, chaque niveau a désormais ses appartements répartis autour d'un axe central incarné par l'escalier à double révolution pensé en collaboration avec Léonard de Vinci. Les travaux ralentissent pourtant : après la défaite de Pavie, François Ier se voit contraint de regagner Paris.

À son retour de captivité, en 1527, si le mécénat de l'entourage royal reste important, le roi n'en reste pas moins le principal protagoniste des évolutions stylistiques de son pays, par les modifications qu'il apporte à toute une série de châteaux autour de la capitale (Villers-cotterêt, La Muette). Alors qu'en Île-de-France de nouvelles innovations se font jour, le Val de Loire devient le conservatoire de la Première Renaissance. 

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Aile François Ier du château de Blois

Le château de Villandry (vers 1536) achève les recherches de la Première Renaissance et annonce Ancy-le-Franc et Écouen.

C'est alors qu'un événement d'une importance capitale se produit au château de Fontainebleau, devenu entre 1530 et 1540 résidence principale du souverain. Bien que l'on note un grand contraste entre la qualité moyenne de l'architecture et la splendeur du décor intérieur, les réalisations dirigées par Gilles le Breton marquent une évolution profonde marquant la fin de la période. Tandis que le donjon du XIIe siècle est préservé, la cour ovale correspondant à l'ancien château médiéval se voit ornée par le Rosso et par Serlio d'un portique ouvrant sur un escalier à double volée. Le pavillon de la porte dorée, édifié pour l'occasion, reprend les disposition observées dès 1509 au château de Gaillon. Mais contrairement à ce qu'on observeit dans le Val de Loire, on privilégie désormais une architecture austère à base de moellons et de pierres enduites. Si la superposition des pilastres des façades, ne respectent en rien les ordres antiques, l'étagement des loggias, la scansion des niveaux par des frontons triangulaires et le découpage des toitures en pavillons rectangulaires provoquent un grand effet classicisant, transformant cette architecture, en une entrée triomphale, à l'exemple du Castel Nuovo de Naples.

Mais avant même que les bâtiments du nouveau château soient achevés, François Ier fait venir d'Italie un groupe important d'artistes pour embellir le palais. Il crée ainsi de ses vœux, une sorte de « nouvelle Rome », que l'on appellera l'École de Fontainebleau, avec un cercle intellectuel et artistique influant. Jusqu'à sa mort, en 1540, Rosso y joue le premier rôle auquel succédera Le Primatice : le décor de la galerie François Ier, vaste ensemble voué à la glorification de la monarchie française en est la plus belle expression. Dans les années qui suivent, le rachat de la toute proche abbaye des trinitaires permet de s'extraire du cœur médiéval du château et de créer une œuvre moderne ex nihilo autour d'une imposante cour d'honneur. Inspirée de la Villa médicéenne de Poggio a Caiano, la liaison à l'ancien château se fait par une nouvelle aile à portiques, permettant la réalisation de la galerie François Ier, superposée à de luxueux appartements de bain. Quant au corps central à pavillons carrés de la nouvelle aile du palais, il s'inspire du château de Bury, tout en marquant, par son plan rectiligne et ses lucarnes à frontons triangulaires épurés, l'évolution classicisante qui va marquer la Seconde Renaissance.

Le style nouveau de la Première renaissance ne tarde pas à se répandre dans toute la France. Des villes comme Lyon, Dijon, Besançon ou Nancy ainsi que Bar-le-Duc sont particulièrement riches de maisons et d'hôtels particuliers de la Première renaissance : parmi les demeures les plus célèbres on peut citer, l’Hôtel Chabouillé dit de François Ier à Moret-sur-Loing, le logis Pincé (1525-1535) à Angers, l'hôtel de Bullioud (1536) et l'hôtel de Gadagne (encore de style Louis XII) à Lyon, la maison des Têtes (1527) à Metz, l'Hôtel d'Haussonville (1527-1543) de Nancy, ou encore l'Hôtel de ville de Beaugency.

