PASSION ARCHITECTURE

15 février 2019

STYLE TUDOR

Le style Tudor constitue l’aboutissement de l’architecture médiévale britannique tel qu'il s'exprime au cours de l’ère Tudor (1485-1603) et au-delà, à l’initiative des mécènes conservateurs des collèges d’université. Ce style succède au style perpendiculaire et, quoique supplanté par l’architecture élisabéthaine dans les édifices civils, le style Tudor continue de marquer de son empreinte le goût britannique pour des siècles antériurs et poursuit une évolution parallèle, comme on le voit dans les extensions données à quelques collèges des universités d’Oxford et de Cambridge jusqu’à l’apparition du style néogothique.

Un trait caractéristique de ce style est l’arc à quatre centres, dit « arc Tudor » ; les oriels les plus remarquables se rattachent également à ce courant ; l’ornementation, plus réaliste, prend aussi davantage de relief.  

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Oxburgh Hall

On distingue les édifices de style Tudor à six traits distinctifs :

  • des édifices de petites briques, ornementés,
  • des colombages purement décoratifs
  • un toit à forte pente
  • des pignons croisés en déport
  • des portes et fenêtres à la fois hautes et étroites
  • de petites baies
  • des cheminées très hautes, souvent couronnées d’ornements à leur sommet

Néanmoins, l’expression « style Tudor » reste vague, dans la mesure où elle sous-entend à la fois une continuité artistique tout au long du règne de la Maison Tudor, y compris le mouvement élisabéthain. Par contre l'avènement des Stuart en 1603, avec le roi Jacques, apporte un réelle rupture. 

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Cheminées typiques de l'ère Tudor

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Arc Tudor

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Little Moreton Hall

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Maisons Tudor à Warwick

D'après Wikipédia

 

 

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14 février 2019

HIGH MUSEUM OF ART - ATLANTA - ETATS-UNIS

Fondé en 1905, le High Museum of Art est le principal musée d'Atlanta en Géorgie. Ses collections permanentes offrent 14 000 œuvres aux visiteurs ; les collections américaines des XIXe et XXe siècles sont particulièrement riches.

Le musée a été fondé en 1905 sous le nom de Atlanta Art Association. En 1926, la famille High, qui a donné son nom au musée, fait don de sa maison familiale sur Peachtree Street pour héberger les collections. Un bâtiment séparé, adjacent à la maison d'origine, a été construit en 1955.

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En 1983 ouvre le pavillon conçu par l'architecte Richard Meier. Critiqué lors de son inauguration, le pavillon, aujourd'hui rebaptisé le Stent Family Wing, est maintenant un élément distinctif de musée. En 2002, trois nouveaux bâtiments conçus par Renzo Piano ont doublé la taille du musée. Lorsque le musée a eu besoin de plus d'espace d'exposition pour l'art contemporain, une condominium de l'autre côté de la rue a été acquis. Son deuxième étage sert de lieu d'exposition.

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Les ajouts de Renzo Piano :

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D'après Wikipédia

 

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13 février 2019

PALAIS DE MONACO

Le palais de Monaco, communément appelé palais princier est la résidence officielle du prince de Monaco depuis 1297. Il est situé en haut du rocher de Monaco, surplombant la Méditerranée de 60 mètres.

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Construit en 1191, à l’origine pour devenir une forteresse de la République de Gênes, cet édifice a connu au cours de son histoire, bombardements et sièges par de nombreuses forces étrangères. Depuis la fin du XIIIe siècle, c'est la demeure de la Maison Grimaldi, famille qui conquiert le lieu en 1297. L’étroitesse du territoire explique pourquoi cette résidence est habitée pendant plus de sept siècles par la famille princière. Aujourd'hui, le palais est la résidence d’Albert II.

L'histoire de Monaco est antérieure à l'occupation romaine de 122. Son port naturel garantit alors un flot continu de visiteurs venant de Byblos, Tyr et Sidon. Plus tard les Phéniciens y viennent pour faire commerce de la soie, de l'huile et des épices. Ce sont eux qui introduisent dans cette partie de la Méditerranée leur dieu Melqart connu plus tard par les Romains sous le nom de Hercules Monoikos. C'est d'après ce dieu que les Romains renomment la cité Portus Hercules Moneici, qui évoluera ensuite vers son nom actuel de Monaco.

Une forteresse est établie en 1191 lorsque le port est acquis par la République de Gênes. Le lieu et ses alentours sont donnés aux Génois par l'empereur Henri IV à la condition que ceux-ci protègent la côte de la piraterie. Au XIIe siècle Gênes tient une place importante dans la politique européenne. Les Génois sont une nation de marchands riches, qui remplissent souvent le rôle de banquier pour les autres États-nations.

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Cependant, ces derniers se divisent lorsque l'Empereur Frédéric II défie le pouvoir du pape Innocent IV. Deux factions sont formées : les Guelfes, soutenant le pape et les Gibelins, fidèles à la couronne impériale. Aux côtés des Guelfes, on trouve l'une des familles patriciennes de Gênes, les Grimaldi. Tout au long du XIIIe siècle, les deux camps s'affrontent. À la fin du siècle, les Gibelins ressortent vainqueurs et chassent leurs opposants de Gênes, dont les Grimaldi qui s'établissent alors dans la région actuellement connue sous le nom de Côte d'Azur. Plusieurs chateaux Grimaldi témoignent de la forte présence de branches de cette famille dans les environs.

La légende relate que le 8 janvier 1297, François Grimaldi, dit "le Rusé", se faisant passer pour un moine franciscain demandant asile pour la nuit, parvint à entrer dans la citadelle afin de pouvoir ouvrir les portes à ses soldats. Ils capturent alors la forteresse. Depuis, l'édifice est devenu le siège des Grimaldi. Cet événement est célébré par la statue de François Grimaldi dans le quartier du palais. C'est pourquoi, les armoiries de la Maison Grimaldi et de la principauté représentent deux moines armés chacun d'une épée tenant le blason de Monaco. Ce moine pourrait aussi une autre explication à l'origine du nom, puisque monaco en italien veut dire moine.

Charles Grimaldi, fils du cousin François Grimaldi, qui dirige Monaco entre 1331 et 1357 agrandit significativement la forteresse en ajoutant deux grands bâtiments. L'un, contre les remparts est, et le second faisant face à la mer. Ces agrandissements changent la physionomie de la forteresse en la transformant en résidence fortifiée. Cependant les fortifications gardent toute leur utilité car pendant les trente années suivantes, la forteresse est alternativement perdue et regagnée par les Grimaldi contre les Génois. En 1341, les Grimaldi prennent Menton et Roquebrune consolidant ainsi leurs pouvoir sur la région. Ils renforcent les défenses du port ainsi que la forteresse du rocher.

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Pendant les siècles suivants, les Grimaldi doivent se défendre des attaques successives de puissances étrangères. La forteresse est fréquemment bombardée, endommagée et restaurée. Progressivement, les Grimaldi signent des alliances avec le Royaume de France qui a pour effet de renforcer et protéger leur position. Ainsi, bénéficiant d'une sécurité, les seigneurs de Monaco ressentent le besoin de posséder une demeure à l'image de leur pouvoir et prestige.

Au cours du XVe siècle, la lente transformation de la maison fortifiée en palais commence. Cette période voit une extension de la partie est de la forteresse avec un corps de logis principal de trois niveaux, protégé par de hauts murs connectés par les tours de Sainte-Marie, du Milieu et du Midi. Une loggia est construite sur deux étages, avec cinq arches par étages.

Au début du XVIe siècle, Lucien de Monaco ajoute une aile supplémentaire sur la gauche du corps principal qui abrite aujourd'hui les appartements d'État.

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Le palais fait travailler aujourd'hui environ 270 personnes, en 18 corps de métier (jardiniers, peintres, maçons, cuisiniers et notamment 110 carabiniers). Les « Grands Appartements » sont ouverts au public durant l'été, et depuis 1960, la cour d'honneur du palais est le théâtre de concerts en plein air donnés par l'Orchestre philharmonique de Monte-Carlo.

La Tour Sainte-Marie où flotte l'étendard indiquant la présence du souverain dans le Palais.

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D'après Wikipédia

 

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12 février 2019

FIFTH THIRD CENTER - NASHVILLE - ETATS-UNIS

Le Fifth Third Center appelée anciennement Financial Center est un gratte-ciel de bureaux construit à Nashville dans le Tennessee en 1986. Jusqu'en 1994 et la construction du Bell South Building (aujourd'hui le AT&T Building), c'était le plus haut immeuble du Tennessee. Fin 2009 c'était le deuxième plus haut gratte-ciel de Nashville. Son architecte est l'agence est Kohn Pedersen Fox. L'immeuble est très marqué par le style post-moderne et s'inspire en partie de l'architecture de Nashville.

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11 février 2019

CHATEAU DE LAURISTON - EDIMBOURG - ECOSSE

Le château de Lauriston est d'abord une maison-tour du XVIe siècle, agrandie par une extension au XIXe, exploitée aujourd'hui comme hôtel restaurant de luxe.

La maison-tour d'origine est construite vers 1590 par le lord Archibald Napier de Merchiston. Elle est ensuite acquise en 1683 par la famille Law of Brunton du clan Law of Lawbridge, devenue ensuite Law de Lauriston, baronet de Lauriston en Écosse et père de John Law de Lauriston, et marquis de Lauriston en France au XIXe siècle. La branche cadette de cette famille conserve le château jusqu'en 1823.

Comme tout château écossais, la légende raconte qu'il est hanté par un fantôme que l'on entend marcher dans les pièces...

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10 février 2019

ARCHITECTURE ROMANE (4) - GEOGRAPHIE

L'esprit de l'architecture romane conçu par l'Église comme un moyen d'évangélisation mis au service de tous s'est diffusé dans l'Europe entière jusqu'au plus profondes campagnes. Les grands courants artistiques ont propagé très loin les principaux caractères architecturaux. L'extraordinaire liberté de création ignore l'imitation passive mais crée grâce aux diverses contraintes rencontrées des variantes infinies dans les milieux locaux les plus homogènes confrontés aux réalités artistiques qui traversent ces deux siècles romans.

