PASSION ARCHITECTURE

17 décembre 2018

POSTMODERNISME

Le postmodernisme en architecture, après avoir été un mouvement artistique lancé par Charles Jencks ou Christopher Alexander, est devenu un mouvement architectural dont l'influence est encore très présente de nos jours.

Le postmodernisme a émergé aux États-Unis et en Europe à la fin des années 1970, puis il a gagné le reste du monde, et restera jusqu'à nos jours le style dominant dans les villes de jeux ou de loisirs (Las Vegas, Dubaï, ou le quartier Val d'Europe près du Disneyland de Paris). Pour échapper à la situation pesante et trop sérieuse des principes officiels de l'idéologie du Modernisme, les architectes postmodernistes ont cherché à rétablir une connivence avec le public, empruntant volontairement des voies humoristiques ou les ressorts du jeu d'esprit. Cet élan vers le public s’est aussi exprimé par une surabondance de références aux clichés populaires sur les styles architecturaux anciens, de préférence ceux-là mêmes qui étaient bannis par l'architecture moderne.

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Harold Washington Library, Chicago, USA

Le Postmodernisme en architecture est généralement caractérisé, au premier abord, par le retour de l’ornement, de la composition hiérarchisée, des symétries, et de références aux ordres d'architecture, en réponse au dénudement formel standardisé du Style international moderniste. Les architectes postmodernes prennent pour modèle des villas hollywoodiennes ou populaires, des agencements commerciaux et des villes de loisirs de l'après-guerre.  

À partir des années 1950, on observe que les formes et les espaces fonctionnalistes et formalistes du Mouvement moderne se diversifient et donnent naissance à des tendances esthétiques diverses : le brutalisme, l'architecture organique, le high-tech : les styles s’entrechoquent, des approches nouvelles quant à la façon de voir des styles ou les espaces familiers se multiplient. Cet éclectisme est souvent combiné avec l’emploi d’angles non-orthogonaux, de surfaces gauches.

A la fin des années soixante-dix, le postmodernisme introduit une rupture radicale, par rapport à ces évolutions du style international. Il s'oppose aux dogmes du mouvement moderne, à savoir le fonctionnalisme utilitaire ou constructif, et le refus des traditions culturelles. Il cesse d'accorder une valeur esthétique aux questions de technique et de construction, où l'on récuse les cultures vernaculaires ou archaïques comme source d'inspiration, et il accepte de se renchaîner dans les traditions classiques qu'il redécouvre, et avec lesquelles il veut jouer.

Les architectes postmodernes empruntent des éléments et les références venant du passé et réintroduisent la couleur ou le symbolisme, dans une architecture qui conserve tous les canons de l'architecture moderne : décontextualisation écologique, urbaine et historique, tramage uniforme, assemblage de composants standards, murs rideaux, toits-terrasses, orthogonalité, haute technologie, absence de hiérarchie et de symétrie dans la distribution et la composition, etc.

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 AT&T Building, Nashville, USA

Si les architectes postmodernes considèrent souvent les espaces modernes comme fades et sans âme, les architectes modernes considéreront d'emblée les bâtiments postmodernes comme vulgaires et surchargés. Ces opinions divergentes trahissent en fait des finalités différentes : le Modernisme ne cherche pas directement la beauté, il cherche ce qu'il appelle la vérité dans l'utilité stricte et dans une intégrité constructive des matériaux, bannissant selon sa logique l’ornementation comme scorie du passé, comme attache passéiste donc inutile, aboutissant à un style minimaliste qu'il considère comme plus authentique, plus libre, plus jeune ; mais le postmodernisme va rejeter toutes les règles édictées par les premiers papes modernes, et surtout il va se méfier du puritanisme du progrès et de la nouveauté ; c'est en cela qu'il accompagne un mouvement des idées plus large, à la fois philosophique et politique.

Le Postmodernisme part de la perception qu’il a d’un échec du Mouvement moderne. Les préoccupations de ce dernier quant au fonctionnalisme (technique, économique et philosophico-moral) ont conduit à penser l’ornement comme élément à bannir : ainsi donc tous les bâtiments doivent être habillés de la froide apparence rationnelle. Le Postmodernisme pense au contraire que ces bâtiments échouent dans leur quête de satisfaire les besoins humains de confort et de beauté pour le corps et les yeux. Il veut « réenchanter » les quartiers.  

Le Contextualisme, une façon de penser de la fin du XXe siècle, influence aussi l’idéologie du mouvement postmoderne en général. Le Contextualisme est centré sur l’idée que toute connaissance dépend du contexte. Le Postmodernisme devient attentif au contexte et s’efforce de faire interagir ses constructions avec lui. Néanmoins, on peut noter une divergence assez nette et très rapide, dès les années 80, entre le Contextualisme européen qui s'attache à une redécouverte des espaces urbains européens et s'oppose aux idées de la Charte d'Athènes, et le Postmodernisme à l'exubérance décorative à l'américaine, extrêmement éclectique, se développant avec plus de fantaisie dans un pays sans la profondeur historique européenne, et restant de ce fait le plus souvent totalement indifférente au contexte.

D'après Wikipédia

 

 

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16 décembre 2018

THREE WORLD CENTER - NEW YORK - ETATS-UNIS

175 Greenwich Street est l'adresse du gratte-ciel sur le site du World Trade Center. Aussi connu sous le nom de Three World Trade Center, il est situé sur le côté Est de la Greenwich Street, en face du One World Trade Center et du mémorial des anciennes tours jumelles détruites le 11 septembre 2001. La construction, suspendue en 2011, reprend à la fin de l'année 2014 et s'achève en 2018. Le cœur de béton de la tour atteint sa hauteur maximale de 328,87 m le 23 juin 2016, alors que la dernière poutre de la structure métallique qui entoure ce cœur est hissée le 6 octobre 2016. La tour est officiellement inaugurée le 11 juin 2018. 

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Vainqueur du Prix Pritzker, Sir Richard Rogers, s’est vu attribuer le contrat pour le design de l’immeuble qui sera haut de 352 mètres. Les quatre flèches donneront au gratte-ciel une hauteur totale de 383 mètres. Les flèches étant prises en compte dans la hauteur des immeubles, le 175 Greenwich Street se positionnera deux mètres au-dessus de l’Empire State Building pour devenir le troisième plus grand gratte-ciel à New York. La surface totale au sol de l’immeuble est prévue pour recevoir 186 000 m2 de bureaux et d’espaces de ventes.

Le 11 mai 2009, il est rapporté que le Port Authority of New York and New Jersey cherche à réduire la taille du 175 Greenwich Street. Le projet, qui consiste également en une réduction similaire sur la taille du 200 Greenwich Street et l'annulation du World Trade Center Tower 5, a pour but de diminuer la surface occupée par les bureaux dans la reconstruction du World Trade Center à seulement 460 000. Le One World Trade Center et le 150 Greenwich Street seraient les deux seuls à être construits selon les plans originaux. L'agence donne, comme cause de cette réduction, la récession ainsi que les désaccords avec le promoteur Larry Silverstein.

Silverstein est opposé au projet et a rempli, le 7 juillet 2009, un rapport concernant le différend. De ce fait, la compagnie chargée de la construction entame une période de deux semaines durant laquelle ont lieu la renégociation des parts et un arbitrage contraignant au sujet de la construction des quatre tours du World Trade Center. Silverstein Properties, qui a payé à la Port Authority plus de 2,75 milliards de dollars dans le financement, a remarqué l'incapacité de l'organisation à remplir ses obligations de construction dans sa réclamation officielle. La compagnie a alors proposé l'intervention du gouvernement sur le projet dans le but de régler le conflit.

Le 25 mars 2010, l'autorité portuaire de New York communique les plans de la construction des Two World Trade Center et Three World Trade Center au niveau de la chaussée. Les fondations sur le site du 175 Greenwich Street seront construites immédiatement, mais la construction de la tour sera reportée jusqu'à ce que Silverstein Properties réunisse 300 million de dollars de fonds privés, de quoi louer au moins 37 000 m2 de la tour, et obtienne le financement pour le reste du prix de la tour. Il est annoncé que le Two World Trade Center (200 Greenwich Street) sera construit plus tôt selon la demande du marché. Le 21 juin 2011, un nouveau dessin de la tour 3 sous sa forme définitive apparait : les structures en "croisillon" sont déplacées sur les faces Est et Ouest de la tour. Début juillet 2011, la construction du Three World Trade Center se poursuit avec le début des fondations de la tour, avant qu'elle n'atteigne sept étages et que les travaux ne soient stoppés plusieurs années. En octobre 2014, le promoteur du Wold Trade Center Larry Silverstein annonce qu'il a enfin réuni les fonds nécessaires à la reprise de la construction de cette tour de 80 étages. 

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La construction du Three World Trade center présente une particularité. Au lieu d'une traditionnelle structure de poutres métalliques, le cœur du bâtiment qui s'élève est en béton, et les éléments de métal sont ajoutés autour, au fur et à mesure, avec en cours de réalisation, environ vingt étages d'écart. Le 23 juin 2016, la dernière benne de béton est levée à la hauteur finale de 328,87 m lors d'une cérémonie marquant la fin de cette partie des travaux. Une autre cérémonie de topping out (construction atteignant son sommet) a lieu le 6 octobre 2016, lorsque la dernière poutre de la structure métallique qui entoure le cœur de béton est à son tour hissée à la hauteur maximale.

D'après Wikipédia

 

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15 décembre 2018

CHATEAU DE KUMAMOTO - JAPON

Construit en hauteur, grand, fortifié, le château de Kumamoto est considéré comme un des trois plus beaux châteaux au Japon, avec le château de Himeji et le château de Matsumoto.  

L'histoire du château de Kumamoto remonte en 1467 quand Ideta Hidenobu en édifie les fortifications. Elles sont développées en 1496 par Kanokogi Chikakazu. En 1588, Kiyomasa Katō s'installe dans ce qui n'est encore que l'ébauche du château de Kumamoto1. De 1601 à 1607, il agrandit considérablement la demeure.

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Le château est assiégé en 1877 durant la rébellion de Satsuma et le donjon ainsi que d'autres parties du bâtiment sont détruits par le feu. En 1960, le donjon est reconstruit en béton. De 1998 à 2008, l'ensemble a bénéficié de travaux de restauration durant lesquels la plupart des structures du XVIIe siècle ont été reconstruites.

Les murs en pierre courbes, ainsi que des surplombs en bois, étaient conçus pour empêcher les attaquants de pénétrer dans le château. Les chutes de pierres servaient également de moyen de dissuasion.