Dernier des grands châteaux qui furent bâtis sur les bords de Loire au XVIe siècle, le château de Villandry, apporte une touche finale aux recherches de la Première Renaissance tout en annonçant les réalisations d'Ancy-le-Franc et d'Écouen. Dès son arrivée en 1532, Jean le Breton, ministre des finances de François Ier, exploite à Villandry son exceptionnelle expérience de l’architecture acquise sur de nombreux chantiers, dont celui du château de Chambord qu’il a surveillé et dirigé pendant de longues années pour le compte de la Couronne. Tout en rasant l’ancienne forteresse féodale, on conserve le donjon, témoin symbolique du traité du 4 juillet 1189, appelé «Paix de Colombiers », du nom de Villandry au Moyen Âge, au cours duquel le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, vient devant le roi de France Philippe Auguste, reconnaître sa défaite. Achevé vers 1536, ce nouvel édifice présente une disposition moderne par la régularité de son plan quadrangulaire et sa cour intérieure s'ouvrant sur les perspectives de la vallée où coulent le Cher et la Loire. Pourtant tout proches et presque contemporains d’Azay-le-Rideau, les « fantaisies » italianisantes et les souvenirs médiévaux tels que les tourelles, les clochetons ou autres mâchicoulis décoratifs, disparaissent ici entièrement au profit d’un style plus simple, purement français, dont la clacissisme et la forme des toitures préfigurent les réalisations d'Ancy-le-Franc et du château d'Écouen4. Si l’originalité de Villandry se situe dans une conception architecturale d’avant-garde annonçant la Seconde Renaissance, l’utilisation qui a été faite du site pour y construire en pleine harmonie avec la nature et la pierre, des jardins d’une remarquable beauté, en fait l'une des expressions les plus abouties de la Première Renaissance française.

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Château de Villandry

D'après Wikipédia

 

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15 janvier 2020

PALAIS PRESIDENTIEL - ANKARA - TURQUIE

Le palais présidentiel, complexe présidentiel ou Palais blanc a été officiellement inauguré par le président Recep Tayyip Erdoğan le 29 octobre 2014.

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Depuis 1924, le président de la République de Turquie résidait au palais de Çankaya, un complexe architectural conçu par Mustafa Kemal Atatürk qui a fondé le régime républicain après l'effondrement de l'Empire ottoman. 

En 2012, Recep Tayyip Erdoğan décide la construction d'un nouveau palais dans la forêt qui surplombe Ankara. Ce projet de palais est alors destiné à être la résidence du premier ministre. Après l'élection présidentielle turque de 2014, il est décidé que l’Ak Saray sera la résidence du président de la République et que Çankaya sera celui du Premier ministre. Des défenseurs de l'environnement se mobilisent en vain pour protester contre cette construction dans l'un des rares espaces verts d'Ankara.

Sa construction aura coûté 491 millions d'euros5 ou 1,370 milliard de livres turques. Erdoğan justifiera plus tard ce choix en déclarant que le palais qu'il occupait alors qu'il était Premier ministre était « infesté de cafards ».

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Le palais s'étend sur 200 000 mètres carrés et possède plus de mille pièces, un centre de congrès, des casemates pouvant résister entre autres à des attaques chimiques, une salle de réunion militaire permettant des communications par satellite, un bureau ne comportant aucun dispositif électrique pour prévenir tout « incident ». L'ensemble est construit dans un style néo-seldjoukide, censé rappeler la première dynastie turque qui régna sur l’Orient du XIe au XIIIe siècle.

La grandeur, le coût final et la situation géographique du palais voulus par le président Erdoğan sont à l'origine de plusieurs polémiques en Turquie et à l'étranger.  

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D'après Wikipédia

 

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14 janvier 2020

BASILIQUE DE SUPERGA - TURIN - ITALIE

La basilique de Superga est une basilique mineure de Turin, œuvre de l'architecte baroque italien Filippo Juvarra. Elle est située au sommet une colline, à une dizaine de kilomètres du centre de la ville. Bâtie sur une terrasse artificielle à l'altitude de 670 mètres, elle offre une vue panoramique sur Turin et sur les Alpes. Un chemin de fer à crémaillère permet d'y accéder.

Lors du siège de Turin par l'armée française de Louis XIV lors de la Guerre de Succession d'Espagne, les princes Victor-Amédée II et Eugène de Savoie montent sur la colline de Superga le 2 septembre 1706 pour observer le théâtre des opérations. Ils font alors le vœu d'élever un lieu de culte dédié à la Vierge Marie en ce lieu, à la suite de la victoire des armées piémontaises et autrichiennes.