Dans cette grande diversité, on peut trouver l'existence d'orientations régionales liées à un terroir ou un milieu particulier, un passé, des liens historiques, des différences sociales ou des espaces politiques plus ou moins stables mais on ne peut pas enfermer l'architecture romane dans des cadres trop rigides dans une histoire en devenir.

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Crypte, Saint-Eutrope, Saintes.

L'Aquitaine

Au début du XIe siècle, l'Aquitaine est une grande principauté s'étendant sur les deux tiers du Massif central, la Gascogne, les régions du Centre-Ouest et, sous l'autorité du duc, les comtés d'Anjou, de Toulouse et d'Armagnac. Cet état féodal est au cœur de la civilisation romane où les architectes apportent aux problèmes de voutement trois types de solutions. Ils utilisent le plan basilical à tribunes pour stabiliser le système de voûtes mais fractionnent l'espace ce qui est contraire au goût local qui préfère de grands espaces libres. Une des solution avant la file de coupoles venue d'Orient vers 1100 passe par la diminution de la largeur du vaisseau central par une double colonnades et des collatéraux de même hauteur. De cette solution naît l'église poitevine classique avec une nef et des collatéraux de même hauteur voûtés de berceaux brisés.

L'église Saint-Hilaire le Grand de Poitiers est un édifice charpenté de tradition carolingienne remaniée au début du XIIe siècle pour le couvrir de voûtes. Dans la nef l'architecte, pour réduire la portée instale deux lignes de piles quadrilobées formant un collatéral intérieur entre la nef et les collatéraux extérieurs. L'organisation des volumes se retrouve à la basilique Saint-Eutrope de Saintes dont il ne reste que la partie orientale avec le chevet roman et la crypte où de gros boudins remplacent les arcs doubleaux et retombent sur de puissants chapiteaux.

L'abbatiale de l'abbaye de Saint-Savin-sur-Gartempe est une église-halle voutée de type poitevin. Sa nef est marquée par un désaxement entre les travée orientale couverte par une voûte en berceau avec des collatéraux voutés d'arêtes. Cette configuration permet un éclairage direct des fresques de la voûte. Les travées occidentales possèdes des arcs doubleaux fractionnant l'espace.

L'église Saint-Pierre d'Aulnay représente le type d'édifices à tribunes et trois berceaux se contrebutant mutuellement arrivé à sa parfaite maturité. Elle appartient au groupe des grandes églises d'Aquitaine richement ornée comme l'église Notre-Dame-la-Grande de Poitiers, Saint-Nicolas de Civray et l'abbaye Saint-Jouin de Marnes.

Sainte-Foy de Conques est une grande basilique du milieu du XIe siècle entièrement voutée, à tribunes et déambulatoire. Son plan qui a conservé une grande unité est celui d'un certain nombre de grandes églises à reliques. Sa construction permet une bonne analyse de l'évolution de l'appareil et de la taille de pierre et son élévation est marquée par la présence de tribunes continues sur les collatéraux, dans le transept et le chœur mais avec une simple coursière au nord et au sud des croisillons.

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Notre-Dame-la-Grande, Poitiers

Une version agrandit et plus tardive d'une église de pèlerinage, Saint-Sernin de Toulouse commencée en 1075, 25 ans après l'abbatiale Sainte-Foy de Conques a des collatéraux doubles avec un collatéral dans le transept permettant une circulation périphérique au niveau des tribunes.

En Auvergne le part architectural de la basilique voûtée, à tribunes et à déambulatoire avec des chapelles rayonnantes est reproduit avec une grande ferveur jusqu'à une cinquantaine de kilomètres autour de la basilique Notre-Dame-du-Port de Clermont-Ferrand. Les églises Saint-Austremoine d'Issoire, de Saint-Nectaire, la basilique Notre-Dame d'Orcival et l'abbatiale de Mozac dont le chevet a été détruit par des tremblements de terre au XVe siècle sont traitées avec les mêmes caractéristiques particulières. À Notre-Dame-du-Port le chevet posé sur une crypte de même plan possède un déambulatoire entourant le chœur et l'abside avec quatre absidioles rayonnantes. Les arcades de l'hémicycle reposent sur des chapiteaux ornés d'un important programme iconographique. Le transept est inscrit dans un volume barlong surplombant les toitures dans lequel par une construction savante, une coupole est stabilisée par de hautes voûtes en quart de cercle. À l'extérieur les volumes richement décorés s'organisent dans une harmonieuse progression jusqu'au transept et au massif de la coupole.

Le parti architectural des églises à files de coupole forme une grande famille en Aquitaine avec la cathédrale Saint-Pierre d'Angoulême, l'église Saint-Étienne-de-la-Cité de Périgeux, la cathédrale de Cahors et l'abbaye Sainte-Marie de Souillac. La cathédrale Saint-Front de Périgueux surprend par son plan exceptionnel qui est celui d'un véritable martyrium.

La cathédrale du Puy-en-Velay fait partie des églises à file de coupole mais est différente des précédentes car les coupoles ne sont pas montées sur pendentifs mais sur trompes et la nef est munie de collatéraux. Malheureusement des restaurations lourdes du XIXe siècle perturbent l'aspect de ces édifices à files de coupoles.

Le Royaume anglo-normand

Une seule province française, la Normandie avec l'Angleterre soumise par Guillaume le Conquérant correspond à peu près à une école régionale définie au XIXe siècle. La stabilité de l'État avec des limites fixes et un pouvoir fort favorise un exceptionnel dynamisme architectural. En un temps record et grâce au mécénat du duc-roi les architectes normands et insulaires conduisent l'architecture romane jusqu'aux frontières du gothique.

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Notre-Dame de Bernay

Cette époque marque le sommet de l'histoire normande et à la différence des aspects régionaux de l'art est à un degré éminent l'art d'un état et seul l'art ottonien manifeste un lien quoique plus lâche avec un cadre politique. On y trouve la même volonté de faire exprimer par les grands monuments une conception idéologique fondée sur une étroite collaboration des cadres politiques et ecclésiastiques.

L'art roman normand dépasse les limites du duché et les aventuriers et bannis normands, à partir de 1020 s'emparent de l'Italie du Sud et de la Sicile et y emportent quelques traits de leur architecture qui sont associés aux apports byzantins et musulmans. Après 1066 et la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant et jusqu'en 1204, c'est un va-et-vient constant d'hommes, d'argent et même de matériaux entre le royaume d'Angleterre et le duché de Normandie qui n'ont connu qu'un seul art normand.

Le duché de Normandie

Dans le duché de Normandie c'est à Notre-Dame de Bernay que l'on trouve les premières traces de l'architecture romane dans un monastère fondé quelques années avant 1017 par l'épouse du duc Richard II sous la protection de Guillaume de Volpiano et de l'abbaye de la Trinité de Fécamp. L'église comporte une nef charpentée de sept travées avec des collatéraux, un transept saillant à absidioles orientées, une tour lanterne à la croisée, un chœur de deux travées avec une abside et deux absisioles pour former un chevet échelonné et très développé. L'élévation est à trois niveaux avec des arcades sur des piles quadrangulaires, des baies géminées et des fenêtres hautes. Dans le croisillon sud apparaît une innovation, une circulation à l'intérieur du mur au niveau des fenêtres hautes que l'on peut voir à travers d'étroites arcades.

L'abbaye de Jumièges est un ancien monastère détruit par les normands et relevé par leurs descendants. Le plus important des trois sanctuaires de l'ancienne abbaye, l'église Notre-Dame est reconstruite au début du XIe siècle à une époque où les reconstructions se multiplient en Normandie grâce aux ducs et aux principaux dignitaires. Commencée vers 1040-1052, Notre-Dame de Jumièges appartient à un type architectural plus élaboré que Bernay. Le chevet roman, le chœur et une partie du transept sont remplacés vers 1267-1270 mais des fouilles ont révélé le plan d'origine. L'église d'une longueur totale de 80 mètres avec une nef charpentée de 25 mètres de hauteur et des collatéraux voutés d'arêtes, un transept saillant à deux absidioles orientée et une tour-lanterne à deux étages, présente un massif occidental rappelant l'architecture carolingienne et ottonienne. Cette partie en saillie qu'encadre deux grosses tours comporte un porche surmonté d'une tribune ouverte sur la nef. L'élévation à trois niveaux possède des piles alternativement fortes et faibles avec une colonne engagée montant sur toute la hauteur de la nef. Cette technique reprise dans de nombreux édifices normands facilitera la naissance de la croisée d'ogives.

À Caen, Guillaume le Conquérant et son épouse fondent pour des motifs religieux et politiques deux monastères avec à l'ouest l'église Saint-Étienne et à l'est l'église de la Trinité. Le duc confie en 1063 la construction de Saint-Étienne à Lanfranc puis le nomme abbé de Saint-Étienne en 1066 et archevêque de Canterbury en 1070 où il reconstruit la cathédrale de Canterbury. L'église Saint-Étienne est construite entre 1065 et 1083 et son influence est déterminante pour l'architecture du duché et du royaume d'Angleterre. Elle marque l'aboutissement des recherches régionales antérieures dont l'abbaye de Bernay et l'abbaye de Jumièges et les portions qui restent de l'église Saint-Étienne sont semblables en plan et en arrangement aux portions correspondantes de la cathédrale de Canterbury. Dans la nef des colonnes engagées assurent une division en huit travées avec en alternance des piles faibles et fortes par l'ajout d'un pilastre. L'élévation a trois niveaux avec des tribunes dont les baies occupent la largeur de la travée. À l'étage des fenêtres hautes, une coursive expérimentée à Bernay et Jumièges trouve un nouveau développement. Elle occupe le milieu du mur et s'ouvre sur la nef avec une grande légèreté. La nef charpentée est couverte de voûtes sexpartites sur croisées d'ogives vers 1125 et cette logique architecturale ouvre la voie vers l'architecture gothique. La façade occidentale austère mais d'une grande harmonie exprime la structure intérieure par de puissants contreforts et des ouvertures sur trois niveaux. La croisée centrale du transept portait une énorme tour-lanterne et les travées des croisillons ont des tribunes comme à l'église Saint-Nicolas de Caen et à l'abbaye Saint-Georges de Boscherville. 