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 D'après Wikipédia

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14 décembre 2018

HOTEL DE VILLE DE LONDRES - ROYAUME-UNI

L'hôtel de ville de Londres est situé sur la berge sud de la Tamise près du Tower Bridge dans le quartier de Bermondsey et le district de Southwark. Dessiné par l'architecte Norman Foster, il est inauguré en juillet 2002.

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Le bâtiment a la forme d'un bulbe, spécialement dessiné pour réduire sa surface et ainsi favoriser les économies d'énergie. Sa forme a souvent été comparée à celle du casque de Dark Vador, à un casque des Daft Punk, à un œuf mal formé, à un cloporte ou encore à un casque de moto... L'ancien maire de Londres, Ken Livingstone, lui a donné le surnom de « glass testicle » (testicule de verre) !

Le bâtiment ne possède pas de façade avant, ni de façade arrière comme un bâtiment classique et sa forme dérive de celle d'une sphère. Il mesure 45 mètres de haut (10 étages). Il a été construit pour être le plus « vert » possible. En effet, il est directement exposé aux rayons du soleil. Sa forme géométrique, dérivée d’une sphère, ainsi que les fonctionnalités internes du bâtiment ont été pensées de manière à fournir le meilleur rendement énergétique. On estime que le bâtiment consomme un quart de l’énergie consommé par un bâtiment classique de la même taille. De plus, il utilise de l’eau froide provenant du sol pour se ventiler (pas de ventilation électrique). Après avoir servi pour la ventilation, cette même eau est injectée dans les chasses d’eau des toilettes. Dans les bureaux, la chaleur dégagée par les ordinateurs et les lumières est recyclée. Depuis août 2007, des panneaux solaires ont été installés.

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D'après Wikipédia

 

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13 décembre 2018

CHATEAU FRONTENAC - QUEBEC - CANADA

Le Château Frontenac n'est pas un château... mais un hôtel, conçu comme tel dès l'origine. Il est cependant tellement spectaculaire qu'il mérite bien sa place ici. Situé dans le Vieux-Québec surplombant le fleuve Saint-Laurent depuis la terrasse Dufferin, il est inauguré en 1893. Son nom lui vient de Louis de Buade, comte de Frontenac, qui fut gouverneur de Nouvelle-France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698.

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Il domine le cap Diamant et sa situation offre un panorama sur le fleuve Saint-Laurent. Le château a été construit non loin du lieu historique de la citadelle de Québec, à l'emplacement de l'ancien château Haldimand. Il est le premier d'une longue série d'hôtels de style « château » (néo-renaissance) construits par les compagnies ferroviaires canadiennes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle afin de populariser les voyages par train ; ces hôtels sont en fait devenus des symboles nationaux par leur élégance et leur confort.

À la fin du XIXe siècle, la ville de Québec désire se doter d'un grand hôtel. Le commanditaire est la société de chemin de fer Canadien Pacifique. En 1890, l'architecte Eugène-Étienne Taché présente son avant-projet du Fortress Hotel, édifice imposant comprenant un hôtel de luxe et un grand opéra, dont le plan symétrique flanqué de trois tours rondes rappelle les châteaux français. Mais c'est celui de l'architecte américain Bruce Price, qui a déjà réalisé la gare Windsor de Montréal, qui est retenu.

Dès le début du projet, Bruce Price conçoit un édifice qui puisse être agrandi par des additions successives, et l'hôtel fera en effet l'objet d'agrandissements en 1897, 1908, 1920, et 1990.

Les travaux de l'aile Riverview sont terminés en 1893 et l'hôtel connaît un succès immédiat.

Il est maintenant exploité et dirigé par la compagnie hôtelière Fairmont.

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Le Château Frontenac compte cinq ailes et une tour centrale. Son plan asymétrique comporte une cour intérieure et sa volumétrie est irrégulière. L'architecte s'est en effet inspiré du relief. L'hôtel est construit en pierres de taille grises et en briques de Glenboig oranges, cachant une ossature d'acier.

Plusieurs de ses éléments sont typiques du style Château, tels que la toiture à forte pente, les tours massives et les tourelles circulaires et polygonales, les pignons et lucarnes ornés, les hautes cheminées, la rangée de faux-mâchicoulis au-dessus des fenêtres du troisième étage, les matériaux de grande qualité et son cadre spectaculaire. Les toits sont en cuivre, ce qui explique leur couleur verte.

Les armoiries que l'architecte Eugène-Étienne Taché avaient conçus pour Frontenac ont été intégrées à plusieurs endroits de l'hôtel, notamment sur le mur extérieur de l'arche d'entrée. Une pierre datée de 1647, provenant du château Saint-Louis et gravée d'une croix de Malte, est incrustée dans l'arche menant vers la cour. Les vitraux de type Rondel ont été conçus par Edward Maxwell.

L'architecture générale de la tour principale du Château Frontenac présente de grandes similitudes avec celle du château de l'Isle-Savary, situé sur la commune de Clion-sur-Indre (France), dont Louis de Buade a été l'un des propriétaires.

Le Château Frontenac porte l'épithète d'« Hôtel le plus photographié dans le monde ». Il est aussi un des monuments les plus associés avec la ville de Québec et le Québec dans son ensemble. 

L'hôtel compte aujourd'hui 611 chambres.

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D'après Wikipédia

 

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12 décembre 2018

LE MOUVEMENT MODERNE (3) - CONFLITS PUIS TOURNANT DE L'APRES-GUERRE

COMPROMISSIONS ET CONFLITS AVEC LES REGIMES TOTALITAIRES 

L'Union soviétique

En Union soviétique, la révolution de 1917 a créé un nouvel espace politique et apparait comme l'espace le plus favorable pour la réalisation des programmes de l'architecture moderne. En 1928, Le Corbusier est appelé pour élaboré le nouveau siège de l'Union des coopératives, puis en 1931 il participe avec Walter Gropius, Hans Poelzig et Erich Mendelsohn au concours du Palais des Nations. Le premier plan quinquennal de 1928 à 1933 permet aux architectes modernes de proposer de nouveaux styles de construction et d'urbanisme. Les recherches sur les maisons collectives avec une cellule minimum de 27 à 30 m2 est mis au point en 1929. Ces recherches sur l'habitat sont les plus développées au Monde et il faut attendre 1945 pour que Le Corbusier, Jacob Bakema, Georges Candilis et Alison et Peter Smithson abordent ses problèmes. Le club ouvrier qui offre des services non compris dans la répétition des cellules semblables des maisons collectives complète et ponctue le tissus urbain par un bâtiment exceptionnel.

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Gabriel Guevrekian, Werkbundsiedlung, Vienne, 1932

L'Allemagne et l'Autriche

En Allemagne et en Autriche, les architectes d'avant-garde comme Peter Behrens, Hans Poelzig, Josef Hoffmann sont devenus des personnalités importantes sur le plan architectural et académique. Entre 1927 et 1930, le mouvement moderne envahit les livres et les revues et une nouvelle génération crée une version édulcorée de l'architecture moderne, tentative de conciliation entre l'ancien et le moderne qui connaît un énorme succès en Allemagne et ailleurs. En 1932, à Vienne, au Werkbundsiedlung, 34 projets sont réalisés par Walter Loos, André Lurçat, Walter Sobotska, Adolf Loos, Richard Neutra, Gerrit Rietveld, Gabriel Guevrekian...

En 1932, le Bauhaus de Dessau part à Berlin quand les nazis prennent le pouvoir et Mies van der Rohe ferme l'école l'année suivante quand Hitler devient chancelier. Walter Gropius, Herbert Bayer, Marcel Breuer et László Moholy-Nagy partent en Amérique dans les années suivantes et Mies van der Rohe en 193858.

L'Italie

En Italie, la dictature fasciste est déjà installée lorsque commence le mouvement moderne et veut régler l'architecture mais la pression n'est jamais aussi pénible que celle du nazisme. En 1931 s'installe le néo-classicme d'État qui submerge dans les années suivantes aussi bien le mouvement moderne que le rêve aristocratique du Novecento. De 1930 à 1936, la pensée du directeur de Casabella, Eduardo Persico donne une cohérence au mouvement moderne italien qui est parmi les premiers à reconnaître l'importance de Walter Gropius, Mies van der Rohe et Ernst May par rapport à Erich Mendelsohn et Emil Fahren Kampt plus adulés et plus connus, les approches du mouvement hollandais et le vrai visage de la réaction hithérienne.

Giuseppe Terragni apparait comme la figure la plus remarquable de l'architecture des années trente en Italie. Il connaît et admire l'œuvre de Le Corbusier, établit un lien entre les aspects progressistes et les aspects traditionalistes de la mythologie fasciste et donne une forme à ces modes de pensée et de sentiments. La Casa del Fascio, le siège du parti fasciste de Côme qu'il réalise en 1932-1936 cristallise la situation sociale qui lui a donné naissance, tout en la transcendant en termes d'architecture génériques. C'est sans doute une des raisons de l'admiration pour cette Casa del Fascio chez des gens qui haissent le système politique qu'elle représente.

La France

En France, il ne se forme pas de régime totalitaire comparable au nazisme, fascisme et stalinien en conflit avec l'architecture moderne mais la construction de bâtiments est en diminution constante enlevant aux architectes des occasions de construire.

Entre 1928 et 1931, Le Corbusier réalise la Villa Savoye à Poissy, une maison de week-end sur un terrain bordé d'arbres sur trois côtés et sur la campagne vallonée d'Île-de-France. Projet de la maturité avec une quantité énorme d'idées, elle incarne un mythe de la vie moderne tout en gardant certains liens avec le passé. L'architecture fonctionne en quatre dimensions, le mouvement et le changement sont au cœur de la conception et on peut en appréhender toute la richesse dans le cheminement du visiteur. Le Corbusier élabore sa vision de la vie moderne avec les rituels de la grande bourgeoisie : l'arrivée en voiture, les ablutions dans le hall du chauffeur, l'escalier de service, la rampe pour les initiés et les gens aisés. Le site permet de créer une sculpture dans l'espace où la nature est célébrée dans cette machine à habiter avec des vues sur les arbres soigneusement orchestrés et cadrées. Le plan présente un mouvement de rotation implicite tandis que la transition d'un niveau à l'autre permet de relier les événements de l'intérieur à ceux de l'extérieur. Le Corbusier utilise le vocabulaire développé dans ses réalisations antérieures, rampe, pilotis, bandeaux de fenêtres, passage des voitures sous le bâtiment... mais crée une image inédite, pleine de vie qui articule des formes et des significations nouvelles dans une synthèse sans précédant.