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La ville de Turin ayant été libérée lors de ce siège, Victor-Amédée II tient sa promesse et les travaux sont confiés à l'architecte italien Filippo Juvarra ( 1678-1736).

Les travaux débutent le 20 juillet 1717. Tout au long de la période de construction, les matériaux sont acheminés sur la colline à dos d'âne sur un très mauvais chemin pierreux, et de grandes quantités de terre sont déplacées pour créer un terrain plat pouvant accueillir la basilique. Celle-ci, inachevée, est inaugurée le 1er novembre 1731 par Charles-Emmanuel III (le duc de Savoie). Elle est une des œuvres les plus importantes de Filippo Juvarra, un chef-d'œuvre de l'architecture baroque. Un escalier monumental mène à un grand portique soutenu par huit colonnes corinthiennes d'inspiration classique (Panthéon de Rome). La basilique est surmontée d'un dôme de style baroque de 65 mètres de haut, entouré de deux belles tours symétriques. Le bâtiment mesure 51 mètres de profondeur et 34 mètres de largeur. La basilique est dotée également d'une crypte devant accueillir les dépouilles des princes de la maison de Savoie.

En 1884, le funiculaire est ouvert pour relier le sommet de la colline de Superga avec le quartier de Sassi à Turin. La ligne, d'environ 3,1 km de long a été électrifiée et transformée en train à crémaillère en 1934.  

L'arrière de la basilique a été affectée par une catastrophe aérienne, le 4 mai 1949, lorsqu'un avion en provenance de Lisbonne a percuté un mur de soutien à l'arrière de la basilique. Il transportait l'équipe et les entraîneurs du Torino Football Club, ainsi que des journalistes et des dirigeants qui l'accompagnaient. 31 personnes à bord de l'appareil furent tuées. Les murs détruits par l'impact de cette catastrophe sont encore visibles, car il a été décidé de ne pas les reconstruire. Aujourd'hui, cet événement tragique est commémoré par un musée et une plaque sur le bâtiment arrière, et une messe solennelle est célébrée tous les 4 mai en mémoire des victimes.

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La crypte de la basilique de Superga est aujourd'hui la nécropole de la famille de Savoie. Tous les souverains de Savoie et de Sardaigne depuis Victor-Amédée II de Savoie jusqu'à Charles-Albert de Sardaigne y sont inhumés à l'exception de Charles-Emmanuel IV de Sardaigne (inhumé dans l'église Saint-André du Quirinal à Rome) et de Charles-Félix de Savoie (inhumé dans l'abbaye d'Hautecombe au bord du lac du Bourget en France).

Pendant la conception de la basilique, en 1711, Filippo Juvarra a prévu de créer un espace souterrain sous le presbytère de l'église, ayant pour fonction l'inhumation des membres de la maison de Savoie. Toutefois, en raison du manque de financement, l'idée a été temporairement mise de côté. Les premiers documents parlant de travaux pour la construction d'une crypte remontent à août 1728, lorsque, dans une description de la basilique, on parle de « creuser dans le sol du chœur et du sanctuaire pour former une chapelle souterraine ». Mais ce n'est qu'en 1774 que le roi Victor-Amédée III de Sardaigne ordonne à l'architecte François Martinez, neveu de Filippo Juvara, de fixer le sous-sol pour faire une nécropole royale. François Martinez collabore avec les architectes Bosio, Ravelli et Rana, pendant quatre années. C'est donc en 1778 que Victor-Amédée III inaugure la crypte et commence à l'inhumation de dépouilles royales qui avaient été inhumées dans d'autres endroits. Les symboles et les références à la magie, à l'alchimie et à l'ésotérisme abondent dans toute la décoration. Les sols et les revêtements des murs sont décorés de couleurs vives (en majorité noir, blanc, rouge, vert et or).

Au centre de la crypte se situe la première salle, dite « salle des rois », d'où on peut accéder à quatre autres salles. Les dépouilles royales se répartissent donc dans cinq salles formant la crypte.

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La crypte

 

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13 janvier 2020

RADISSON ROYAL HOTEL - MOSCOU - RUSSIE

De son ancien nom, Hôtel Ukraine, le Radisson Royal Hotel, Moscou, est un gratte-ciel de 198 mètres, comportant 34 étages ; il a été construit en 1955 et fait partie du groupe de bâtiments appelé « Les Sept Sœurs », les gratte-ciels staliniens.