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Eglise Saint-Etienne de Caen

L'abbatiale de Cerisy-la-Forêt fondée en 1030 par le duc Robert le Magnifique pousse très loin l'allègement des murs par des ouvertures sur toutes les élévations et l'abbatiale de l'Abbaye Sainte-Trinité de Lessay renferme probablement dans le croisillon sud de son transept la première croisée d'ogives que l'architecture romane normande lèguera au style gothique.

L'Angleterre

L'architecture romane en Angleterre est introduite par le roi Édouard le Confesseur à l'abbaye de Westminster consacrée en 1065. La conquête normande de l'Angleterre de 1066 et l'invasion entraînent la naissance d'un art roman anglais qu'il ne faut pas confondre avec celui s'épanouissant en Normandie continentale. Guillaume le Conquérant devenu roi d'Angleterre organise ce pays et en retire de grandes richesses qui financent de nombreux chantiers en Angleterre où de nombreux religieux normands sont mis à la tête d'importants diocèses. L'influence normande forte après l'invasion intègre progressivement la culture anglo-saxonne.

Après les invasions danoises de 1013 et les problèmes économiques, une vague de construction s'amorce entre 1042 et 1066 avec Édouard le Confesseur dont la mère est normande qui introduit l'art roman en Angleterre, les modestes églises en appareil réticulé sont remplacées par des édifices plus importants orientés vers l'Est. Le plus ancien monastère d'Angleterre, Canterbury est érigé en 1049 et est encore inachevé en 1059.

Après 1066, la reconstruction complète des cathédrales saxonnes d'Angleterre par les Normands représente le plus important programme de constructions ecclésiastiques de l'Europe médiévale et les plus grandes structures érigées dans l'Europe chrétienne depuis la fin de l'Empire romain. Toutes les cathédrales médiévales d'Angleterre sauf Salisbury, Lichfied et Wells ont des traces d'architecture normande. La cathédrale de Peterborough, la cathédrale de Durham, et la cathédrale de Norwich sont presque entièrement normandes et dans les autres, il reste des parties importantes : les nefs de la cathédrale d'Ely, de la cathédrale de Gloucester et de Southwell Minster, le transept de la cathédrale de Winchester.

De la Loire à l'Escaut

Au cœur du royaume capétien où naîtra l'architecture gothique par la volonté de son roi, la créativité à l'époque romane est réservée à des monuments relativement éloignés comme l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire près d'Orléans dont le rayonnement spirituel est lié aux reliques de saint Benoît, le père des moines d'Occident. Sa tour-porche dérivée des massifs occidentaux carolingiens avec une chapelle à l'étage est massive et plus importante que ceux de l'abbaye Saint-Paul de Cormery, l'église Saint-Ours de Loches, Saint-Hilaire le Grand de Poitiers, l'abbaye de Lesterps, l'abbatiale de Saint-Savin-sur-Gartempe, l'église Saint-Léger d'Ébreuil. L'ensemble sculpté du XIe siècle est un des plus célèbres de la sculpture européenne.  

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Saint-Benoît-sur-Loire

L'église Saint-Étienne de Vignory à l'est de la Champagne tient une place importante dans le développement de l'église à déambulatoire. Son chevet construit vers 1051-1057 est marqué par de nombreuses hésitations sur le parti architectural à tenir. Le déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes est très archaïque. L'hémicycle est composé alternativement de colonnes et de piles carrées surmontées de chapiteaux décorés de quadrupèdes d'allure romane.

L'église Notre-Dame de Morienval dans l'Oise est célèbre pour ses voûtes d'ogives archaïques qui se comportent encore comme des voûtes d'arêtes et montrent surtout la rusticité des techniques en Île-de-France avant l'ouverture du chantier de Saint-Denis.

Aux limites du royaume de France, la cathédrale de Tournai, participe à la découverte d'une nouvelle esthétique et sa nef est une des plus grandioses de l'architecture romane. Son élévation est à quatre niveaux avec une volonté de souligner l'horizontalité, sans éléments verticaux rompant ce parti où la travée devient inutile. Ces tribunes avec des baies non recoupées reprennent les recherches effectuées dans le monde anglo-normand. À l'extérieur, on retrouve la prédominance des horizontales avec trois rangées de fenêtres et des contreforts larges et peu saillants. Cette réalisation reste un modèle pendant un demi-siècle.

À partir du XIIe siècle, les régions de l'Oise, de l'Aisne et de l'Escaut sont les plus novatrices dans le passage de l'architecture romane vers le gothique primitif. Les architectes donnent à la croisée d'ogives son rôle véritable, brisent les ogives à la clé pour leur donner une solidité plus grande encore et diminuer les poussées. En même temps, grâce à l'emploi de l'arc brisé utilisé par les architectes de Bourgogne au début du XIIe siècle, ils relèvent suffisamment la clé des arcs pour que la voûte soit plus bombée. L'emploi de l'arc-boutant à la fin du XIIe siècle permet aux constructeurs de porter à la perfection la voûte sur croisée d'ogives, et toutes les poussées sont ramenées sur les quatre points de retombée.

Les régions du Rhin et de la Meuse

Dans le pays de la Meuse, berceau de la dynastie carolingienne et celle du Rhin, les invasions du IXe n'ont pas brisé la continuité de l'architecture carolingienne qui se prolonge dans celle des ottoniens. Cet art de l'époque romane, contrairement aux autres régions peut-être à l'exception du monde anglo-normand se développe dans un espace plus homogène que celui des espaces fracturés par les multiples décideurs de l'Europe romane.

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Chevet de l'église Sainte-Marie-du-Capitole, Cologne

Les historiens germaniques font remonter la naissance de l'art roman après l'art ottonien qui se développe dans un cadre politique impérial et réservent le terme style roman à la dernière phase de l'évolution architecturale. L'architecture ottonienne participe à une renaissance et la volonté des empereurs de la nouvelle dynastie ottonienne de restaurer le Saint-Empire romain germanique. Elle s'étend de la mer du Nord et de la Baltique aux régions alpines et de la Saône au-delà de l'Elbe et de Magdebourg. La frontière entre l'architecture ottonienne et l'art roman primitif est imprécise, située entre 1020 et le milieu du XIe siècle suivant les auteurs.

L'abbatiale de Morienval dans son état du XIe siècle peut être rattachée au même courant architectural que la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles dont le massif occidental du XIIe siècle remplace un autre chœur carolingien ou ottonien. On peut dater les débuts de construction vers l'an mil avec une consécration en 1046, le transept vers 1050 et le chœur oriental peu après. Son organisation reprend les caractéristiques de l'architecture carolingienne avec des volumes bien distincts aux extrémités Est et Ouest de l'édifice et l'absence d'entrée dans l'axe de la nef. Entre les deux chœurs, la nef est rythmée par des piles rectangulaires avec au milieu une rupture par un arc diaphragme sur des piliers cruciformes. Sous le sanctuaire une crypte-halle de six travées voutée d'arêtes était entourée d'un déambulatoire. À l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Ottmarsheim l'admiration pour l'ère carolingienne va jusqu'à reproduire au milieu du XIe siècle la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle de Charlemagne dans une version simplifiée avec le goût et le décor du premier art roman.

Dans la région du Rhin moyen, au milieu du XIe siècle s'opère le passage progressif de l'architecture ottonienne à l'art roman. Il est particulièrement visible à l'abbatiale de Limbourg-en-Hardt dans le Palatinat fondée en 1025 par Conrad II et consacrée en 1042 puis abandonnée en 1504 à la suite d'un incendie. Elle imagine l'ère romane et on peut y voir des influences du chantier de la cathédrale de Strasbourg et de Mersebourg. Elle est liée à la cathédrale de Spire fondée aussi par Conrad II. Ces églises appartiennent à la fin de l'époque ottonienne sous la dynastie franconienne. À Limbourg, le parti architectural d'ensemble reste celui de la basilique à transept charpentée avec des alignements de colonnes supportant de grandes arcades. L'innovation passe par la présence à la croisée du transept d'une tour-lanterne autour de laquelle s'organise le chevet, les croisillons et le sanctuaire de plan carré et de même hauteur.

Après l'abbatiale de Limbourg, Conrad II reconstruit la cathédrale de Spire dès 1030 avec des dimensions exceptionnelles d'une longueur de 133 mètres et un transept de 50 mètres. Son plan reprend les dispositions du chevet, du transept et probablement de la tour-lanterne de Limbourg. Le chœur d'une travée droite avec deux tours de part et d'autre adopte le parti du chevet harmonique et une vaste crypte-halle est destinée à la sépulture impériale. Le traitement de la nef où on cherche à créer un nouvel ordre colossal est scandé par des colonnes engagées dans des piliers rectangulaires recevant de grandes arcades. Cette impression de travées dans un bâtiment charpenté est contemporaine du développement des travées voutées du premier art roman méridional.

L'église Sainte-Marie-du-Capitole de Cologne construite au milieu du XIe siècle présente un chevet original tiré des édifices antiques à plan centré, un triconque avec déambulatoire relié à une nef. Il implique un chœur en forme de trèfle de 49 mètres dans sa plus grande dimension avec au centre l'autel éclairé par l'abside, les croisillons et probablement une tour-lanterne. L'ouest de la nef est occupé par un massif avec un porche et une tribune entourée de deux tourelles d'escaliers. Une vaste crypte-halle de plan complexe occupe l'espace sous le chœur.  

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Worms

Dans cette même ville de Cologne, la belle composition de l'église Sainte-Marie-du-Capitole est reprise en 1172 pour reconstruire l'église Saint-Martin et au XIIIe siècle celle des Saints-Apôtres. Le rayonnement artistique de Cologne s'exerce hors de la ville et le plan tréflé à croisillons arrondis, porteur d'un certain état d'esprit alliant une grande sensibilité et un conservatisme rare se retrouve dans la chapelle du château de Schwarzrheindorf. Construite à partir de 1127 comme une chapelle castrale à plan centré, elle est prolongée par une nef pour devenir l'abbatiale d'un monastère de femmes.