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Giuseppe Terragni, Casa del Fascio (Côme), 1932-1936

Entre 1930 et 1933, dans une période de relatif équilibre politique sous Édouard Herriot sont réalisés par Le Corbusier le pavillon suisse de la Cité universitaire de Paris et la Cité de refuge, par André Lurçat, l'école de Villejuif et par Eugène Beaudouin et Marcel Lodst Lods, la Cité de la Muette.

L'Union des Artistes modernes est fondée en 1929 avec Robert Mallet-Stevens, René Herbst, Francis Jourdain, Pierre Barbe, Pierre Chareau, Charlotte Perriand, les frères Jean et Joël Martel, Gustave Miklos puis Le Corbusier, Walter Gropius, Jean Prouvé, Willem Marinus Dudok, André Lurçat et Alberto Sartoris les rejoingnent. En 1930 André Bloc offre aux artistes d'avant-garde, un périodique à large diffusion, la revue L'Architecture d'aujourd'hui. Les artistes les plus engagés travaillent avec une élite convaincue, Le Corbusier construit les maisons d'Amédée Ozenfant et de Chaim Jacob Lipchitz décorés par Fernand Léger et Juan Gris.

Le projet de l'Exposition universelle de 1937 sur le Champ de Mars avec le maintien de la Tour Eiffel pose le problème du Palais du Trocadéro. En 1936 on souhaite un nouvel édifice néo-classique. Le Corbusier obtient la réunion des C.I.A.M. à Paris en 1937 et se fait concéder un terrain au bastion Kellermann pour y construire une unité d'habitation pour 4 000 habitants mais le projet n'aboutit pas. Il réalise près de la Porte Maillot un pavillon où il illustre la Charte d'Athènes et expose ses projets d'aménagement de Paris.

La ville blanche de Tel Aviv

Devant la montée du nazisme, de nombreux architectes juifs allemands et européens émigrent dans la Palestine mandataire et construisent la ville blanche de Tel Aviv, 4 000 bâtiments entre 1930 et 1948 qui représentent la plus grosse concentration de constructions dans l'esprit du Bauhaus avec des apports méditerranéens et orientaux, de l'architecture de Le Corbusier et du mouvement moderne. Un centre et un musée du Bauhaus dans un bâtiment construit en 1934 conservent les documents sur l'histoire et le patrimoine de la Ville blanche, des objets et des meubles de Mies van der Rohe, Marcel Breuer et Walter Gropius.

LES PROGRES DE L'ARCHITECTURE EN EUROPE ENTRE 1930 ET 1940  

Après 1935, les expériences des architectes du mouvement moderne sont impossibles en Allemagne et en Russie, marginales en France et en Italie mais trouvent un terrain favorable en Angleterre et dans les pays de l'Europe du Nord. De nouveaux architectes comme Alvar Aalto, Berthold Lubetkin, Kunio Maekawa, Oscar Niemeyer José Luis Sert et Giuseppe Terragni nés après 1900 peuvent travailler sur des propositions théoriques formulées dans la décennie précédente. Comme tous les héritiers d'une nouvelle foi, ils doivent intégrer et transformer ces idées novatrices sans tomber dans l'imitation ou le dogmatisme, assimiler l'évolution de Le Corbusier avec la villa Savoye et la villa Henfel et l'invention du brise-soleil.

La renaissance de l'architecture anglaise

À la fin des années 1920, l'architecture moderne n'a qu'une influence discrète en Angleterre qui devient au milieu des années 1930, un des centres les plus actifs d'expérimentation d'Europe grâce à l'arrivée d'immigrants de pays réprimant ce mouvement et la rencontre de talents de cultures différentes refusant les anciennes formes et favorisant l'irruption d'une nouvelle énergie créatrice.

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Robert Mallet-Stevens, La villa Noailles, Hyères, 1925-1933

L'architecte le plus remarquable des années 1930, Berthold Lubetkin né en 1901 dans le Caucase travaille à Paris dans l'atelier d'Auguste Perret, assimile les Cinq points de l'architecture moderne de Le Corbusier et maintient des contacts culturels avec son pays. En 1930, il s'installe en Angleterre puis fonde le groupe Tecton avec six jeunes architectes britanniques. Le zoo de Londres est leur première commande avec le bassin des pingouins dessiné avec l'ingénieur Ove Arup puis l'immeuble High Point I en 1933-1935, première synthèse de l'architecture et de la doctrine de l'urbanisme moderne, inspiré de Le Corbusier et des logements collectifs soviétiques.

Erich Mendelsohn arrive en Angleterre en 1933 fuyant les persécutions nazies et gagne le concours pour un lieu touristique, le De La War Seaside Pavilion avec l'architecte Serge Chermayeff.

Walter Gropius aborde le thème inhabituel pour lui de la résidence individuelle et Marcel Breuer collabore au projet d'une maison et dessine des meubles en métal et contreplaqué plié.

Les réalisations de l'architecture moderne dans le domaine commercial, l'usine Boots à Beeston par Owen Williams en 1930-1932 et les magasins Peter Jones, Sloane square à Londres par William Crabtree, Slater, Moberly et C. H. Relly en 1936 utilisent des murs-rideaux et une ossature en béton armé permettant d'obtenir de vastes volumes intérieurs et de créer des espaces dégagés au rez-de-chaussée.

Les recherches marginales en France et en Italie

En France, Le Corbusier ne réalise après 1933 que de petites constructions qui lui permettent d'explorer de nouveaux systèmes comme la notion de brise-soleil qui préfigure les tendances de l'architecture européenne de la décennie suivante. Les jeunes Eugène Beaudouin et Marcel Lods qui sont à la pointe de la production française de la construction introduisent des concepts modernes de distribution dans le logement social à Drancy dans la Cité de la Muette. En Italie, après 1936, devant l'impossibilité d'accéder aux commandes publiques, Mario Ridolfi, Guiseppe Pagano, Franco Albini, Pier Luigi Nervi recherchent des possibilités de travail plus restreintes, des petits bâtiments, une bibliothèque, des immeubles locatifs, des hangars.

Les Pays-Bas

Les Pays-Bas apportent les principales contributions au développement de l'architecture européenne. Entre le groupe néo-plastique De Stijl et l'avant-garde d'avant-guerre de Hendrik Petrus Berlage se développe une polémique mais l'écart entre ce mouvement moderne et Hendrik Petrus Berlage est moins grand que celui de Victor Horta et de Victor Bourgeois en Belgique ou Auguste Perret et Le Corbusier en France. Willem Marinus Dudok poursuit sa démarche, Jacobus Johannes Pieter Oud subit la pression académique et les autres membres du groupe De Stijl à l'exception de Cornelis van Eesteren n'apportent plus de solutions déterminantes.

Johannes Brinkman et Leedert Van der Vlug plus jeunes ont la chance de commencer par la manufacture de tabac Van Nelle où les cycles de travail sont analysés et exprimés par les articulations de l'édifice. Puis ils réalisent avec Willem Van Tijen le premier immeubles de logements sociaux en hauteur, le Bergpolder suivant les idées de Walter Gropius. En 1928, Cornelis van Eesteren dirige le plan régulateur d'Amsterdam approuvé en 1935 et continuellement mis à jour tout en gardant la continuité et la cohérence initiale ce qui démontre la validité de cette expérience.

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Musée du Bauhaus de Tel Aviv

Les pays scandinaves

Dans les pays scandinaves, la culture architecturale est toujours venue de l'extérieur. Les relations entre l'État et la société en générale exercent une influence quant à la variété et à l'impacte des formes importées et le mouvement moderne est rapidement associé aux politiques socio-libérales de réformes institutionnelles et urbaines. On passe d'une architecture néo-classique de qualité au mouvement moderne vers 1930 parfois avec les mêmes architectes comme Gunnar Asplund en Suède qui donne avec les bâtiments de l'Exposition de Stockholm de 1930, une interprétation pleine de fraîcheur de la nouvelle architecture. Ses réalisations des années 1930 montrent sa capacité à mêler modernité et tradition en s'appuyant sur une idée fondamentalement mythique de l'architecture. Le crématorium du cimetière de Woodland à Stockholm de 1935-1940 est un exemple exceptionnel de l'application réussie d'un concept architectural du XXe siècle intégré dans son environnement. La tonalité dominante est tragique et sévère mais laisse place à une promesse de rédemption et de renouveau. Les formes de Gunnar Asplund sont fortement chargées de sens, le paysage et les bâtiments évoquant ensemble l'unité de la terre et de l'eau, de l'air et du feu avec l'intention d'évoquer la libération du matériel vers le spirituel.

Au Danemark, Arne Jacobsen produit des constructions d'esprit traditionnel et d'autres rationalistes jusqu'en 1934 où il réalise l'ensemble résidentiel Bellavista dans une station balnéaire au nord de Copenhague. En Finlande où l'Exposition de Stockholm de 1930 se fait ressentir, Alvar Aalto avec ses fondements classiques et romantiques nationaux et Erik Briggman nourrit d'influences vernaculaires, classiques, nordiques et méditerranéennes ont retenu les leçons du mouvement moderne de la fin des années 1920.

Alvar Aalto né en Finlande en 1898 grandit dans un contexte culturel marqué par la question de l'identité nationale, les finlandais cherchant à s'extraire de la zone d'influence soviétique. Il va réussir à prouver que l'on peut adapter les formes types de l'architecture moderne en fonction de la rigueur du climat, du paysage et des mœurs. Il est connu en Finlande et à l'étranger par le bâtiment du journal Turnu Sanomat conçu à partir de 1927 avec le vocabulaire de la nouvelle architecture et fondé sur les Cinq points de l'architecture moderne de Le Corbusier, l'accent mis sur la plasticité de la structure, les variations d'espace et l'articulation ordonnée de la façade, la possibilité d'utiliser avec élégance les matériaux locaux dont le bois. En 1929, il participe au deuxième congrès des C.I.A.M et gagne le concours du sanatorium de Paimio et c'est peut-être dans les habitations qu'il parvient aux résultats les plus convaincants.

La Suisse

En Suisse, les débuts du mouvement moderne sont surtout dû à Karl Moser. Son enseignement à Zurich donne naissance à un groupe de jeunes architectes qui se perfectionnent presque tous à l'étranger, aux Pays-Bas, en Amérique, en France, en Suède, en Belgique et en Allemagne. Ils se retrouvent tous à Zurich en 1930 pour construire le quartier modèle d'habitation du Neubühl. Robert Maillart comme en France Auguste Perret est un projeteur et entrepreneur. Il réfléchit à la construction des ponts en béton armé et prend conscience de l'économie que l'on peut faire en considérant l'arche, les liaisons et le tablier comme un système solidaire. En 1929, le pont de Salginatobel sur la Salgine près de Schiess est sa première œuvre notable.