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12 janvier 2020

EGLISE SAINT-MICHEL D'AIGUILHE - HAUTE-LOIRE

L’église Saint-Michel est une église romane située à Aiguilhe, commune limitrophe du Puy-en-Velay. Édifiée sur un piton volcanique, le rocher d’Aiguilhe, de 82 mètres de hauteur, l'église dédiée à Saint Michel est accessible par un escalier de 268 marches.

L’évêque du Puy-en-Velay Gotescalc, premier pèlerin reconnu de Saint-Jacques-de-Compostelle, est à l’origine de la fondation d'une chapelle construite par le chanoine Truanus (Truand) doyen de la cathédrale. Elle est achevée en 961 dans un style préroman prenant la forme d'un oratoire aulique. Certains évoquent antérieurement un temple dédié à Mercure et pensent que l'institution religieuse a voulu ainsi opérer une substitution de cultes à la divinité lumineuse Lug-Mercure. Aucune trace archéologique n'a été retrouvée, l'aménagement de l'escalier d'accès date de cette époque et le texte de fondation contemporain de son érection évoque que seuls quelques hommes très agiles escaladaient ce rocher.

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Une histoire renforce la renommée du rocher, celle du saut de la pucelle : une jeune fille accusée d'inconduite est jetée du haut du rocher à titre de châtiment probatoire; elle en réchappe prouvant son innocence; après avoir une autre fois renouvelé le miracle, elle recommence et se tue.

Dès sa fondation, elle dépend du chapitre de la cathédrale tant pour le matériel et les revenus que pour le service liturgique ; le chapitre restera jusqu'à la révolution seigneur d'Aiguilhe. Le pèlerinage est le plus souvent une étape de la dévotion à la cathédrale mais l'histoire a retenu l'ascension de certains pèlerins célèbres : Charles VII, Louis XI et Charles VIII. Si des ermites ont occupé des grottes sur le chemin de la chapelle, il n'y a pas de preuve d'une occupation permanente du rocher ; en l'absence de documents écrits, la signification des traces de constructions en dehors de trois oratoires n'est pas encore comprise.

Trois oratoires sont construits qui émaillent l'escalier d'accès : deux sont dédiés aux archanges Raphaël et Gabriel, le troisième est dédié à saint Guinefort, lévrier sanctifié protecteur des enfants dont le culte est condamné en vain par le Concile de Trente. Ce chien serait évoqué dans les sculptures du portail. Ils ne sont plus qu'à l'état de vestiges en 1809.

N'étant pas une paroisse, elle est abandonnée à la Révolution, son existence est alors menacée. Elle est tirée de l'ombre pour son intérêt architectural et pictural par une élite éclairée dont Prosper Mérimée qui s'intéresse aux peintures murales. Elle est alors confiée à L’État et bénéficie de la première liste d'inscription comme monument historique protégé en 1840.

Mallay, architecte diocésain, est chargé de faire établir un devis des réparations à effectuer et relève le clocher de la chapelle. Anatole Dauvergne réalise un certain nombre de dessins, d'aquarelles et de relevés des vestiges de peintures alors conservées ; certaines ont disparu depuis et ces relevés sont la seule trace de cet existant ; après avoir été répertoriées, elles sont ensuite restaurées.

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Des travaux sous l'autel majeur en 1955 permettent la découverte d'un trésor reliquaire : un christ polychrome en olivier, une croix pectorale, un coffret en ivoire et des tissus enfermés entre deux plateaux. Ces rares objets romans ont été placés là lors de la consécration de l'autel. Ils sont exposés derrière une vitrine contre un pilier du chœur. Des restaurations des peintures murales sont réalisées en 2003 et 2004. Des travaux de purge et de consolidation du rocher sont effectués régulièrement, les derniers sont entrepris en 201710

La situation de l'édifice est hautement symbolique sous plusieurs angles ; au sommet de son rocher il surplombe la cathédrale ; le rocher dédié à saint Michel, sa chapelle au sommet, ses fortifications complétées à la fin du Moyen Âge, font d'Aiguilhe le bourg qui s'est constitué autour du sanctuaire la protection du bourg-cathédrale lui aussi entouré de fortifications. Ces éléments sont dans la ligne du rôle de saint Michel à l'époque romane : l'archange placé au dessus de Notre-Dame et le soldat protecteur des portes.