Au XIIe siècle après la disparition de la dynastie franconienne les nouveaux mécènes, les nobles et les ecclésiastiques utilisent pour l'abbaye de Maria Laach les avancées techniques des l'époque impériale. Son plan est de type carolingien avec deux chœurs à transepts, celui de l'Est étant le chœur liturgique. Cette abbatiale de la fin de l'évolution de l'architecture romane surprend par son austérité qui se manifeste dans le plan, les élévations et le décor. Cet archaïsme peut marquer une fidélité au style primitif ou la recherche d'une dynamique entre le pittoresque des tours et des volumes simples et robustes.

La cathédrale de Mayence et celle de Worms prennent la suite de réalisations ottoniennes prestigieuses qui leur donnent une grande force d'attraction. Cette origine dicte leurs proportions, 112 mètres de longueur à Mayence et 132 mètres à Worms mais perturbe leurs reconstructions partielles avec des imprécisions, des hésitations et des contradictions. Le chœur de la cathédrale de Worms présente à l'extérieur avec son chevet plat une grande parenté avec l'église de l'abbaye de Murbach en Alsace. On retrouve le même dessin d'ensemble, la composition et le décor qui reprend le répertoire du premier art roman.

La Plaine du nord de l'Europe et les Pays scandinaves

Allemagne

Dans les grandes plaine du Nord de l'Allemagne, l'influence de l'architecture ottonienne est très importante voir contraignante. Les variantes régionales de cet art et particulièrement celles de Saxe complétées par des apports italiens et byzantins nourrissent l'architecture romane de cette région. Au chœur de la patrie ottonienne l'école saxonne est la plus cohérente et probablement définie au Xe siècle avec Magdebourg et Gernrode qui vers 960 a des traits typiquement saxons. Au début du XIe siècle, on trouve l'Église Saint-Michel de Hildesheim et Mersebourg ou s'élabore un type d'église reproduit pendant deux siècles. Ce style se caractérise par un plan basilical à transept et travée régulière, un chœur allongé à absidioles orientées, une nef à trois travées, des supports alternés colonnes et massifs rectangulaires. Les proportions sont massives, carrées et le type de façade ne se retrouve qu'en Saxe.

La collégiale Saint-Servais de Quedlinbourg est l'exemple type du modèle de basilique charpentée romane qui se perpétue sans se renouveler pendant les XIe et XIIe siècles. D'origine impériale, le fondateur de la dynastie saxonne Henri Ier y est inhumé en 936. Elle est agrandie et reconstruite plusieurs fois. L'église de 1129 reprend les dimensions de l'édifice ottonien. C'est une basilique à collatéraux et transept peu saillant. Le rythme des supports de la nef est particulier et caractéristique de l'architecture ottonienne de la Saxe avec une alternance de piles carrée et de deux colonnes. Avec les fenêtres hautes, s'affirme la prédominance d'une certaine continuité murale et le décor sculpté développé sur des chapiteaux cubiques présente des affinités avec la sculpture de l'Italie du Nord. La crypte-halle comme à la cathédrale de Spire s'étend sous le chœur et le transept. La nef de Saint-Servais de Quedlinbourg renvoie à celle de l'abbaye prémontrée de Jerichow de la deuxième moitié du XIIe siècle.

De fondation impériale l'église de l'abbaye de Königslutter am Elm est reconstruite à partir de 1135 pour devenir le lieu de sépulture du nouvel empereur. Cette construction comporte deux parties bien différentes. À l'Est le chœur monastique de tradition clunisienne avec un large transept divisé en trois carrés égaux. Ce carré sert de base au tracé régulateur de l'ensemble du plan. À l'extérieur le chevet échelonné reçoit un décor de petits arcs d'inspiration italienne dans le goût du premier art roman méridional. Le massif occidental contient une chapelle basse et une tribune ouverte sur la nef dont l'accès n'est pas axial mais sur le collatéral et le croisillon nord. Le cloître garde des chapiteaux dérivés du corinthien que l'on trouve dans les cathédrales italiennes de Ferrare, Modène et Vérone.

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Cathédrale de Lund, Suède

Le monastère Saint-Boniface de Freckenhorst est fondé au IXe siècle. L'abbatiale est restaurée après un incendie en 1116 puis largement modifiée. L'intérêt du chevet réside dans la présence dans cet édifice de Westphalie de deux tours carrées, éléments romans développés surtout dans la Vallée du Rhin. Le massif occidental montre l'évolution du Westwerk carolingien à l'époque romane. À la fin de cette époque, la cathédrale de Brunswick possède une structure complètement voutée. La nef reçoit une voûte en berceau à pénétrations qui n'est pas dans l'esprit de l'architecture romane. Ses appuis sont originaux, constitués par des piles carrées aux angles adoucis à cause de petites colonnes engagées permettant l'alternance des piles faibles et fortes. Le massif occidental avec tribune et deux tours octogonales est d'un type fréquent en Basse-Saxe où on le retrouve à l'abbaye de Gandersheim, Königslutter, Goslar d'où il rayonne vers l'Est et le Nord.

Suède

En Suède comme en Rhénanie et dans les grandes plaines du nord, on retrouve la présence d'architectes et de sculpteurs italiens qui ont contribué au développement de l'architecture romane germanique. Dans l'archevêché de Lund qui est le premier des pays nordiques à être créé vers 1103, l'octroi de cette dignité entraîne une reconstruction de la cathédrale de Lund avec une consécration en 1145. Comme à la cathédrale de Spire, une vaste crypte s'étend sous le chœur et le transept avec une belle abside semi-circulaire et des absidioles rectangulaires. Le tracé régulateur est donné par la crypte et le transept divisés en carrés égaux, principe qui se prolonge dans la nef. Le décor italien est présent des portails aux chapiteaux avec la marque des maîtres de la sculpture romane de Ferrare et de Vérone.

Pologne

En Pologne, l'art roman est la première manifestation de sa conversion au catholicisme. Les Polonais ont développé entre 1050 1250 entre l'Oder et la Vistule une architecture romane polonaise avec des apports de Moravie et de Bohême. La rotonde est très fréquente dès le XIe siècle avec les exemples de Cieszyn et de Plock. La collégiale de Kruszwica et l'église prémontrée de Strzelno construites vers 1140 et 1220-1230 ont un transept avec un chœur très développé. Plus tardive l'église de Strzelno a une sculpture particulièrement riche. La collégiale de Tum consacrée en 1146 a bénéficié d'apports rhénans avec une contre-abside encadrée par des tours carrées. L'abbaye cistercienne de Wachock exprime des idées françaises et italiennes car son fondateur fait venir en 1179 des religieux de l'abbaye de Morimond. Sa position aux frontières russes marque une volonté d'expansion du catholicisme en Europe centrale voulu par le pape avec l'accord de saint Bernard. Les constructions du début du XIIIe siècle respectent l'esprit de l'organisation cistercienne. Le plan de l'église conserve la simplicité des origines de l'ordre avec une nef à bas-côtés, un chevet plat et des chapelles rectangulaires. L'édifice est entièrement vouté de croisées d'ogives sur plan barlong portées par des culots à la retombée des arcs doubleaux. La salle capitulaire romane est voutée de croisées d'ogives portées par quatre colonnes à chapiteaux sculptés d'inspiration italienne et des culots. À l'extérieur, l'appareil est constitué d'assises de grès rose et gris.

Les stavkirker de Norvège

Le plus souvent en Europe, c'est l'architecture de pierre qui prévaut dans les constructions religieuses. La technique du bois debout est utilisée dans les pays nordiques dans les îles britanniques, la Normandie, la Hollande, le Danemark et le long de la Mer Baltique jusqu'à Stockolm. Le caractère dominant de ces régions est l'absence d'arbres droits de grandes tailles les forêts étant essentiellement composées de feuillus, un climat assez doux mais venteux qui fait que l'on s'abrite plus de la pluie et des orages que du froid. Ces pays bénéficient de l'expérience des charpentiers et des sculpteurs dans l'édification des habitations et la construction navale. En Norvège, cette technique devient très élaborée dans la construction des églises dont 1300 sont connues et encore 25 existantes, la plupart édifiées entre 1150 et 1350.

Les origines des stavkirker sont largement controversées. Elles sont un mélange compliqué de différentes traditions européenne et du Moyen-Orient ainsi que des anciennes pratiques locales de la Norvège. Lorentz Dietrichson soutient que l'église en bois debout est la traduction ingénieuse de la basilique romane en pierre, l'église à nef avec des influences paléochrétiennes et romanes anglo-saxonnes, surtout normandes romanes et irlandaises avec des toits représentant les traditions locales. En 1854, N. Nicolayen dans son ouvrage sur l'art médiéval en Norvège y trouve des influences de l'architecture byzantine. Peter Anker pense que l'influence de l'architecture étrangère en pierre se retrouve plutôt dans les détails décoratifs. Pour Anders. Bugge, les églises en bois ont suivi le développement des églises en pierre.

La tradition dans ces lieux de culte tant sur le plan spirituel que liturgique de l'élévation vers le ciel implique une augmentation de la hauteur de la partie centrale formant ainsi une surélévation semblable à la nef des basiliques. La caractéristique des églises avec centre surélevé est la présence d'une galerie périphériques contrairement aux seuls bas-côté et au déambulatoire d'une église de type basilical. Sur une fondation en pierre est posé un cadre rigide fait de solives qui dépassent aux quatre coins d'un à deux mètre où reposent les murs de la galerie. Les mats centraux portent le toit et les efforts horizontaux sont repris à mi-hauteur par cette structure. Un grand principe qui se dégage de ces constructions est l'emploi de cadres rectangulaires horizontaux ou verticaux qui sont assemblés de façon à former une structure cubique dont les différents éléments s'étayent les uns les autres. 