L'ARCHITECTURE MODERNE AUX ETATS-UNIS

Pendant les Années folles de prospérité entre la fin de la Première Guerre mondiale et la crise de 1929 arrivent les apports du mouvement moderne. Eliel Saarinen encouragé par sa deuxième place au concours du siège du Chicago Tribune de 1922 remporté par un projet de style gothique s'installe à Chicago. Il enseigne le travail d'Hendrik Petrus Berlage tout en clarifiant son langage. Son fils Eero Saarinen étudie à Yale avec Josef Albers et absorbe l'enseignement des plus récents courants européens. Des expériences modernes ont lieu avec les réalisations de George Howe, William Lescaze, Richard Neutra et Rudolf Schindler, les œuvres inclassables de la période centrale de la carrière de Frank Lloyd Wright et les expérimentations de Buckminster Fuller et de A. Laurence Kocher.

En 1932, le Museum of Modern Art de New York organise une exposition intitulée Style international avec des réalisation depuis 1920 qui alimente de nombreux débats mais ne permet pas au mouvement moderne de pénétrer la société américaine même si le livre de Henry-Russell Hitchcock et Philip Johnson, International Style qui l'accompagne contribue à faire évoluer les goûts.

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Johannes Brinkman et Leedert Van der Vlug, Usine Van Nelle, 1925-1931

C'est vers 1930 que le mouvement moderne s'introduit en Amérique à une époque où la crise économique coïncide avec la crise politique qui pousse de nombreux artistes de premier plan à passer d'Europe en l'Amérique du Nord. Walter Gropius et Ludwig Mies van der Rohe après avoir émigrés en Angleterre arrivent aux États-Unis en 1937, Erich Mendelsohn en 1941 et apportent des philosophies et des vocabulaires déjà élaborés. Leur présence confère un immense prestige au mouvement moderne en Amérique du Nord mais ils se retrouvent dans une culture assez éloignés des leurs, la modifie mais sont aussi transformés par elle.

Le New Deal et la contribution des anciens maîtres du Bauhaus

La crise économique de 1929 a ses effets les plus graves en Amérique où elle modifie le plus profondément les habitudes politiques et culturelles. Des constructions sont subventionnées avec un organe central de contrôle ce qui modifie radicalement les conditions d'exercices de l'architecture et permet aux thèses du mouvement moderne de pénétrer profondément dans la réalité américaine. Après 1930 commence les premières expériences de préfabrication à grande échelle de la construction.

À partir de 1933, les maîtres européens sont invités à enseigner dans les universités américaines. Josef Albers s'intalle en 1933, Moholy-Nagy fonde à Chicago le NewBauhaus en 1937, Walter Gropius et Marcel Breuer vont à Harvard où une génération de jeunes américains dont Paul Rudolph, Philip Johnson, Edwards Larrabee Barnes, Ieoh Ming Pei, Philip Johnson et Benjamin Thompson sont parmi les premiers disciples., Mies van der Rohe et Ludwig Hilberseimer s'installent à Chicago, Herbert Bayer, Amédée Ozenfant et plus tard Piet Mondrian à New York. Après la guerre, Alvar Aalto les rejoint occasionnellement et Erich Mendelsohn se fixe en Californie. En 1938, le Museum of Modern Art de New-York organise une exposition sur le Bauhaus et publie un ouvrage de référence.

Mies van der Rohe

En 1938, Mies van der Rohe dirige la section architecture de l'Illinois Institute of Technology et sa renommée grandit après l'exposition de ses œuvres en 1947 au Museum of Modern Art de New-York. Ses projets si disciplinés et parfaits émergent dans le paysage américain comme des objets isolés et excluent tout rapport avec ce qui les entourent à l'exception de certaines scènes naturelle comme le lac Michigan et la forêt qui entoure la Farnsworth House. Ces architectures ont un caractère fortement démonstratif qui excite l'imagination des autres architectes, touche les maîtres d'ouvrages et les administrations et dans une certaine mesure les habitudes de l'industrie.

Dans les années 1950, Mies van der Rohe semble avoir éprouvé moins de difficultés d'adaptation que Walter Gropius et comme lui, ses premières commandes viennent d'une université. De 1939 à 1956, il remodèle l'Illinois Institute of Technology où les remplissages de panneaux de briques, les fines poutraisons d'acier apparentes et les proportions font de ces bâtiments une synthèse de sa neutralité intellectuelle et du remarquable savoir-faire américain de l'acier. Dans ce campus, le Crown Hall de 1950-1956 fait appel à un système spectaculaire de poutraison et cette boite de verre dans son extrême simplicité résulte d'un prodigieux effort d'abstraction et d'une conception hautement idéalisée de la mission spirituelle de l'architecture. Dans la Farnsworth House de 1945-1951, il montre comment on peut appliquer une idée similaire à un pavillon individuel dans un cadre naturel. Ce projet donne lieu à beaucoup d'imitations dans le monde dont la plus notable est la Glass House conçue par Philip Johnson en 1949. Charles et Ray Eames en Californie montrent avec la Maison Eames de 1945-1949 que l'on peut donner à la boite d'acier et de verre d'autres applications domestiques en l'ouvrant, la destructurant ou en y mêlant des types de plans plus étalés.

Les contributions de Mies van der Rohe dans la conception des immeubles de grande hauteur à ossature d'acier utilisent un mode de construction vernaculaire américain dont il parvient à extraire la poésie. Les tours d'appartements jumelles de Lake Shore Drive à Chicago de 1948-1951 donnent au thème du prisme sur pilotis une clarté toute nouvelle. Le Seagram Building réalisé avec Philip Johnson de 1954 à 1958 fait partie des contributions majeure de l'après-guerre dans la définition de l'image de prestige du gratte-ciel qui trouve ici une noblesse mettant en valeur des matériaux comme le bronze couleur rouille, le verre gris ambré, le travertin et le marbre vert poli et donne le ton à une architecture commerciale novatrice aux États-Unis.

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Robert Maillart, Salginatobel, 1930

Richard Neutra

Parmi les architectes européens venuent en Amérique au début des années 1920, Richard Neutra réussit à actualiser une première présence effective du mouvement moderne dans la réalité américaine. Il s'établit à Chicago en 1923 après avoir travaillé avec Adolf Loos et Erich Mendelsohn. Il a l'occasion de connaitre Louis Sullivan, tente un passage chez Frank Lloyd Wright à Taliesen et travaille à Chicago chez Holabird and Root. Sa production est variée, de la maisons bon marché aux luxueuses demeures, des bâtiments publics et industriels mais son succès vient de sa clientèle fortunée et spécialement celle du monde du cinéma d'Hollywood. Sa production est cohérente mais limitée par son champ d'action et par le peu d'attention accordée aux problèmes d'urbanisme. Les questions sociales qui caractérisent le mouvement européen après 1930 lui sont en partie étrangères.

Franck Lloyd Wright

L'œuvre de Frank Lloyd Wright acquiert une vigueur nouvelle à partir de 1930, au moment de la diffusion du répertoire du rationalisme européen mais même s'il adopte quelques suggestions d'origine européenne comme il a admis dans la décennie précédente des références japonaises, il en fait très tôt et simultanément des références personnelles. Son activité est une expérience autonome du début à la fin, depuis qu'il a définitivement rompu les liens entre son architecture et la société contemporaine, entre les temps de son travail et les temps des processus économiques, sociaux et culturels. Il évite de s'enfermer dans un moment historique, évoluant parallèlement au mouvement moderne.

Ces dernières réalisations montrent à la fois une capacité d'invention infinie et un niveau de réalisation inégal. En 1952-1956, la Prise Tower à Bartlesville en Oklahoma lui donne enfin l'occasion de concevoir un gratte-ciel habitable avec des appartements et des bureaux répartis sur un plan radiant où, à partir d'un noyau central se développent des plateaux permettant d'obtenir des espaces de double hauteur avec mezzanines. Les façades revêtues d'un bardage de cuivre isolant proposant une alternative aux façades de verre ont avec le temps pris une couleur verte irisée.

Franck Lloyd Wrright consacre beaucoup de temps entre 1943 et 1959 au musée Solomon R. Guggenheim qui devient l'apothéose de sa conception dans laquelle, les idées sur le plan, la coupe et l'élévation de ses expérimentations antérieures sont rassemblées. On retrouve dans cet assemblage tridimensionnel de formes, d'espaces et d'abstraction, le thème ancien du vase et la citation de Lao Tseu qu'aime citer l'architecte : ...la réalité d'une construction réside non dans ses quatre murs et son toit...mais dans l'espace qu'elle contient.

La monumentalité, Louis Kahn

Après l'architecture monumentale au service des états totalitaires de l'entre-deux guerres et dès 1943, Siegfried Giedion et Josep Lluís Sert pose la question de la monumentalité d'après guerre et considèrent les monuments comme des points de repère pour l'homme. Ils évoquent aussi le rôle des symboles collectifs et la nécessité d'aborder un urbanisme apportant plus qu'un accomplissement fonctionnel. Puis, Siegfried Giedion plaide pour la création de centres symboliques dans les villes et les CIAM passent à une caractérisation plus nébuleuse et emblématique de la forme urbaine.

Louis Kahn est le maître de la monumentalité aux États-Unis même si ce n'est pas son seul centre d'intérêt. Il élabore une philosophie et un système de formes utilisé d'une manière directe et sans compromis. L'architecture de Louis Kahn repose en partie sur une vision sociale motivée par un conservatisme mystique. Pour lui, il existe des modèles archétypiques des relations sociales que l'architecture a pour mission de révéler et de célébrer. Tout problème architectural est porteur d'une signification essentielle qui transcende de beaucoup le diagramme purement fonctionnel. La bonne organisation doit résulter d'une analyse détaillée des besoins puis de la révélation intuitive du type de l'institution. Cette position idéaliste prenant en compte les racines spirituelles de la sphère sociale et de la sphère esthétique est le moteur de ces principales réalisations des années 1960 et l'amène à dégager des formes types reposant sur une géométrie élémentaire, le carré, le cercle, le triangle... instaurant une grande variété d'interrelations. On retrouve cette démarche à Bryn Mawr près de Philadelphie en 1960-1965 pour la résidence universitaire d'Erdman Hall, à l'Institut indien de management d'Ahmedabad en Inde réalisé en 1962-1974 et à Assemblée nationale de Dacca au Bangladesh en 1962-1983.