Certains relient l'architecture et le décor aux réalisations de l'art omeyyade par le biais de l'influence des pèlerins le long des grandes routes françaises du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et, en particulier, le long de la Via Podiensis qui passe par Aiguilhe ; cette idée très répandue au XIXe siècle et début du XXe siècle est remise en cause. La critique souligne que l'influence hispanique est peu probable pour la première construction contemporaine du pèlerinage initial et que l'église Saint-Michel n'a pas d'édifice frère sur cette voie de pèlerinage. Il semble que l'inspiration vienne plutôt de Rome vers laquelle se tourne la société carolingienne et de la route du Mont Gargan sanctuaire de Saint Michel.

L'édifice initial fondé par Truand est un oratoire à plan centré carré d'inspiration romaine couvert d'une coupole flanquée de trois absidioles voûtées en cul-de-four formant une croix comme l'état primitif de l'oratoire carolingien de Germigny-des-Prés. Les peintures murales dont il est orné datent de sa construction ce qui en fait un rare ensemble de peintures préromanes. L'abside sud est détruite pour l'aménagement de la chapelle au XIIe siècle.

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La construction de cette chapelle sur un plan original s'adapte complètement dans son format, son plan et son orientation à la forme de la plateforme. Malgré la ressemblance, il n'y a pas de déambulatoire mais une nef construite dans le prolongement et à la place de l'abside ouest entourée d'une galerie à voûte d'arêtes qui conduit après quelques marches sous une avant tribune et une tribune à l'entrée et débouche après deux travées sur le parvis et la façade sculptée et polychrome orientée sud est qui fait la célébrité du monument. Si l'oratoire est orienté, la chapelle est désaxée nord-ouest sud-est.  

La polychromie de la mosaïque de pierre caractéristique de l'art roman auvergnat comme à la cathédrale du Puy ou sur l'abside de l'Église Saint-Austremoine d'Issoire, les sculptures en bas-relief du fronton, les sculptures des chapiteaux ne peuvent être comprises que comme un programme indissociable des peintures polychromes qui recouvraient complètement l'intérieur et le fronton. Les lacunes et les siècles passés nous privent d'une compréhension claire de certains éléments de ce programme.

La porte est encadrée de deux colonnes surmontées chacune d'un chapiteau sculpté de feuilles d'acanthe et d'un motif anthropomorphe ou zoomorphe. Elle est surmontée d'un linteau sculpté orné de deux sirènes affrontées, qui supporte un tympan bordé d'une frise de rinceaux. Sur cette archivolte s'appuie l'arc trilobé, orné de rinceaux et de motifs anthropomorphes. L'intérieur des lobes est orné de scènes sculptées, dont l'agneau pascal et des groupes de vieillards évoquant l'Apocalypse. L'absence de motifs du tympan a soulevé l'hypothèse d'un décor en stuc dont un élément a été retrouvé à l'occasion de fouilles.

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Au-dessus de l'arc prend place un décor de mosaïques de pierres polychromes surmonté d'arcatures sous lesquelles est représenté le Christ entouré de Saint Jean, la Vierge, l'archange Michel et Saint Pierre.

Les trente deux chapiteaux romans de la chapelle sont hétérogènes, certains portent des palmettes ou des motifs végétaux d'autres sont plus ouvragés ; ils portent des traces de polychromie, ils étaient systématiquement peints, pour certains la sculpture est inachevée ce qui n'apparaissait pas une fois peints. Trois campagnes de peintures sont identifiées : un premier décor roman dans le chœur, la chapelle primitive, un deuxième décor roman dans ce qu'on appelle l'avant-tribune et la tribune, le cycle des rois mages sur la voûte de la nef et le décor de la galerie d'époque gothique.

Le décor de la galerie a presque totalement disparu, celui de la nef a été identifié comme un cycle de trois scènes de Rois mages, dans le chœur le tétramorphe, l'archange et la Jérusalem céleste évoquant le jugement dernier sont reconnaissables, L'avant tribune et la tribune sont ornées de motifs géométriques, d'oiseaux et d'une adoration de la vierge.

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D'après Wikipédia

 

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