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Stavkirke d'Urnes

Le défi pour les constructeurs de stavkirker est de réaliser des bâtiments élevés capables de résister aux tempêtes. Une construction de cette hauteur est exposée aux vents violents, la stabilité du bâtiment est précaire même muni d'une charpente de comble élaborée. Il faut donc avoir recours à certaines techniques de la construction navale comme le "Kne" ou coude joignant les chevrons et les assises. Pour résister aux tempêtes, il reste certains éléments de renfort de toit à mi-hauteur des mats. En les liant les uns aux autres, sur tout le périmètre de la construction, on obtient un rigidité suffisante pour résister aux vents les plus forts.

Le chapiteau le plus courant est le chapiteau roman rhénan, une portion de sphère pénétrée par un cube. Il est employé dans la région germanique et par les normands en Normandie et en Angleterre. Dans les stavkirker ils sont reliés par des archivoltes formées de deux corbeaux 1/4 de rond adjacents. À la stavkirke d'Urnes ils sont décorés d'animaux distordus et d'un centaure.

La Bourgogne

L'espace bourguignon du début du XIe siècle pris en compte correspond au second royaume de Bourgogne issue des démembrements de la Lotharingie carolingienne avec le duché, la comté et les régions transjurasiennes. À l'époque romane, il voit grandir deux ordres monastiques très importants et influant pour le développement des constructions romanes, les clunisiens et les cisterciens. À l'expansion de Cluny est lié Guillaume de Volpiano (962-1031) un des plus importants réformateurs monastiques. D'origine italienne, il intervient à l'abbaye Saint-Bénigne de Dijon, en Loraine, dans le Saint empire romain germanique, et surtout en Normandie à l'abbaye de la Trinité de Fécamp.

L'abbaye Saint-Bénigne de Dijon est reconstruite à partir de 1001 avec la consécration en 1016 d'un édifice en travaux par Guillaume de Volpiano. Passé par l'abbaye de Cluny en 987, il est appelé à Dijon pour y rétablir la stricte observance de la Règle de saint Benoît en 990. Cette abbatiale est une des réalisations majeures du début du XIe siècle mais ce qui en reste est détruit en 1792. Des fouilles et des recherches permettent de mieux connaître en particulier la rotonde haute de trois étages. Les proportions sont très importante avec un diamètre de 18 mètres avec un volume central ceint d'un double déambulatoire avec des arcades portées par des colonnes. L'étage inférieur communique avec la crypte et avec deux étages de tribunes. On évoque des influences avec le Saint-Sépulcre ou le Panthéon de Rome, un décor italien mais sa crypte s'inscrit surtout dans les traditions locales de l'architecture carolingienne. À Dijon on a transposé le principe des cryptes hors-œuvres carolingiennes à deux étages que l'on trouve à l'abbaye de Saint-Germain d'Auxerre et celle de Flavigny-sur-Ozerain en une rotonde à troix niveaux.

L'Abbaye Saint-Philibert de Tournus est reconstruite à la suite d'un incendie en 1008 et consacrée en 1019 avec des apports méridionaux. Sur le modèle des églises-porches carolingiennes à deux niveaux, on élève un narthex d'aspect roman vouté à l'intérieur et décoré de bandes lombardes à l'extérieur. À l'étage, le vaisseau central de grande hauteur engendre des problèmes de stabilité résolus avec les hésitations qui marquent les débuts de l'architecture romane. Les difficultés rencontrées pour vouter la nef de grande hauteur entraîne une diminution de l'échelle sur la partie Est de l'église. Le chevet typiquement roman est construit sur une crypte avec un étroit déambulatoire et des chapelles rayonnantes rectangulaires de plans complexes. Le chevet du troisième quart du XIe siècle ne reprend pas exactement le plan de la crypte et présente des évolutions sur les liaisons entre les chapelles rayonnantes et le déambulatoire. L'évolution de la sculpture est marquée par des influences méditerranéennes que l'on retrouvent aussi dans la Vallée du Rhône.

Une autre église, l'abbatiale de Romainmôtier a bénéficié de l'influences du premier art roman méridional qui s'est propagé du duché de Bourgogne vers le Jura et la Suisse. Des fouilles ont montré dans cette abbaye clunicienne l'existence d'édifices des VIIe et VIIIe siècles puis une reconstruction complète sous l'abbatiat d'Odilon de Cluny (994-1049). C'est une église à trois nefs, à transept bas saillant et un chœur profond terminé par trois absidioles semi-circulaires. Après 1049, l'ensemble est vouté en utilisant des pénétrations pour conserver les ouvertures, une coupole sur trompes couvre la croisée du transept et à l'Ouest un nartex à deux niveaux franqué de deux tours est élevé. Des modification sont effectuées à l'époque gothiques.

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Abbatiale de Romainmôtier 

L'abbaye de Cluny III est détruite entre 1798 et 1816 et il n'en reste que le croisillon sud du transept et les chapiteaux de l'hémicycle. Elle est connue par quelques descriptions et dessins des XVIIe et XVIIIe siècles. Son rayonnement et l'importance qu'elle accorde à l'art se retrouve dans les églises de Bourgogne imitant sa structure, son décor et certaines particularités comme le prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire, la basilique de Paray-le-Monial ou la cathédrale Saint-Lazare d'Autun.

Tout oppose la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay à Cluny III considérée comme le pôle méridional de la Bourgogne romane alors que Vézelay en serait l'expression septentrionale. Le développement rapide de cet important centre de pèlerinage impose une reconstruction à la fin du XIe siècle avec une dédicace en 1104. Le parti retenu est un large volume avec une nef à deux niveaux voutées d'arêtes sur doubleaux avec l'utilisation de matériaux légers dans la construction des voûtes. Vers 1140-1150, la nef est prolongée à l'Ouest par un nartex à l'image de ceux de Tournus et de Cluny III mais avec la présence de tribunes sur les bas-côtés comme un fer à cheval. Ce parti architecture modéré et pondéré par rapport à l'élan vertical de Cluny III est compensée par la grande qualité de la sculpture des chapiteaux et des portails.

Après les débordements de luxe et de richesse des clunisiens, le besoin de retour aux origines de simplicité et d'austérité dans la contruction des édifices religieux déjà visible à Vézelay est conduit jusqu'au dépouillement par les cisterciens à l'abbaye de Fontenay. La contruction débute en 1139 avec une consécration en 1147 en présence de saint Bernard. Son plan a la forme d'une croix latine avec une nef, des collatéraux et un vaste transept avec dans chaque croisillons deux chapelles à font plat. Un sanctuaire rectangulaire remplace le chœur et l'abside devenus inutile par le déplacement des moines dans la partie Est de la nef, l(Ouest étant réservée aux convers. L'ensemble est voutés, la nef par un berceau sur doubleaux contrebuté par des berceaux transversauc. Ce procédé est repris par les cisterciens dans toute l'Europe. Dans les autres bâtiments monastiques plus tardifs, l'autérié est moins rigoureuse et la croisée d'ogives apparaît.

Auvergne

Dans la région auvergnate, dix églises du Puy-de-Dôme permettent de définir l'architecture romane auvergnate. Construites par les moines bénédictins de La Chaise-Dieu ou dans un style défini par eux, elles semblent avoir pris pour modèle l'ancienne cathédrale romane de Clermont-Ferrand, aujourd'hui remplacée par un édifice gothique. Ces églises se caractérisent par une façade occidentale peu soignée, car soumise aux intempéries avec une entrée petite et peu décorée. Le chevet est constitué par la juxtaposition de plusieurs volumes, les chapelles rayonnantes, le déambulatoire, un massif barlong (surmontant le transept et assurant la stabilité de l'édifice) et le clocher octogonal. La décoration extérieure élégante, mais discrète, souvent d'inspiration byzantine avec une polychromie des matériaux. L'intérieur est sobre et invite à la méditation spirituelle : le fidèle est conduit de l'obscurité de la nef vers la clarté et la splendeur du chœur, de la misère du monde vers la vie éternelle. les chapiteaux historiés sont soumis à des conventions de représentation particulières.

Les cinq églises majeures de type complet qui subsistent sont la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, l'église Saint-Austremoine d'Issoire, l'église Notre-Dame de Saint-Saturnin, l'église de Saint-Nectaire et la basilique Saint-Julien de Brioude. Cinq autres églises majeures de type incomplet s'y ajoutent, la collégiale Saint-Victor et Sainte-Couronne d'Ennezat, l'église Saint-Julien de Chauriat, l'église Saint-Martin de Cournon, la Basilique Saint-Amable de Riom et l'église Saint-Pierre de Mozac.

Catalogne et Roussillon  

À l'époque romane il n'y a pas de frontière entre la population, la langue et la culture du Roussillon et de la Catalogne au nord et au sud des Pyrénées mais un seul pays catalan. Il possède des traditions architecturales propres avec au début de l'architecture romane un courant artistique que l'on retrouve dans l'abbatiale du monastère de Sant Pere de Rodes. Ce pays catalan est certainement celui qui en Europe fait le meilleur accueil au premier art roman méridional venu d'Italie du Nord et étouffe les recherches locales. 

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Monastère de Sant Pere de Rodes

Le premier art roman méridional nourri de nouveaux apports de son pays d'origine est absolu et durable. Il développe en Catalogne de nouvelles techniques et enrichit son décor mais sans intégrer les innovations du Nord comme le chevet à déambulatoire et les chapelles rayonnantes dont les exemples dans le pays sont rarissimes. Sa fidélité à l'esprit de l'architecture romane est particulièrement longue et résiste jusqu'à la deuxième moitié du XIIIe siècle et l'on reste fidèle aux voûtes stabilisées par d'énormes piles alors qu'ailleurs on exploite les possibilités ouvertes par l'utilisation des croisées d'ogives.