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William Gratree, Grand magasin Peter Jones, Londres, 1932-1936

L'architecture et l'urbanisme américain après la seconde guerre mondiale

Dés l'après guerre, il faut élaborer dans les villes une nouvelle typologie d'édifices pour les grands blocs de bureaux en remplacement des gratte-ciel aiguilles. La première occasion se présente avec le Siège des Nations Unies à New York avec la nomination en 1947 de consultants dont Le Corbusier qui propose un schéma accepté par la commission mais Wallace K. Harrison et Max Abramovitz réalisent l'exécution. Ces mêmes architectes conçoivent en 1952 un gratte-ciel pour l'Aluminium Compagnie of America avec un concept analogue de juxtaposition de panneaux d'aluminium emboutis en pointes de diamant. Cette manière de construire connaît un succès rapide car elle résout certains problèmes de planning, de coûts, d'entretien des bâtiments commerciaux. À partir d'un certain moment, le travail de Mies van der Rohe s'insère dans cette recherche et la juxtaposition des éléments devient un processus maîtrisé de composition modulaire. Cette expérience trouve un très grand écho et est appliquée en 1950 à l'échelle du paysage par Eliel et Eero Saarinen au Centre technique de la General Motors à Detroit. En 1952, Gordon Bunshaft projette pour le cabinet Skidmore, Owings and Merrill le Lever House à New York composé d'un parallèlipipède de 18 étages suspendus au-dessus de bâtiments bas.

L'EUROPE APRES LA SECONDE GUERRE MONDIALE

Après la deuxième guerre mondiale, débute une période d'expansion économique qui entraîne de grandes transformations sociales. Un conflit s'établit presque partout entre les reconstructions d'urgence et la planification à long terme exigée par le développement économique.

La reconstruction anglaise

L'expérience anglaise d'urbanisme sert d'exemple et de stimulant aux autres États d'Europe. En 1945, la planification urbanistique reçoit une impulsion décisive par une politique de décentralisation des zones urbaines congestionnées avec la promotion de villes nouvelles. Des programmes sectoriels comme l'enseignement se développent de façon cohérente avec la construction entre 1945 et 1955 de 2 500 écoles où les pédagogues précèdent le travail des architectes en attribuant à l'école primaire britannique des fonctions multiples d'éducation et de récréation. Pour la première fois depuis le début de la révolution industrielle, les dispositions d'urbanisme ne viennent pas des évolutions techniques et économiques mais les précèdent incitant les architectes anglais à un effort technique et expérimental exceptionnel.

Les constructions scandinaves

Comme en Angleterre, l'expérience scandinave d'après guerre est un exemple. La Suède restée en dehors du conflit n'a pas de crise du logement et met en place un programme organisé de réaménagement des villes principales. Le Danemark et la Finlande ont des programmes d'urgence mais après quelques années, l'influence du modèle suédois et la ressemblance économique et sociale ont effacer les différences des conditions de départ. Alvar Aalto exécute en Finlande des plans d'aménagement et après 1950 de merveilleuses œuvres architecturales. Arne Jacobsen après son retour au Danemark conçoit surtout des quartiers d'habitations puis se tourne vers d'autres expériences avec en 1952 l'école de Gœentogft et dés 1955, des œuvres nettement inspirées par Mies van der Rohe. Le contrôle de la couleur est très différent des projets rationalistes de 1930, il n'y a plus de blanc, de couleurs pures mais une harmonie de tons patinés. Arne Jacobsen essaye de maîtriser les références locales et internationales et de trouver un point de rencontre entre l'artisanat et l'industrie.

Reconstruction en URSS, Italie, France, Allemagne

En Russie, le gros de la reconstruction se réalise au cours du quatrième plan de 1946 à 1950. L'urbanisme et l'architecture doivent obéir aux principes du réalisme socialiste en respectant les styles traditionnels russes en les adaptant à la technique et au confort moderne. Une architecture semblable est imposée aux pays socialistes de l'Europe orientale, même à ceux qui ont une importante tradition moderne, comme l'Allemagne de l'Est, la Tchécoslovaquie et la Hongrie. En Italie, en France et en Allemagne, la reconstruction n'entraîne pas de réaménagement équivalents en urbanisme. En France et en Allemagne, la reconstruction rentre en conflit avec les systèmes d'urbanisme en vigueur.

En France, Le Corbusier qui depuis dix ans a une activité presque totalement théorique suit les premières tentatives de reconstruction et propose de nombreuses études sur les maisons montées à sec, les logis provisoires où il précise ses concepts architecturaux et urbanistiques. Le concept d'Unité d'habitation est une des hypothèses fondamentales de la culture urbanistique contemporaine. Il s'agit de combler l'écart trop grand entre les dimensions de la ville et celle des bâtiments singuliers en introduisant un sous-multiple qui assure un équilibre entre logements et services. Son Unité d'habitation de grandeur conforme qui comprend 400 logements avec tous les services complémentaires à la vie familiale est réalisée à Marseille entre 1946 à 1952 puis à Rezé près de Nantes, Berlin, Briey-la-Forêt et Firminy.

Reconstruction et planification en Hollande

La Hollande est le pays où les approches modernes sont intégrées le plus rapidement dans la pratique des institutions publiques depuis Hendrik Petrus Berlage, Jacobus Johannes Pieter Oud, Willem Marinus Dudok et Cornelis van Eesteren. Le plan régulateur d'Amsterdam commencé en 1928 par Cornelis van Eesteren est développé avec cohérence. Le centre de Rotterdam détruit en un seul jour voit une partie de la population dispersée en périphérie pour permettre la construction d'équipements publics, de commerces et de bureaux au centre de la ville. L'œuvre la plus significative est un complexe d'habitations et de magasins, la Lijnbaan, une rue commerçante de Rotterdam construite entre 1949 et 1953 par les architectes Johannes Hendrik van den Broek et Jacob Bakema.

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Ludwig Mies van der Rohe, Farnsworth House, 1946-1951

Urbanisme en Israël

En Israël, la réalisation des nombreux établissements après 1948 peut être considéré comme un prolongement de l'expérience européenne mais avec des résultats originaux. Un plan d'aménagement du territoire bloque le développement des villes existantes et prévoit une série d'établissements nouveaux : des colonies rurales de 1 500 à 2 000 habitants et plusieurs villes nouvelles. Les réalisations les plus novatrices célèbrent le nouvel État hébreux dont le Sanctuaire du Livre des manuscrits de la mer morte de Frederick Kiesler nourri de lointaines expériences de l'avant-garde de 1920.

LA DIFFUSION MONDIALE

Après la deuxième guerre mondiale, le mouvement moderne déjà répandu depuis quelques années dans le reste du monde sur des modèles européens et américains adaptés aux habitudes locales est remis en question et on obtient des résultats de valeurs internationale. Ces apports qui ne doivent rien à l'Europe et aux États-Unis sont en mesure de stimuler les expériences en cours dans l'ancien et le nouveau monde et change le cadre de la production mondiale. Les investigations panaméricaines de Franck Lloyd Wright, l'architecture de Le Corbusier, ses approches de thèmes vernaculaires méditerranéens et même les maisons à patio de Mies van der Rohe touchent des cordes sensibles insoupçonnées chez des architectes souhaitant exprimer leurs aspirations modernes tout en respectant une certaine culture régionale ou nationale et guide souvent les expériences les plus vivantes et progressistes dans de nombreux pays lointains.

L'Amérique hispanique

Dans les pays de langue espagnole, le Mexique est le premier à subir l'influence du mouvement moderne grâce à Alvaro Obregon. José Villagrán Garcia s'inspire des écrits de Le Corbusier et, avec ses disciples réalise de nombreux programmes du gouvernement. Puis l'activité ralentit pendant les années trente et reprend après la guerre avec les grands quartiers d'habitations populaires de Mexico, le ministère du Travail et l'Université. Les architectes y intègrent par la décoration picturale et plastique la dimension historique et nationale.

Dans les années cinquante, Félix Candela réalise une série d'édifices en voiles minces de béton armé où on reconnaît les recherches d'Antoni Gaudí et d'Eduardo Torroja comme les églises de Mexico et Guernavaca, le marché de Coyoacan et la Bourse de Mexico. L'université nationale autonome du Mexique conçue par plusieurs architectes à partir de 1946 est une habile version de la Ville radieuse de Le Corbusier adaptée aux institutions et à la technologie mexicaine. Les murs extérieurs de la bibliothèque universitaire de 1950-1953 par Juan O'Gorman sont recouverts d'une mosaïque qui est le reflet de forts sentiments nationalistes mais sans affecter l'architecture moderne par des formes traditionnelles.

Luis Barragán est l'architecte le plus important dans l'avènement de l'architecture moderne chargée de souvenirs du passé mexicain. Il veut parvenir à quelque chose de plus profond que l'aspect machiniste du Style international et parvient à créer des enclaves avec une sorte de massivité urbaine tout en rendant plus intense le contact avec la nature. On retrouve dans sa propre maison-atelier-refuge de 1948, plusieurs thèmes de sa maturité, volumes cubiques, espaces sereins, murs texturés de couleur uniforme, variation sur la plate-forme, le patio, la terrasse, le jardin secret, les bassins réfléchissant, les sources de lumière cachées.

Au Venezuela, Carlos Raúl Villanueva, diplômé des Beaux-Arts de Paris choisit un style original en adaptant le répertoire international au climat et aux exigences du pays et en faisant intervenir les plus grands artistes mondiaux comme Alexander Calder, Victor Vasarely, Jean Arp, Fernand Léger. Il conçoit l'Université centrale du Vénézuela en 1950-1959 sur l'idée d'une enclave paysagère, sorte d'utopie progressiste posée aux confins de la ville avec un vocabulaire de persiennes, de plans colorés et de volumes imbriqués. L'auditorium principal l'Aula Magna de 1952-1953 avec ses panneaux acoustiques dessinés par Alexander Calder est impressionnant comme l'espace d'une complexité indescriptible du hall principal, la Plaza Cubieta.

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Charles et Ray Eames, Eames House, Los Angeles, 1949

En Colombie, la visite de Le Corbusier en 1947 et l'élaboration du plan de Bogota approuvé en 1953 puis abandonné laisse une équipe d'architectes locaux qui réalisent les principaux bâtiments de la ville moderne de Bogota. Au Chili, Emilio Duhart ancien collaborateur de Walter Gropius et de Le Corbusier réalise une série d'œuvres originales.

En Argentine, les conférences de Le Corbusier en 1929 et la construction de la Maison du docteur Curutchet en 1949 ont localement peu d'influence. Le renouveau culturel ne parvient pas à s'exprimer à cause des troubles politiques. En 1943-1945, Amancio Williams élabore un système formel fondé sur la structure en béton armé et sa Maison sur la rivière à Mar del Plata est une fine travée de coupe parabolique s'adaptant à la topographie.

Le Brésil

Au Brésil, la classe politique qui prend le pouvoir en 1930 permet aux artistes d'avant-garde de faire partie de l'élite dirigeante. Lucio Costa est nommé directeur de l'École des Beaux-Arts de Rio de Janeiro mais ses projets de réorganisation l'obligent à abandonner son poste. En 1935, le projet du Ministère de l'Éducation et de la Santé est confié à Lucio Costa et Oscar Niemeyer. En 1937, le projet définitif est terminé sur la base des suggestions de Le Corbusier appelé par Lucio Costa. C'est la première réalisation d'un édifice avec pilotis, toit-jardin, brise-soleil, pan de verre pensé par Le Corbusier depuis longtemps.

En 1943, une exposition au Museum of Modern Art de New York marque le début de la renommée du mouvement brésilien. Oscar Niemeyer mondialement connu simplifie dans ses œuvres le répertoire rationnaliste en dilatant le rythmes structural seeré de Le Corbusier. En 1955, J. Kubitschek protecteur du mouvement moderne est élu président du Brésil et sa grande œuvre est la fondation de Brasilia la nouvelle capitale. Le plan d'urbanisme de Lucio Costa est choisi par le jury et Oscar Niemeyer projette les principaux bâtiments.

Le Corbusier en Inde

En 1950, Le Corbusier est nommé surintendant pour la construction de la nouvelle capitale de Punjab, Chandigarh pour remplacer Lahore devenue pakistanaise. En 1951, Le Corbusier, Pierre Jeanneret son cousin et deux architectes anglais Maxwell-Fry et Jane Drew élaborent le plan d'urbanisme d'une ville de 150 000 habitants pouvant être portée à 500 000 habitants suivant le principe des sept voies définies par Le Corbusier. Les bâtiments administratifs, le palais du gouverneur, le Parlement, le Secrétariat et la Cour de Justice sont groupés hors de la ville. Le Corbusier tend comme toujours à faire coïncider les compositions urbaines et architecturales. Pour les bâtiments du Capitole, il s'appuie sur les données environnementales immuables comme le climat plutôt que sur les données variables des rapports sociaux.

Le Japon

La tradition japonaise a une influence sur la formation du mouvement moderne occidental. Dès 1954, l'ouverture des ports permet aux objets japonais d'exercer un effet stimulant sur la réforme des arts appliqués européens. Dans les années 1870, un magasin d'objets japonais à Paris est fréquenté par les frères Goncourt, Baudelaire, Degas, Zola et à Londres, les mobiliers de style japonais se multiplient. Après la première guerre mondiale, les références à l'art extrême-oriental est encore présent d'une manière subtile dans les expériences d'avant-garde. On peut croire que l'orientation initiale de la peinture de Piet Mondrian s'est faite avec cette influence et on retrouve dans l'architecture de la Villa impériale de Katsura sa Composition en rouge, jaune et bleu de 1928.

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Frank Lloyd Wright, Musée Solomon R. Guggenheim, New York, 1943-1959

Au Japon, après 1869 et l'européanisation imposée par l'empereur Mutsuhito, le répertoire architectural occidental est utilisé à la lettre. Pendant les premières années, le gouvernement fait appel à des architectes étrangers puis envoie des étudiants en Europe qui formeront la première génération d'architectes nippons remplaçant les européens. Immédiatement après la première guerre mondiale se forme un groupe d'architectes d'avant-garde qui s'inspire du mouvement viennois.

En 1918, Frank Lloyd Wright offre un exemple de son langage personnel avec l'Hôtel Impérial de la capitale et en 1921 s'installe au Japon un européen Antonin Raymond qui a une grande influence sur les architectes de son atelier. Le tremblement de terre de 1923 et ses reconstructions favorisent la diffusion des thèses rationalistes inspirées du Deutscher Werkbund. Des contacts s'établissent avec les maîtres occidentaux, Kunio Maekawa et Junzō Sakakura travaillent dans l'atelier de Le Corbusier, et en 1933, Bruno Taut s'installe au Japon et attire l'attention sur le sanctuaire d'Ise et la villa impériale de Katsura. En 1937, Junzō Sakakura construit le pavillon japonais à l'Exposition de Paris puis les recherches s'interrrompent avec l'arrivée au pouvoir des nationalistes et un retour aux formes traditionnelles.

Après la guerre, avec les destructions et sur un fond de reconstructions hétéroclites se place la renaissance de l'architecture japonaise qui attire l'attention du monde entier. Kunio Maekawa, Junzō Sakakura et Antonin Raymond continuent la production d'œuvres de grande qualité puis Kenzō Tange, ancien assistant de Maekeva, construit après la guerre quelques bâtiments froids et compliqués. Ses œuvres au Japon donnent lieu à autant de manifestations d'approbation que d'opposition puis il devient célèbre à l'étranger, donne des cours au Massachusetts Institute of Technology et obtient au Japon les salles couvertes des Jeux Olympiques de 1960.

L'Australie

En Australie, il faut attendre la fin des années 1940 pour que naisse un véritable mouvement moderne et les architectes sont divisés entre les partisans de l'internationalisme ou d'un certain régionalisme. Harry Seidler né en Autriche, éduqué en Grande-Bretagne et au Canada, étudiant à la Graduate School of Design d'Harvard dans un Style international déclinant semble avoir vu dans Walter Gropius, Marcel Breuer et Josef Albers les références fondamentales des principes modernes. Ses premières maisons dans la banlieue de Sydney comme la Seidler House de 1948 et la Rose Seidler House de 1949 utilisent le vocabulaire architectural appris aux États-Unis et qui est déjà une version édulcoré des œuvres fondatrices des années 1920.

Mais il ne faut pas longtemps pour que des partisans d'un régionalisme enrichi cherchent à rapprocher les principes modernes des constructions vernaculaires comme la maison de Peter Muller construite en 1955 avec de longs pans en porte-à-faux nichés dans les arbres ou en 1957, la Lucas House à Castlecrag près de Sydney de Bill et Ruth Lucas qui est si discrète qu'elle disparaît presque dans son cadre boisé. Au début des années 1960, certains architectes cherchent des modèles d'habitat rural, semi-rural ou de banlieue simples dans les dernières œuvres de Le Corbusier et en 1964, Peter Johnson, pour sa propre maison de Chastwood, montre l'intérêt qu'il porte aux maisons Jaoul. Diverses influences et concepts sont ainsi réunis à quelques kilomètres de distance, dans une tentative pour fonder une nouvelle architecture australienne.

Les pays en voie de développement

L'architecture moderne est créée dans les pays occidentaux industrialisés à une époque où prospère une vision progressiste du monde avec des architectes d'avant-garde qui tentent d'élaborer un style authentiquement moderne adapté à une société se transformant rapidement. Le résultat est copié dans le monde entier et souvent mal appliqué. Dans les pays moins développés, l'influence des formes nouvelles n'est pas notable avant les années 1940-1950 et les réalisations manquent souvent de la poésie et de la profondeur des chefs-d'œuvre du mouvement moderne. 

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Alvar Aalto, Auditorium, Helsinki, Finlande (1949–1966)

Dans les décennies suivant la Deuxième Guerre mondiale, certains pays d'Afrique, d'Extrême-Orient et du Moyen-Orient devant une modernisation accélérée rencontre des difficultés concernant leur identité culturelle. Parfois le mouvement moderne est mis à contribution en tant qu'outils de transformation sociale ou fait partie du bagage des investisseurs internationaux. Les réalisations sont souvent maladroites et semblent ignorer les traditions, les valeurs et les climats locaux.

En Égypte, l'architecte philosophe Hassan Fathy montre que le programme lancé par le gouvernement dans les années 1950 sur des modèles européens de logements économiques en béton armé coûtent plus cher que les modèles locaux traditionnels construits par les habitants et qu'ils ne conviennent pas aux modes de vie non occidentaux. Il pensent que des techniques de construction qui impliquent une main-d'œuvre importante et des matériaux locaux est la bonne solution. À Louxor, entre 1946 et 1953, il initie les paysans aux techniques nubiennes de construction pour le village du Nouveaux Gourna.

Dans les banlieues, les théories urbanistiques, face au développement des bidonvilles montrent un sentiment de désespoire face à un tel chaos et les agences officielles d'urbanisme et de logements sont incapables d'abriter les pauvres. On voit apparaître une sorte de vernaculaire nouveau, semi-industriel, constitué d'ossatures en béton grossier, de toits plats, de cours et de murs de briques et de terre.

En Inde et dans des pays en voie de développement, certains architectes cherchent dans les années 1960-1970 à mettre à profit les analogies entre principes indigènes et idées modernes de caractère archaïque ou primitif. Cette forme de métissage se retrouve dans les réalisations d'architectes indiens comme Charles Correa, Balkrishna Doshi, Achyut Kanvinde ou Raj Rewal. Pour les halls du Parc des exposition de New-Delhi de 1970-1974, Raj Rewal montre que grâce à des matériaux et une main-d'œuvre bon marché ont peut réaliser une structure très technique à partir de solutions simples exigeant beaucoup d'ouvriers

En Uruguay, Eladio Dieste pense que l'architecture du tiers-monde doit laisser le sous-développement derrière elle mais sans s'aligner sur les processus et les techniques des autres pays. Il utilise des systèmes de carrelages montés et collés pour constituer de minces coques de voûtes, des toits incurvés à grande portée et des murs sinueux. Cette solution moins chère que le béton armé est bien adaptée aux matériaux, à la main-d'œuvre et au climat local. À partir des années 1950, il réalise avec ses principes de base des bâtiments avec une conception claire, des volumes puissants et de minces parois incurvées en carrelage comme pour ses marchés où il reprend les pousées horizontales par des murs ondulés et bombés plastiquement remarquables.

En Turquie, Sedad Hakki Eldem cherche à élaborer un style turc authentique et mêlant des éléments nationaux et étrangers. Pour son Centre de Sécurité Sociale de Zeyrek à Istanbul, réalisé entre 1962 et 1970, l'expression moderne d'éléments standardisés en béton armé cotoient une transformation subtile de l'ossature de bois locale, des surplombs profondément découpés et même certaines caractéristiques de monuments ottomans en pierre. 