Sur une ancienne église préromane, l'abbatiale du monastère de Sant Pere de Rodes consacrée en 1022 possède un chevet archaïque avec crypte et déambulatoire sans chapelles rayonnantes, séparé du chœur par un mur percé d'ouvertures. La forme du chœur et de l'abside est évasée. Le transept sans véritable croisée a des croisillons avec des chapelles orientées. Dans un premier temps la courte nef devait être charpentée puis est voutée en berceau avec des demi-berceaux sur les collatéraux. Pour réduire la portée du vaisseau central, l'architecte construit de fortes piles avec un haut piédestal en saillie porté par des colonnes superposées. Les sculptures des chapiteaux sont rares en Catalogne avec une série se rattachant au corinthien et une autre aux chapiteaux cubiques couverts d'entrelacs et de rinceaux.

L'abbaye Saint-Martin du Canigou marque le début du premier art roman méridional en Roussillon où il offre tous les caractères d'une expérience et renseigne avec précision sur l'état de l'architecture à cette époque dans cette région.

Si son plan reste archaïque, des changements de structures s'imposent par la volonté de couvrir de pierre l'ensemble de l'édifice. À diverses reprises dans l'église inférieure de la Vierge et une fois dans l'église supérieure de Saint-Martin, les supports deviennent cruciformes pour recevoir correctement les arcs doubleaux. Cette évolution entraine la division de la nef en travées et permet de nouvelles avancées dans la hauteur et l'éclairage des bâtiments. L'architecte de Saint-Martin du Canigou n'emploie pas encore la totalité des nouvelles connaissances architecturales mais il suffira de quelques années pour que dans la région catalane on réalise des constructions romanes parfaites avec une liaison intime du plan et de son système de couvrement. Un acte de consécration de 1009 mentionne les trois églises de la Vierge, saint Martin et saint Michel. La datation est controversée : 1009 peut correspondre à la construction de la partie Est sur les deux niveaux avec la suite des travaux avant 1014 ou 1026.

L'église de la Vierge en partie souterraine ne dépasse pas les trois mètres de hauteur avec un vaisseau central de 3,10 m de largeur et des collatéraux de 2,20 m. Sa construction fait l'objet d'une première campagne rapide à l'Est entre 997 et 1009 avec une structure de colonnes portant des voutes d'arêtes, technique employée dans les cryptes et trois petites absides. Les colonnes ont reçu un renfort de maçonnerie et on peut penser qu'un mur fermait cette partie à l'Ouest. On remarque comme à Saint-Michel de Cuxa les marques de coffrage dans la construction des voûtes d'arêtes. La deuxième campagne de construction vers l'Ouest témoigne des progrès de l'architecture romane au début du xie siècle par le passage de la colonne à la pile composée. Les six travées égales et juxtaposées sont couvertes en berceau avec des arcs doubleaux sur des piliers cruciformes. Cet espace modulaire se répétant autant de fois qu'il y a de travées dans l'édifice va être la base de la réflexion des architectes des XIe et XIIe siècles.

La collégiale Saint-Vincent de Cardona comme Saint-Martin du Canigou bénéficie de recherches comparables mais plus hardies du premier art roman de Catalogne et en est l'expression la plus aboutie. Elle offre une grande cohérence d'ensemble sur un plan probablement de 1030 avec une consécration en 1040. Le parti architectural est lié aux besoins liturgiques des chanoines. Le chœur surélevé sur une crypte utile à la pompe liturgique que l'on trouve en Italie du Nord est constitué d'une abside et d'une partie droite. Le transept peu saillant accueille deux chapelles orientées et une croisée couverte d'une coupole basse prolongeant visuellement le chœur. La nef couverte en berceau avec des arcs doubleaux repris par d'énormes piles a des collatéraux bas, voutés d'arêtes qui permettent au vaisseau central d'être éclairé par des fenêtres hautes. 

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Abbaye Saint-Martin du Canigou

Le monastère de Sant Llorenç del Munt dont l'abbatiale est consacrée en 1064 possède une coupole sur la travée centrale de la nef et son plan est un compromis entre le type basilical et un plan centré à coupole que l'on trouve dans les églises orientales. Sa façade n'est pas encore travaillée comme celle de l'église du monastère de Sant Jaume de Frontanyà. La fidélité dans cette région catalane aux principes du premier art roman méridional s'étend jusqu'au début du XIIe siècle et en particulier à l'église Sant Climent de Taüll consacrée en 1123.

La reconstruction de la cathédrale Sainte-Marie d'Urgell à partir de 1116 nous a laissé un document de 1175 où le commanditaire de l'œuvre passe un marché pour couvrir la coupole et élever les clochers à un maître d'œuvre aidé de quatre maçons lombards. Ce document confirme l'importance des maçons italiens dans l'énorme effort de construction en Catalogne à l'époque romane. Son plan est caractérisé par un long transept avec deux chapelles orientées sans saillie sur l'extérieur dans chaque croisillon. Dans la partie haute du chevet, une circulation à l'intérieur du mur permet d'installer une galerie comme celles que l'on retrouve en Italie du Nord à Saint-Michel de Pavie et à la basilique Santa Maria Maggiore de Bergame.

Le nord de la péninsule ibérique

Avant de s'ouvrir au premier art roman méridional qui n'a d'influence qu'à l'Est, aux limites de la Catalogne, cette région doit abandonner sa vieille liturgie et adopter le rite romain utilisé par l'ensemble de la chrétienté. Le roi d'Aragon en 1071, par une cérémonie donne le signal de cette mutation et malgré des réticences, l'ancienne liturgie est abolie dans toute l'Espagne en 1080.

Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, grâce à un important travail d'organisation et de propagande transforme un modeste sanctuaire éloigné en lieu de rassemblement majeur de la chrétienté. Sa portée est sociale et religieuse, vecteurs de communication, les routes et plus particulièrement le Camino francés sont porteurs d'échanges artistiques. Par ces chemins et ces cols, le premier art roman méridional s'étend sur l'ensemble de l'espace chrétien du nord de la péninsule.

La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle avec le début des travaux en 1079 est une des plus précoces et des plus européennes par ses origines de l'architecture romane ibérique. Après plusieurs campagnes de construction, les travaux prennent fin vers 1124 avec une nef inachevée puis le cloître est commencé. La cathédrale est terminée dans le dernier tiers du XIIe siècle. Le style roman de cette région doit beaucoup aux concepteurs des églises à déambulatoires et tribunes de Saintes-Foy de Conques, Saint-Martial de Limoges, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Martin de Tours. La couverture voutée très complexe utilise de nombreuses solutions techniques. Elle est peu imitée et son caractère exceptionnel écrase les autres édifices du Camino francés.

La basilique Saint-Isidore de León commencée à la fin du XIe siècle pour remplacer des édifices prestigieux confirme la percée de l'architecture romane à León caractérisée par ses trois nefs terminées par des absides en hémicycle. Dans le dernier quart du XIe siècle, le parti architectural retenu pour cette basilique est repris dans les principales églises romanes de Castille et d'Aragon comme à Saint-Pierre d'Arlanza dans la province de Burgos, au monastère de Fromista et à la cathédrale San Pedro de Jaca. La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle, la basilique Saint-Isidore de León, le monastère de Fromista et la cathédrale San Pedro de Jaca font partie de l'histoire de la grande sculpture monumentale romane. 

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Sant Jaume de Frontanyà

À Avila, la cathédrale et l'abbatiale Saint-Vincent sont largement influencées par l'architecture romane bourguignonne. Les travaux de l'abbatiale débutent dans le premier quart du XIIe siècle suivant un parti voisin de celui de la basilique Saint-Isidore de León avec trois absides dans le prolongement des nefs et un transept saillant. Les quatre dernières travées font partie d'une deuxième campagne de travaux. Puis deux travées occidentales sont élevées par un architecte probablement venu de Bourgogne à une époque où commence la construction de la cathédrale dans le dernier quart du XIIe siècle dans un style roman de transition. Il ajoute à Saint-Vincent des tribunes sur les collatéraux, couvre le vaisseau central de voûtes d'ogives et construit une la largeur d'une travée, un porche entouré de deux tours avec un portail sculpté.

L'Aquitaine, entre l'architecture romane et le gothique primitif a inspiré les concepteurs pour la réalisation de créations très originales, les tours-lanternes de la vieille cathédrale de Salamanque, de la collégiale de Toro (Zamora) et de la cathédrale de Zamora.

La chapelle Sainte-Marie d'Eunate est un monument funéraire sur le camino francés. Son plan octogonal est couvert d'une coupole à grosses nervures avec une abside en cul-de-four également nervée. Un portique en partie du XIIe siècle l'entoure.

Toujours sur le même chemin, la chapelle du Saint-Sépulcre de Torres del Río montre sur un plan octogonal des influences musulmanes avec la présence de nervures s'entrecroisant sous la coupole.

La chapelle Vera Cruz de Ségovie est un édifice très particulier. Le plan centré est prolongé vers l'Est par trois absides. Le noyau central a douze côtés, deux niveaux dont l'étage est occupé par un sanctuaire et une crypte. On y accède par quatre portes desservies par un déambulatoire.

Languedoc et Provence

Les régions du Languedoc et de la Provence n'ont en commun sur le plan de la sensibilité artistique que leurs liens avec la Méditerranée. Le Rhône a longtemps été une frontière et les différences de la structure morphologique de l'arrière-pays est visible par le dessin de la côte, basse et bordée d'étangs à l'Ouest, très contrastée à l'Est. Au XIe siècle, la Provence ignore le premier art roman méridional sauf aux abords immédiats de l'Italie du Nord alors que le Languedoc fait preuve d'un grand intérêt pour cette nouvelle architecture.

L'art roman languedocien reflète de nombreuses influences dues à la position de carrefour du Languedoc : l'influence de l'antiquité romaine, l'influence de l'architecture wisigothique, l'influence de l'art roman lombard et l'influence de l'architecture hispano-mauresque. Il manifeste également certaines caractéristiques spécifiques comme un type d'appareil particulier appelé opus monspelliensis, l'utilisation ornementale de cordons de basalte noir ou encore l'abondance des églises fortifiées. 