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Félix Candela, église de Santa Mónica, Mexico

En Irak, Rifat Chadirji partisan d'une architecture à la fois moderne et régionale veut jeter un pont entre les aspects libérateurs du mouvement moderne international et les valeurs élémentaires qu'il attribue à l'architecture traditionnelle de briques de son pays. Il construit surtout à Bagdad et ses environ entre 1960 et 1975. Au Mali, André Ravéreau conçoit le Centre médical de Mopti en 1970 et met en œuvre un subtil mélange d'ancien et de nouveau, de caractères européens et africains

Au Sri Lanka, les œuvres de Geoffrey Bawa sont adaptées au paysage tropical dans le respect des traditions architecturales successives de l'île qui avait absorbée des influences d'Asie et d'Europe dans un vocabulaire vernaculaire spécifique ; il y mêle des apports cosmopolites allant de Franck Lloyd Wright aux édifices anciens d'Orient et d'Occident. Sa propre agence conçue en 1963 comme sa résidence privée est une construction poétique avec une succession de cours et de parties closes protégées par le grand débord des toits redonnant vie à ces procédés communs. Cette réalisation contient des idées qu'il développe dans des hôtel de bord de mer, une université et même au Parlement du Sri Lanka.

L'INEVITABLE ECLECTISME (1960-1980)

Le tournant des années 1960

 

Pendant les années 1960 le mouvement moderne se diffuse dans le monde entier en abandonnant ses caractéristiques des cinquante dernières années. L'architecture en général est réévaluée en Europe, notamment par le Team X, avec particulièrement une approche sociale pour donner forme à la ville, et à la lumière des destructions dues à la guerre et de l'effort de reconstruction des villes européennes. Cela concerne particulièrement la réévaluation des théories du Mouvement moderne d'avant-guerre.

Les CIAM nés en 1928 qui ont apporté une contribution importante à l'architecture moderne en permettant jusqu'en 1950 une confrontation et la synthèse des expériences faites dans le monde entier déclinent et deviennent à partir de 1953 un lieu de confrontation de recherches dispersées de générations et pays différents. Certains organisent, un groupe le Team X autour des Néerlandais Jaap Bakema et Aldo van Eyck, de l'Italien Giancarlo De Carlo, des Anglais Alison et Peter Smithson du Grec Georges Candilis et de l'Américain Shadrach Woods.

En 1961, les participants des CIAM renonce à travailler sous ce sigle et mettent fin à l'institution. Le Team X reste le point de ralliement de ceux qui sont encore intéressés par une approche collective et pendant une décennie ses membres restent à l'avant-garde de la nouvelle phase du mouvement moderne.

Parmi eux, le Néerlandais Aldo van Eyck qui connaît parfaitement les objectifs spirituels et sociaux, les qualités formelles du mouvement moderne de son pays injecte dans son travail un humanisme descendant de l'utopisme de l'avant-guerre. Préoccupé par la dégradation provoquée par la technologie, il cherche à y opposer une architecture fondée sur des valeurs spirituelles. En 1959-1960, il casse l'image oppressive de son projet d'orphelinat municipal d'Amsterdam grâce à un réseau de petits pavillons donnant sur des cours particulières. Comme la plupart de ses contemporains du Team X, il s'intéresse assez peu à la façade sur rue ou à la jonction entre le bâtiment et le tissus urbain. 

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Oscar Niemeyer, Église São Francisco de Assis, Brésil, 1943

À la fin des années 1950 et au début des années 1960, Reyner Banham essaye de regrouper la production architecturale qui ne se prête pas à une description globale dans le Brutalisme qui se manifeste peut être dans l'expression directe des matériaux, la séparation des parties et des éléments, la mise en avant des tours techniques et des circulations avec le stéréotype du moment dans la mise en œuvre, le plan de béton nu portant des traces de coffrages. Dans le Pavillon nordique de la Biennale de Venise en 1962, le Norvégien Sverre Fehn trouve un mélange de minimalisme maîtrisé et d'abstraction tranquille. En Finlande, Reima et Raili Pietilä illustrent avec la Maison des étudiants de l'école polytechniques de Dipoli, la tendance organique avec des formes massives et fragmentées en béton brut.

L'Espagne, dans les années 1960 est le théâtre d'un pluralisme d'un autre ordre avec des éléments du mouvement moderne adaptés au climat et à l'environnement local. Les œuvres de Francisco Javier Saenz de Oiza d'un éclectisme sculptural et luxueux contrastent avec celles silencieuses et humbles d'Alejandro De la Sota. Le couvent d'El Roll conçu par Antonio Fernandez Alba en 1958-1962 dans les faubourgs de Salamanque reprend le plan des monastères traditionnels dans le respect des couleurs et des textures du vieux Salamanque avec des influences nordiques. Josep Lluís Sert émigré aux États-Unis mais dont le monde méditerranéen reste une source d'inspiration majeure conçoit en 1955, l'atelier du peintre Joan Miró à Palma de Majorque avec un vocabulaire tenant à la fois de Le Corbusier, des courbes de Joan Miró ou du Fernand Léger de l'époque. À Barcelone, José Antonio Coderch réalise le complexe d'appartements de Banco Urquijo en 1967 et l'immeuble de logements de Las Cocheras en 1968 avec des murs et des balcons de briques rouges dans une ossature de béton.

En Allemagne, plusieurs écoles de pensée émergent, surtout dans le secteur urbain. En 1957, l'exposition Interbau à Berlin présentent des réalisations allemandes mais aussi celles d'Alvar Aalto, Jacob Bakema, Le Corbusier, Walter Gropius, Arne Jacobsen, Oscar Niemeyer, Max Taut... une série de bâtiments remarquables mais pas de nouveaux principes d'urbanisme. Puis lentement mais sûrement, la question du regard vers le passé ressurgit dans l'architecture allemande.

En Italie, où le passé n'est jamais totalement banni, les réalisations de Carlo Scarpa sont d'une grande subtilité dans leur insertion dans le bâti ancien. En Grande-Bretagne, le romantisme technologique de James Stirling n'a pas d'équivalent en Europe. En 1968, Alison et Peter Smithson publient avec les autres membre du Team X, une déclaration philosophique collective : Team X Primer.

Aux États-Unis, Mies van der Rohe domine le paysage architectural au début des années 1950, puis Le Corbusier s'y impose au début des années 1960. Jusqu'à la fin des années 1960, l'architecture suit celle de l'Europe même si les conditions économiques et de financement imposent des réponses différentes. On voit des agences d'architectures comme Skidmore, Owings and Merrill qui mettent au point des modèles standards pour de grandes entreprises. L'attachement à la mégastructure gagne la profession avec Kevin Roche ou Paul Rudolf au milieu des années 1960 mais à l'autre extrémité, on trouve le romantisme sauvage de Bruce Golf.

Louis Kahn architecte phare de l'après-guerre aux États-Unis est aussi un enseignant inspiré en incitant à respecter le passé et à analyser le rôle des idées dans l'expression architecturale. Parmi ses étudiants, Robert Venturi rassemble en 1966 dans Complexity and Contradiction in Architecture une décennie de réflexion et un manuel destiné à sensibiliser une génération comme Charles Willard Moore lassée de la neutralité de ce qu'il appelle l'architecture moderne orthodoxe. Face à ce qui est pour eux une hérésie, Peter Eisenman, Richard Meier, Charles Gwathmey, John Hejduk et Michael Graves, plus ou moins réunis par un intérêt marqué pour les œuvres de l'entre-deux-guerre comme la maison Schröder de Gerrit Rietveld, la villa Stein de Le Corbusier ou la Casa del Fascio de Giuseppe Terragni, ont, en dépit du manque de substance de leurs positions philosophiques réussi à offrir un contenu nouveau convainquant avec leur renaissance de formes antérieures...

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Harry and Penelope Seidler House, Sydney, 1967

En Iran Dariush Borbor, introduit une combinaison unique de l'architecture moderne à l'unisson avec le vernaculaire locale, manifestée dans les maisons Arjomand (1961), Kerman et Nahavandi (1965) à Téhéran.

De son côté, le Mouvement métaboliste se démarque depuis sa création au Japon en 1959 du Mouvement moderne qu'il a assimilé. Il repose sur l'établissement d'une transition déjà culturellement installée dans ce pays entre l'espace ouvert et l'espace fermé dans l'usage d'un bâtiment, comme on la trouvait dans le Pavillon de Barcelone de Mies van der Rohe, et d'une non-distinction entre l'espace public et l'espace privé dans l'usage individuel.

Le pluralisme des années 1970

Vers les années 1970 et par étapes, le fondement de la pensée architecturale change avec l'image architecturale et le rôle du symbole dans l'élaboration des formes. En même temps la réflexion sur les bases du langage architectural et le rôle des modèles anciens dans le travail de conception se développe. Ces années ne sont pas celles de l'uniformité et il serait futile de vouloir y déceler un axe directeur. Aucune étiquette stylistique ou idéologique ne peut rendre compte de la diversité des idées et des réalisations.

Le poids grandissant de l'écrit et de l'image rend plus aigu le problème classique de la séparation entre la réalité et le discours. On débat de mouvements et d'isme à partir de quelques croquis publiés sans la moindre réalisation. Des groupes d'avant-garde se disputent le contrôle sur les médias et les études d'architecture pour montrer que seules leurs idées sont bonnes pour l'époque. Certains pensent que l'architecture moderne est morte, en pleine décadence et qu'une autre est en train de naître. Ils récusent tout lien avec le mouvement moderne et soulignent à l'excès l'originalité de l'architecture labellisée post-moderne. Leurs opposants affirment qu'elle provient du même noyau identitaire du modernisme.

Un état des lieux historique au milieu de la décennie montre qu'il existe plusieurs tendances de diverses origines, allant du hight-tech à une propension à l'archaïsme où les mythes, les obsessions et les préoccupations d'un certain nombre de générations et d'individus coexistent. Des architectes comme Jørn Utzon, Louis Kahn, Denys Lasdun et Carlo Scarpa produisent des œuvres remarquables à l'écart des modes éphémères quand Philip Johnson adapte son architecture aux tendances de la mode. James Stirling change radicalement quand il veut prendre en compte le contexte et le passé, Michael Graves et Arata Isozaki sont portés sur la manipulation du langage des formes, Frank Gehry redonne vie au concept cubiste d'assemblage et Tadao Ando tisse des liens nouveaux entre le réductionisme moderne et certains préceptes fondamentaux de la tradition japonaise.

Deux tiers de siècle après l'ouverture de Bauhaus, le mouvement moderne est une expérience qui a intéressé tous les pays du monde, qui a porté sur un partage de l'espace urbain et territorial entre l'administration publique et la propriété foncière, la division du travail entre la technique et l'art. Les trois maîtres du mouvement moderne, Le Corbusier, Walter Gropius et Mies van der Rohe ont tenu un rôle de premier plan jusqu'à leurs décès.

D'après Wikipédia

 

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11 décembre 2018

PALAIS DE LA CULTURE ET DE LA SCIENCE - VARSOVIE - POLOGNE

Le Palais de la Culture et de la Science est un gratte-ciel édifié à Varsovie entre 1952 et 1955. Il compte 42 étages et mesure 231 mètres (au sommet de l’antenne de télévision). À l’époque de sa construction et jusqu’en 1990, c’était le deuxième bâtiment le plus haut d’Europe après l’Université d'État de Moscou. C’est encore — en 2012 — le plus grand bâtiment de Pologne et le 9e plus haut de l'Union européenne. Le visiteur peut accéder jusqu’aux terrasses du 31e étage, qui offrent une vue imprenable sur la ville.

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Pendant la guerre froide, Staline décide au début des années 1950 que le peuple soviétique va offrir une oeuvre de l'architecte Lev Roudnev au peuple polonais. La construction du gratte-ciel débute le 2 mai 1952 et est achevée le 22 juillet 1955. La cérémonie d'ouverture a lieu le 21 août 1955. Alors que les pays d’Europe centrale et orientale se remettent à peine de la Seconde Guerre mondiale, qui les a presque anéantis, dans un contexte économique très difficile, la construction de ce « palais » gigantesque mobilise des ressources matérielles et humaines considérables : elle est entièrement financée par l'Union soviétique et réalisée par 3 500 spécialistes et ouvriers soviétiques.  

L’aspect général du bâtiment, extrêmement massif, encore très contesté aujourd’hui, est à l’origine d’une boutade que les habitants de Varsovie racontent volontiers dans les années 1960 : « le seul habitant heureux de Varsovie est le gardien du palais de la Culture... car quand il se met à sa fenêtre, il est le seul à ne pas le voir ».

À la chute du régime communiste, en 1989, on envisage de détruire ce bâtiment, qui est finalement conservé.

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Devenu le symbole de Varsovie, le PKiN abrite plusieurs musées, salles de concerts et de congrès, trois cinémas, deux théâtres d'une capacité de 6 000 places et un petit restaurant panoramique (au 30e étage).

Le système d’ascenseurs a été remplacé dans les années 1990 par une machinerie qui compte parmi les plus rapides de Pologne (6 mètres par seconde). En 2001, on y ajoute une horloge, la deuxième plus haute installée dans le monde, après celle de la Tour NTT DoCoMo Yoyogi de Tokyo. Chacun de ses cadrans mesure 6 mètres de diamètre.

La finale du concours Miss Monde 2006 y eut lieu. Chaque année s'y tient le Festival du film de Varsovie.

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D'après Wikipédia

 

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10 décembre 2018

PALAIS DE HOLYROOD - EDIMBOURG - ROYAUME-UNI

Le palais de Holyrood se situe à Édimbourg dans le bas du Royal Mile, l’artère principale qui relie le palais de Holyrood au château d'Édimbourg.

C'est à l’origine un monastère fondé par le roi d'Écosse, David Ier en 1128 pour l’ordre de Saint Augustin. La légende veut que David ait été attaqué par un cerf alors qu’il chassait, et dans un geste défensif, prenant le cerf par les bois, il s’aperçut qu’il tenait un crucifix avant qu'il ne s’échappe. C’est pour montrer sa reconnaissance envers Dieu que David aurait fondé l’abbaye à cet endroit.

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L’abbaye a été le lieu de nombreuses cérémonies royales, que ce soit des mariages ou des funérailles. Elle est ensuite adaptée pour devenir une chapelle de l’Ordre du Chardon par Jacques VII d'Écosse, mais elle est ravagée lors d'une émeute. En 1691, l’église de Canongate remplace l’abbaye en tant qu’église paroissiale. Le toit de l’abbaye s'écroule au XVIIIe. L'édifice, resté en l’état, n'est plus qu'une ruine aujourd’hui.

A la fin du XVe siècle, Holyrood n’est une résidence royale que de nom. Jacques II y est né en 1430, y a été couronné, s’y est marié et y est enterré. Entre 1498 et 1501, Jacques IV fait construire un nouveau bâtiment et Holyrood devient alors un palais au vrai sens du terme.

Le palais est construit autour d’une cour carrée, à l’ouest du cloître de l’abbaye. À l’intérieur du palais se trouvent entre autres une chapelle, les appartements royaux et une grande salle. Jacques V d'Écosse fait des ajouts entre 1528 et 1536, dont la tour nord-ouest, toujours visible. C’est dans cette tour que sont les appartements qu'occupa Marie Stuart.

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Le plafond en bois des pièces principales sont de l'époque de Marie Stuart et les monogrammes MR (Maria Regina) et IR (Jacobus rex) font référence à Marie et son fils, Jacques VI d'Écosse. Les boucliers commémorant le mariage de Marie Stuart et du roi de France François II auraient été taillés en 1559, mais mis à leur place actuelle en 1617. Les appartements contiennent une chambre d’audience et la chambre de la reine, de laquelle on accède à deux pièces dans la tourelle. C’est dans la chambre nord que le 9 mars 1566 a eu lieu le meurtre de David Rizzio (le secrétaire particulier de Marie Stuart) en présence de Marie. Le corps a été laissé à même le sol pendant neuf jours, rendant les traces de sang toujours visibles.

Une fois Jacques VI devenu roi d’Écosse et d’Angleterre en 1603, le palais n'est plus le siège permanent de la cour royale. Jacques VI se rend au palais encore une fois en 1617, comme Charles Ier quand il vient se faire couronner roi d’Écosse à l’abbaye de Holyrood.

En 1650, le palais est brûlé lorsque les troupes d'Oliver Cromwell y logent. La forme actuelle du palais date de 1671 et 1679, période de travaux entrepris par Charles II et William Bruce.

Après la Révolution française, George III permet au plus jeune frère de Louis XVI, le comte d’Artois, de vivre à Holyrood. La famille royale française reviendra au palais lors de son second exil, de 1830 à 1832, avant de s’installer en Autriche.

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Dans les temps modernes, les monarques britanniques ont toujours passé au moins une semaine par an au palais. La reine Élisabeth II l’utilise toujours lorsqu’elle est en visite en Écosse pour des affaires d’État.

Le rôle du palais s’est accru depuis l’ouverture du parlement écossais en 1999, et de multiples membres de la famille royale, dont Charles, prince de Galles, ou la Princesse Anne, y séjournent régulièrement.  

La reine Élisabeth II rencontre le premier ministre d’Écosse à Holyrood. Pendant la présidence britannique de l’Union européenne, une réunion du Conseil européen s’y est déroulée.

Le palais est ouvert au public pendant les périodes de non résidence de la reine ou d’un membre de la famille royale.

D'après Wikipédia

 

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09 décembre 2018

HOTEL METROPOL - MOSCOU - RUSSIE

L' hôtel Metropol a été bâti entre 1899 et 1907 dans un style Art nouveau. C'est le plus grand hôtel existant à Moscou construit avant la révolution russe de 1917.

En 1898, Savva Mamontov et Petersburg Insurance réunissent plusieurs terrains autour de l'ancien hôtel Chelyshev. Mamontov, directeur de l'Opéra, veut réaménager le quartier pour faire un grand centre culturel construit autour d'une salle d'opéra. En 1898, un concours public attribue le chantier à Lev Kekushev. Cependant, Mamontov n'est pas d'accord et veut le donner à l'architecte anglais William Walcot, qui a proposé un projet Art Nouveau très raffiné. Mamontov lui adjoint Kekushev en tant que responsable de la construction. Mais Savva Mamontov est alors emprisonné pour fraude et le projet est repris par Petersburg Insurance qui continue la construction, mais en renonçant à l'objectif original, la salle d'opéra, pour faire un hôtel.

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Kekushev et Walcot embauchnt une constellation d'artistes de premier plan pour les ornementations. L’hôtel est achevé en 1907.  

En 1918, l'hôtel est nationalisé par l'administration bolchevique, renommé Deuxième chambre des Soviets et abrite des locaux d'habitation et des bureaux de la bureaucratie soviétique en pleine croissance. Finalement, dans les années 1930, il est reconverti en hôtel puis fait l’objet d’une importante restauration en 1986-1991. Aujourd’hui, le Metropol compte 365 chambres, chacune d’elles de forme et de décoration différentes.

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KUNSTHAUS - VIENNE - AUTRICHE

Ce musée de Vienne a été conçu par l'artiste Friedensreich Hundertwasser. Il abrite la seule exposition permanente au monde d'œuvres de Hundertwasser et accueille également des expositions temporaires temporaires d'autres artistes.  

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Le musée a été créé à la suite de la rénovation du bâtiment de 1892 qui abritait la fabrique de meubles Thonet (créateur de la chaise de bistrot emblématique), dans un style non conventionnel par Hundertwasser. Il se situe à moins de 800 mètres de la Hundertwasserhaus, un immeuble d'appartements appartenant à la municipalité, également conçu par Hundertwasser et achevé en 1986. La rénovation a été planifiée par Hundertwasser lui-même et réalisée de 1989 à 1991. Le musée a ouvert ses portes en avril 1991. 

L'ensemble du bâtiment est conçu dans un style typique de Hundertwasser, avec des sols ondulés et ondulés et un manque notable de lignes droites, évoquant la nature sous toutes ses formes. Des couleurs vives sont utilisées partout et le feuillage abonde. Il y a une fontaine dans le hall et un restaurant avec une flore abondante rappelant un jardin d'hiver. Un escalier tournant sinueux mène à la partie principale de l'exposition située dans les étages supérieurs. Afin de garder les pièces inondées de lumière du jour, Hundertwasser, qui était réputé aimer le soleil, multiplie les fenêtres.

Le musée est décoré de mosaïques en damier émaillé sur la façade et les sections adjacentes. Les mosaïques ne couvrent que certaines parties (non porteuses) de la surface et contribuent aux caractéristiques distinctives du bâtiment : l'intégration de presque toutes les parties de la façade dans une vue d'ensemble et la dissimulation délibérée des limites entre étages.

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