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Abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert

À l'abbaye de Saint-Guilhem-le-Désert en Languedoc, l'architecture romane est fortement influencée par celle de Catalogne qui trouve son origine dans le premier art roman méridional. Sur un édifice existant on contruit au XIe siècle en deux campagnes de travaux avec l'aide de maçons lombards un vaisseau central couvert en berceau et des collatéraux bas terminés vers l'Est par de très petites absidioles. La nef est éclairée par des fenêtres hautes et la construction est en petit appareil régulier de pierres éclatées au marteau. Des bandes lombardes décorent les parois extérieures. Dans un deuxième temps on prolonge un transept peu saillant terminé par des absidioles de part et d'autre d'une vaste abside. Ce chevet terminé, le cloître est contruit puis en 1165 le vestibule d'entrée.

Les ruines de l'abbaye d'Alet-les-Bains restent mystérieuses. L'emploi du petit appareil fait croire à la construction vers 1100 d'une nef avec des collatéraux voutés d'arêtes sur des supports alternativement rectangulaires et circulaires. Une deuxième campagne en moyen appareil conserne un transept étroit, peu saillant et une abside remarquable avec une resemblance étonnante avec celle de l'église Saint-Jacques de Béziers.

En Provence, la cathédrale Saint-Trophime d'Arles marque le passage entre le premier art roman méridional et une architecture romane parfaitement aboutie. Au XIIe siècle, Arles est une étape importante sur le chemin de Saint-Jacques et pendant ce siècle et le début du XIIIe siècle, de grands travaux d'architecture et de sculpture sont réalisés.

Sur un terrain difficile, l'église Notre-Dame de l'abbaye de Montmajour possède une crypte, véritable église inférieure comme celle que l'on trouve à l'abbaye Saint-Martin du Canigou ou Saint-Gilles du Gard. Son plan est constitué à partir d'une rotonde couverte d'une coupole avec une entrée et un déambulatoire vouté en berceau annulaire à absidioles rayonnantes à travée droite. Sur les croisillons d'un long transept étroit s'ouvrent des absidioles orientées. Au dessus de cette crypte, l'église reproduit le type provençal du milieu du XIIe siècle.

L'art roman provençal par sa rigueur renouvelée par l'influence antique est en harmonie avec les recherches de simplicité et les grandes qualités de construction développées par l'Ordre cistercien. Les trois sœurs provençales, les abbayes du Thoronet, Sylvacane et de Sénanque en sont des réalisations les plus authentiques.

La plaine du Pô

La plaine du Pô avec ses affluents et les versants montagneux des Alpes au Nord et de l'Apennin au Sud forment un ensemble clos ouvert grâce aux cols sur la péninsule italienne, la Méditerranée orientale et l'Europe du Nord avec le Saint empire romain germanique. Cet espace où la création artistique s'accorde particulièrement bien avec les activités humaines et les traditions culturelles bénéficie jusqu'au début du XIVe siècle d'une poussée démographique et d'une grande activité commerciale. Le christianisme pénètre profondément dans les campagnes structurées par de très grandes paroisses et des monastères bénédictins organisant les déboisement, la mise en culture et la création des routes. Cette expansion et le commerce profitent surtout aux villes qui se libèrent des contraintes du Saint empire romain germanique par une victoire en 1176 qui renforce leur autonomie puis développe un esprit de clocher avec des particularismes locaux. 

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Basilique de Côme

Le site de Saint-Vincent de Galliano construit aux environs de l'an mil conserve une église mutilée consacrée en 1007 dotée de fresques remarquables et un baptistère. Ce baptistère est très caractéristique de cette architecture romane naissante avec de fortes influences carolingienne inspirées par la chapelle de la Piéta près de Saint-Satyre de Milan. Son plan s'articule à partir de quatre colonnes aux angles d'un carré dont les côtés règlent quatre hémicycles. L'élévation montre une tribune et une couverture avec une coupole sur trompes. Puis l'art roman méridional se développe très vite dans un ensemble constitué d'une église et d'une chapelle à l'abbaye de Civate ou à la grande basilique Saint-Marie Majeure de Lomello avec une nef à dix travées et un transept bas peu saillant.

Un élément très important pour le parti architectural de cette région est apporté par le campanile dont l'origine et la datation sont fortement controversées mais que l'on peut peut-être trouver à la basilique Saint-Apollinaire in Classe de Ravenne. Souvent isolés, de plans circulaires ou carrés, leurs ouvertures sont de plus en plus importantes au fur et à mesure que l'on s'élève. On passe de baies en plein cintre aux fenêtres géminées puis aux triplets. Un décor de bandes lombardes et une justification des niveaux par des dents d'engrenages terminent le clocher type de cette architecture romane dont celui de l'abbaye de Pomposa est un des exemples le plus abouti. Le clocher à plan carré peut aussi avoir des bandes lombardes reposant sur des pilastres, des lésènes ou des colonnettes comme à Fruttuaria, Saint-Satyre de Milan, Saint-Abon de Côme, à la cathédrale d'Ivrée, l'église Saint-Côme de Rezzago, Torcello, Basilique Santi Maria e Donato de Murano, Saint-Samuel et Saint-Jacques dell'Orio à Venise.

La basilique Sant'Abbondio de Côme reste attachée à la tradition à une époque où l'architecture romane est dans sa phase de maturité. La nef à doubles collatéraux est couverte d'un plafond, les parois sont nues. Le sanctuaire prolonge le vaisseau central par deux travées carrées voutées et une abside semi-circulaire. Les collatéraux sont terminés à l'Est par des absidioles creusées dans le mur. Cet ensemble en forme de Tau montre la volonté de multiplier les autels et d'agrandir le chœur des églises. Deux petits clochers sur les absidioles des collatéraux donne au chevet un aspect rhénan. La façade exprime le plan, des contreforts marquent les espaces et un décor dérivant des bandes lombardes du premier art roman méridional l'anime. Dans le même esprit, l'abbatiale Saint-Sauveur de Capo di Ponte montre l'importance donnée à la liturgie. Dans une construction rustique, une nef charpentée met en valeur un sanctuaire avec une abside voutée en cul de four et une coupole sur trompes épaulée par deux croisillons de transept et surmontée d'une tour octogonale. L'harmonie de ce chevet rappelle ceux de Catalogne du premier art roman méridional.

Si les architectes lombards n'ont pas connu la véritable voûte d'ogive sur croisée d'ogive dont les arcs, ogives, doubleaux, formerets, composés de claveaux et indépendants de la voûte qu'ils renforcent, ont des clés sensiblement sur le même plan, ce qui ramène aux quatre points de retombée, les pressions que l'on pourra facilement épauler par des contreforts, des murs et des arcs-boutants permettant d'ouvrir de vastes intervalles entre les supports.

Il existe à la fin du XIe siècle et au début du XIIe siècle, un groupe d'églises situées presque toutes dans le Nord de l'Italie dont la nef est couverte de voûtes sur croisée d'ogives. Elles dessinent presque en coupe une coupole. Épaisses, lourdes, elles exercent une forte pression sur les arcs doubleaux et les murs gouttereaux qui sont très larges et sans ouvertures. Ces ogives retombent souvent gauchement sur des supports mal préparés, ne sont pas composées de claveaux juxtaposés mais de petits éléments maçonnés, parfois de brique et butent sans clé au sommet. Dans les exemples les plus anciens, les ogives de briques sont maçonnées avec la voûte. Elles sont compliquées à construire et nécessitent des cintres et des échafaudages coûteux. Ce type de voûte n'a pas fait école et est abandonné.

Les voûtes de la cathédrale d'Aversa antérieures à 1080 sont très intéressantes mais les nervures retombent sur des supports disposés diagonalement. Les premiers exemples lombards de voûtes sur croisée d'ogives: Rivolta d'Adda, Saint-Anastase d'Asti, Saint-Savin de Plaisance, San Giovanni in Borgo de Pavie, les églises de Milan Saint-Nazaire, Aurora, Saint-Ambroise, Saint-Eusteurge, sont nettement plus tardifs. 

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Basilique de Pavie

À Pavie capitale du royaume d'Italie, la basilique San Michele Maggiore est le lieu du couronnement des souverains. Le traitement de ses façades est particulièrement intéressant et on a souvent comparé les sculptures de sa façade occidentale avec celles de l'église arménienne Sainte-Croix d'Aghtamar. La cathédrale de Modène reconstruite en 1099 par Lanfranc Beccari est un édifice charpenté à l'origine avec trois nefs et trois absides, une élévation à trois niveaux avec des arcades sur des supports alternativement forts et faibles, des baies tripartites ouvrant directement sur les collatéraux et des fenêtres hautes. La tour est de 1169 ou 1179.

La cathédrale de Plaisance est recontruite après les tremblments de terre de 1117 avec un chœur très long et une abside très saillante. La nef reprend le principe de l'alternance des supports. Dans le troisième quart du XIIe siècle on élève un transept à trois vaisseaux et au début du XIIIe siècle à la croisée une tour-lanterne octogonale décorée d'une galerie à arcades. La nef est enfin couverte de voûtes sur croisées d'ogives sexpartites à une époque où l'influence de l'architecture gothique se fait sentir. La basilique San Zeno de Vérone probablement restaurée vers 1138 possède un portail de maître Nicolò plaqué sur une façade décoré d'une galerie à arcades et de bandes lombardes.

La cathédrale de Parme et son baptistère représentent un ensemble urbain dans une ville devenue indépendante. Elle est reconstruite après les tremblements de terre de 1117 avec un chevet très particulier et des influences transalpine. Les croissillons du transept sont des carrés de la même dimension que la croisée et sont pourvus chacun de deux absidioles. Le chœur rectangulaire prolonge la croisée et est terminé par une abside. Une vaste crypte voutée d'arêtes s'étend sur toute la surface du chœur et du transept. Le plan du chevet crée des volumes harmonieux complétés par une tour-lanterne octogonale sur la croisée et un décor de galeries. Le baptistère est une grosse tour commencée en 1196 avec une élévation à trois niveaux couverts d'une coupole.

Italie centrale et méridionale

En Italie centrale et méridionale, l'architecture exprime la violence du choc culturel de la soumission du Sud de l'Europe par la domination politique et économique du Nord. Cet espace byzantin et islamique où survivait la civilisation urbaine héritée de Rome est confronté à l'époque romane à un Occident dynamique et conquérant. Les grandes cités maritimes, Venise, Pise et Gènes, la féodalité franques avec le mythe et l'émotion des Croisades en tireront les plus grands bénéfices.

Cette mutation importante et durable pour le sort de l'Europe agit sur des milieux culturels très différents. Le clergé romain souhaite le retour des principes paléochrétiens, les marchands et marins sont avides de profits, les chevaliers et le clergé normand défendent un idéal féodal, les derniers représentants de l'Église grecque et les musulmans vaincus de Sicile résistent à la latinisation et au christianisme.

Au sud d'Ancone, l'abbatiale Sainte-Marie de Pontonovo construite vers 1050 est un exemple de la colonisation artistique de la région par le premier art roman méridional par sa parenté avec l'église du monastère de Sant Llorenç del Munt en Catalogne. On y retrouve une coupole au centre d'un plan résultant d'un compromis entre une croix grecque et le type basilical. L'extérieur est décoré de bandes lombardes et d'une tour octogonale.   

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Cathédrale de Pise

La cathédrale de Pise est en construction en 1118 sur un plan de basilique à doubles collatéraux et vaste transept dont chaque croisillon est traité comme une petite basilique avec au Nord et au Sud, une absidiole. Le chœur qui prolonge les collatéraux est profond et terminé par une abside semi-circulaire rebâtie au milieu du XIIe siècle et richement ornée. Cette cathédrale est accompagnée de deux constructions cylindriques, le baptistère construit vers 1153 et la célèbre tour penchée élevée en 1173. L'extérieur est décoré de marbre et sert d'exemple dans toute la Toscane et en particulier à Lucques avec l'église San Michele in Foro. À Florence, la basilique San Miniato al Monte possède un décor de marbre avec des incrustations de couleurs employé d'une manière systématique avec une volonté illusionniste comme la création de fausses portes et le conflit avec la structure.

La conquête normande met fin à l'autorité de Byzance en Italie. La basilique San Nicola de Bari prise par les normands en 1070 et l'arrivée des reliques de saint Nicolas provoque un important pèlerinage. On construit alors une église dont la crypte est consacrée par le pape Urbain II en 1089 avec une consécration finale en 1196. La nef étroite à trois niveaux et le transept peu saillant sont très élevés. On retrouve l'alternance des piles faibles et fortes de l'architecture normande entre de grandes arcades, des tribunes aux baies tripartites et des fenêtres hautes de hauteur limité. Le principe du transept est repris à la cathédrale de Trani.

En Sicile, la cathédrale de Cefalù est le résultat d'influences diverses. En 1145, le roi Roger II décide d'en faire son lieu de sépulture. Son chevet échelonné s'inspire de celui de l'abbaye de Cluny II avec des apports anglo-normands. Sur un transept très étroit et saillant se greffent au centre deux travées droites avec une abside semi-circutaire qui reçoit un décor de mosaïque en 1148 et de part et d'autre une travée rectangulaire et une absidiole orientée. Sur la façade, un occulus contemporain des premières roses de France est un des plus anciens de Sicile.

À Palerme, le mécénat des rois normands est ostentatoire, au service des besoins relIgieux et monarchiques avec des influences multiples. La chapelle palatine consacrée en 1140 est terminée en 1189. Son plan basilical a un transept non saillant très profond et une nef charpentée. Le décor est somptueux, la nef a un plafond à caissons d'inpiration musulmane, les murs sont couverts de mosaïques byzantines réalisées par des grecs et des siciliens.

Le même décor somptueux se retrouve à la cathédrale de Monreale fondée avec des moines clunisiens par Guillaume II (1166-1189). Cet édifice de 102 mètres de longueur adopte un plan fréquent dans le royaume avec une nef de basilique et un important chœur en croix grecque. Des marbres polychromes recouvrent les sols et les bas des murs, 6 500 mètres carrés de mosaïques tapissent les murs pour faire un ensemble digne des Mille et une nuits terminé au milieu du XIIIe siècle.

La terre Sainte et les États latins d'Orient

En Terre Sainte, l'architecture romane s'exprime à travers une société de type colonial issue des croisades et de la création des États latins d'Orient. Elle représente l'emprise culturelle de l'Occident grâce aux principales réalisations des croisés dans l'architecture religieuse avec le Saint-Sépulcre et l'église Sainte-Anne à Jérusalem, les cathédrales de Gibelet et de Tortose, la chapelle Saint-Phocas d'Amioun. L'architecture militaire de l'époque romane est présente dans le Krak des Chevaliers, les châteaux de Saone, Kerak de Moab et la forteresse de Margat. 

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Eglise Sainte-Anne de Jérusalem

La plus importante réalisation architecturale, le Saint-Sépulcre dans l'enceinte sacrée du Golgotha est construite à l'époque de Constantin, le premier empereur romain chrétien. Il comporte une rotonde sur le tombeau du Christ, une basilique et deux cours bordées de portiques. Détruit en 1009, il est en partie reconstruit vers 1030-1040 par l'empereur byzantin avec l'accord des musulmans. L'espace de la basilique entre les deux atriums reste en ruine et les croisés choisissent d'unir sur l'emplacement de l'atrium une imposante contre-abside à la rotonde. À partir du bâti existant qui définit dans un souci d'harmonie les techniques et les proportions, ils construisent une petite église avec un transept saillant, un chœur et une abside à déambulatoire avec trois chapelles rayonnantes. À l'origine, une tribune permettait une circulation périphérique au niveau de l'étage. L'ensemble est complété par les bâtiments et le cloître des chanoines du Saint-Sépulcre.

D'après Wikipédia

 

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09 février 2019

MET BREUER - NEW YORK - ETATS-UNIS

Le Met Breuer est un musée d'art moderne et contemporain au 945 Madison Avenue et East 75th Street dans l'Upper East Side de Manhattan. C'est une extension du Metropolitan Museum of Art, également appelé le Met.

Le Met Breuer a ouvert ses portes en mars 2016 dans le bâtiment autrefois occupé par le Whitney Museum of American Art (qui a déménagé dans un autre quartier), conçu par Marcel Breuer. L'édifice a été entièrement rénové par les architectes Beyer Blinder Belle.

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08 février 2019

BRASSERIE LA CIGALE - NANTES - FRANCE

La Cigale est une brasserie située à Nantes (Loire-Atlantique). 

Situé sur le côté sud de la place Graslin, face au théâtre du même nom, elle est conçue par l’architecte-céramiste Émile Libaudière, ornée par le sculpteur Émile Gaucher et le peintre Georges Levreau, et témoigne de la démesure de l’époque Art nouveau. Elle est inaugurée le 1er avril 1895. Mme Calado en est la première propriétaire.

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Dès ses débuts, elle attire bourgeois nantais et artistes se produisant au théâtre Graslin. Les surréalistes, tels que Jacques Prévert ou André Breton, y ont eu leurs habitudes. Jacques Demy y a tourné des scènes de son film Lola en 1961. La brasserie a servi par la suite de décor à d'autres films : Debout les crabes, la mer monte ! de Jean-Jacques Grand-Jouan (en 1983) ou encore Jacquot de Nantes d'Agnès Varda (en 1991).

En 1964, elle est transformée en self-service au gré d'un changement de propriétaire, mais les lieux sont protégés contre toute dégradation par le classement aux Monuments historiques. Menacée d'être abandonnée durant les années 1970, elle retrouve sa destination de brasserie en 1982.

Elle est de nos jours emblématique de la culture nantaise et perpétue la tradition des grandes brasseries françaises du XIXe siècle.

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07 février 2019

WALDEN 7 - SAN JUST DESVERN - ESPAGNE

Le Walden 7 est un célèbre ensemble résidentiel situé dans la commune de Sant Just Desvern près de Barcelone. Le projet est né en 1970. Le bâtiment a été conçu par Atelier Architecture, un groupe de travail interdisciplinaire composé d'ingénieurs, psychologues, philosophes et architectes, parmi lesquels Ana et Ricardo Bofill, Salvador Clotas, Ramon Collado, José Agustín Goytisolo, Joan Malagarriga, Manuel Núñez Yanowsky, Dolores Rocamora et Serena Vergano.

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Il comporte environ 446 appartements où habitent près de 1000 personnes.

Pendant sa construction se produisent de graves défauts qui causent la chute des carreaux de céramique ornant les murs... Le Conseil municipal a refusé de déclarer l'immeuble en ruines et a récupéré des terrains possédés par le promoteur pour pouvoir financer le coût des réparations. En 1995 s'est terminée la réhabilitation de l'immeuble, et l'image dégradée des dernières années a disparu.

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06 février 2019

PETIT PALACE "POSADA DEL PEINE" - MADRID - ESPAGNE

La Posada del Peine est un hôtel de Madrid, considéré comme l'un  ou le plus ancien d'Espagne, le bâtiment d'origine datant de 1610.  

L'auberge est restée fermée entre 1960 et 2006, année de sa réouverture. Elle a été complètement réhabilitée à l'intérieur, tout en conservant une grande partie de son apparence extérieure.  

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L'hôtel - renommé Petit Palace Posada del Peine - est composé de trois bâtiments reliés, de trois styles architecturaux différents et de différentes époques. Seules les façades des trois bâtiments d'origine ont été préservées. 

Il est construit en 1610 par son Juan Posada. Au XVIIIe, les nouveaux propriétaires, les frères Espino, font agrandir l'auberge. Vers 1800, les installations sont de nouveau agrandies avec la construction d’une maison contiguë et d'un étage supplémentaire sur l'un des trois bâtiments originaux. 

Au XIXe, la Posada del Peine demeure l’établissement le plus prestigieux de Madrid. A cette époque, l'hôtel dispose de 150 chambres. En 1892, le plus ancien bâtiment est couronné d'un pavillon abritant une horloge. Au début du XXe, l'hôtel passe entre plusieurs mains et est finalement vendu à la maison d’horlogerie Girod. 

Après une longue restauration, il redevient hôtel de prestige en 2006.

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D'après Wikipédia

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